ACTE TROISIÈME
après, vos agents y faisaient leur entrée. Tous mes compliments.
TU BISE, flatté.
Monsieur...
LA BÉGOTTERIE.
La petite faute, et j'en rirai longtemps... ça été de me prendre pour un Crochard, et de m'einmener au poste malgré mes protestations... Mais, je le répète, Monsieur Tubise, il n'en résultera aucun ennui pour vous... A condition par exemple, que vous ordonniez ma mise en liberté immédiate.
TUBISE, troublé.
Il m'est impossible cependant... malgré que je sois tout disposé à... il m'est impossible...
LA BÉGOTTERIE.
De ne pas exiger une pièce d'identité... J'en ai
plusieurs... (Tirant de sa poche le portefemlle de Champau-
bert.) Voici ma carte d'électeur, voici mon coupe files...
TUBISE.
Ça suffit...
LA BÉGOTTERIE, insistant.
Si... Si... (Lui passant des papiers.) L'cnveloppe d'une
lettre qui m'est adressée... mes entrées à l'Opéra- Gomique... ma carte de presse avec un portrait de moi...
TUBISE, sans prendre la carte.
Non ! je ne veux pas le voir!
LA BÉGOTTERIE, insistant.
Avec un portrait de moi!
TUBISE, rendant tous les papiers.
Monsieur... je vous supplie de me pardonner!
LA BÉGOTTERIE.
Je VOUS pardonne, Monsieur Tubise... et je vous
félicite, car (indiquant la porte de gauche.) j'ai tOUt lieU
de croire que vous tenez là les deux chefs de la bande.
TUBISE.
Georges et Thomas Grochard ?
Oui.
TUBISE.
Ah ! dites-le dans votre journal, monsieur... ditesle, que pour la première fois de sa vie, Tubise n'a pas commis une erreur judiciaire!
LA BÉGOTTERIE.
Je le dirai.
TUBISE.
J'ai tant besoin d'une réhabilitation!
LA BÉGOTTERIE.
Je vais faire un papier sur vous.
TUBISE.
Monsieur...
LA BÉGOTTERIE.
J'intitulerai mon article : « Un Tubise qu'on ne connaît pas. »
TUBISE.
Monsieur...
LA BÉGOTTERIE.
Mais par exemple, j'ai besoin de renseignements. Avant la statue, le piédestal.