SCÈNE VIII
BENJAMIN, LES Agents, lk Petit Chasseur, puis MICHEL et GHAMPAUliERT. puis MON- SIEUR ALFRED, SOPRANELLI, TUBISE, le
PiiÉFiiT DE Police, lp. Policiku Russe.
LE , CHASSEUR
M'sieur? ■*■■
BKNJAMIN.
Alors, c'est toi qui es le petit chasseur ?
LE CHASSEUR
Oui, m'sieur l'agent.
BENJAMIN
Pourquoi que tu as des formes féminines?
LE CHASSEUR
Parce que je suis une femrao. C'est moi qui fais le petit page dans les opéras que chante M'sieur Sopranelli. Et comme il est content de moi, M'sieur Sopranelli, il me fait porter le travesti à lu ville. Voilà.
BENJAMIN
Ça, ce n'est pas banal !
LE CHASSEUR
On peut le dire !
BENJAMIN
C'est drôle... Ce que tu dis-là n'est pas ennuyeux, petit chasseur... et voilà que j'ai envie de dormir. Drôle d'odeur... on dirait que ça vient de là...
LE CHASSEUR
Et hen, moi, m'sieur l'agent... je me sens tout drôle...
BENJAMIN
C'est la grippe... C'est la grippe foudroyante !
LE CHASSEUR
C'est plutôt le jugement dernier, m'sieur l'agent.., j'entends des cloches... Ahl...
Le petit chasseur s'endort.
A.CTË TROISIÈME lit
BENJAMIN, pris d'un sommeil grandissant.
Tu as raison, petit chasseur... j'entends péremptoirement des cloches... c'est le jugement dernier... tous les damnés ils se rassemblent... circulez damnés, circulez...
Il s'endort.
PREMIER AGENT, au fond jouant aux cartes.
Dis donc, Auguste, j'ai le manillon.
DEUXIÈME AGENT, pris de sommeil.
Je le coupe.
PREMIER AGENT
Cochon, va!
Tous deux s'endorment. Les agents au fond se sont endormis. La porte du violon s'ouvre doucement Michel et Cbampau bert paraissent.
GHAMPAUBERT, montrant la clef avec laquelle il a ouvert la porte.
Il y avait un passe partout... cette trousse est admirable !
MICHEL
Ils dorment?
GHAMPAUBERT.
Oui filons...
Us s'élancent. Paraît M. Alfred.
MICHEL et GHAMPAUBERT.
Ahl...
Ils rentrent dans le violon.
MONblEliU ALFRED.
J"espèi-e que tout est en ordre pour recevoir...
(Apercevant les agents endormis.) Ah ! ça meSSieurS, VOUS
êtes fous! Monsieur le préfet va surgir d'un mo-
ment à l'autre, et vous dormez!... (Avec force.) Allons
debout! (Plus faiblement.) Allons debout! (ImpercepUble-
ment.) Allons debout...
Il tombe ea avaat sur la table et s'endort. GHA.MPAUBERT, ouvrant la porte.
Cette fois, ça y est... Suis moi, Michel et vivement !
Il traverse la scène comme une flèche et disparaît fond droite. Michel l'a suivi, mais tout à coup ses regards sont arrêtés par le paquet que porte le petit chasseur. MICHEL.
Grand Dieu ! Voilà le petit chasseur. (S'emparant du paquet.) Et voilà iiion veston... vcilà pour sûr mon
veston. . . (il a défait le paquet et s'empare du veston.) Oui c'est
lui... C'est enfin lui!...
SOPRANELLI, qui sort de chez M. Alfred, apercevant Michel.
Mon veston!
MICHEL
Mon veston!
SOPRANELLI.
Ce n'est pas ton veston, c'est mon veston!
Il passe une manche de son veston.
MICHEL
Ce n'est pas ton veston, c'est mon veston !
Il passe l'autre manche. SOPRANELLI, s'endormant.
Ze l'aurai...
MICHEL, de même.
Moi aussi...
SOPRANELLI, luttant avec Michel.
Par la force...