‹ Le millionChapitre 81 sur 132 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

SOPRANELLI.

Oune demi-heure à peu près. Ze mô souis réveillé ici, dans mon lit, où le commissaire Toubise m'avait fait transporter.

LE MÉDECIN

Ah!

SOPRANELLI.

Il faut VOUS dire, docteur, que dépouis ce matin, ze souis la proie d'oune petite crapoule. Ze l'ai rencontrée chez le père la Touljpe... elle a commencé par me voler ma montre, et dans le commissariat ze crois bien que c'est elle qui m'a soporisé pour me voler mon veston.

LE MÉDECIN

Diable !

SOPRANELLI.

Tout ça C'est embêtant, parce que ça me retarde. Ze prends gare d'Orléans le train de sept heures cinquante et ze n'ai qu'une malle dé faite sour trois.

LE MÉDECIN

Vous pourrez vous lever dans un quart d'heure.

SOPRANELLI.

Tant mieux ! Alors, vous trouvez queze vais bien ?

LE MÉDECIN

Tout à fait.

SOPRANELLI.

Z'ai pourtant beaucoup envie de vomir.

LE MÉDECIN

Eh! bien, mais mon Dieu... vomissez!

SOPRANELLI.

Et pouis, z'ai dou vertize.

LK MÉDECIN

Ce n'est pas étonnant. L'inhalation du chloroforme entraîne tjutes sortes de petits accidents.

SOPRANELLI.

Quels accidents?

LE Mi'iiDECIN.

Ça dépend des organismes. J'ai connu une cliarmante opérée, qni sous l'action du chloroforme a souffert durant deux jours d'un dédoublement chronique de sa personnalité. Elle se voyait lui sourire, elle s'entendait lui parler...

SOPRANELLI.

Diavolo! Que ze n'aimerais pas que ça m'arrive, ça !

LE MÉDECIN

Un autre malade perdit la mémoire pendant une semaine. Celui-ci fut liarceL^ par des visions erotiques...

SOPRANKLLI.

Ze préférerais...

LE MÉDECIN

Celui-là par le délire «ie li persécution. Mais vous êtes solide, et je suis convaincu que vous vous en tirerez à meilleur compte.

SOPRANELLI.

Si pourtant ze ressentais oune de ces malaises?...

LE MÉDECIN

Vous VOUS plongeriez immédiatement la tète dans l'eau froide.

Page 1