ACTE TROISIÈME
Oui.
BENJAMIN
Nous tenons Thomas Grochard, et deux de ses acolytes.
TUBISE, allant vers Benjamin.
C'est formidable!
MONSIEUR ALFRED
L'un d'entre eux...
TUBISE.
Taisez-vous... Laissez-moi savourer lentement cette minute... Ainsi ce soir, des groupes se formeront dans Paris... « Vous savezla grande nouvelle?... — Non... » Les Grochards sont arrêtés... « Et quel est le géant qui a pu?... — C'est Tubise !... » Ah! voilà qui efface ma déception de tout à l'heure!
MONSIEUR ALFRED
De tout à l'heure?
TUBISE.
Oui... ce flagrant délit.
MONSIEUR ALFRED
Contez-nous ça.
TUBISE.J regardant les agents.
Messieurs. Eloignez-vous je vous prie. (Les agents s'éloignent.) Ah ! l'histoire est simple.. . Je sors de l'hôtel des Ardennes, M. Boudebois, le mari trompé, m'avait affirmé que nous pincerions les coupables, chambre 13. Or, c'était au 14 que madame Boudebois trompait son mari...
MONSIEUR ALFRED
Et dans le 13 il n'y avait personne?
TUBISE.
Si. Il y avait )iia femme dans les bras d'un officier en chemise. (Les agents éclatent de rire.) Sortez,,. (Les agents sortent. Reprenant la conversation.) D'un officier en
chemise!
MONSIEUR ALFRED
En chemise ?
TUBISB.
Oui!
MONSIEUR ALFRED
A quoi pouvait-on voir alors qu'il était officier?
TUBISE.
Quand je suis rentré, il m'a fait le salut militaire.
MONSIEUR ALFRED
Elle marchera donc toujours madame Tubise ?
TUBISE.
Toujours, Elle ne s'arrête qu'avec moi. Fouillez dans vos souvenirs, Alfred, et répondez-moi franchement. Vous n'avez jamais été l'amant de ma femme?
Jamais !
TUBISE,
Enfin, j'en vois un ! Ça me fait plaisir!
MONSIEUR ALFRED
Je vous plains, monsieur le commissaire,
TUBISE.
Je ne suis pas précisément à plaindre. Au moment où je vais souffrir d'un rival, madame Tubise m'en sort un autre. Alors je ne peux pas dire qu'elle me rend malheureux. Elle me donne plutôt une im-