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GENEALOGIE DE LA MAISON FOUCQUET

Généalogie des Fouequet de la Bouchefolière

Christophe Fouequet, seigneur de la Lcuide, avocat et écheviii d'Angers en 1580. fils puiné de François Fouequet, et de Péiine U-, Gaigneur.

Ep. Jaquette du Aloutier.

1° Christophe Fouequet, seigneur de la T.ande, président des requêtes au Parlement de Rennes en 1587, Conseiller au Parlement de Paris en 1591, président à mortier à Rennes en 1593, épouse Marguerite Joyant.

2° François Fouequet qui suit ;

3° Isaac Fouequet, seigneur de Nanterre, aumônier du Roi, chanoine de Tours, mort en 1629.

François Fouequet, seigneur de la Lande, président en l'Election de Château-Gonthier, assesseur et maître des requêtes de Marguerite de Valois.

Epouse Marguerite Quentin.

Christophe Fouequet, seigneur de la Bauehefolière, conseiller au Présidial d'.Angers, procureur général de Metz, président h mortier à Rennes, en 1631.

Epouse Louise Mocquereau.

François Fouequet, .seigneur de la Bauehefolière, conseiller au Parlement de Rennes en 1654, président aux requêtes en 1659, mort en 1681.

420 Ii: MINISTERE DE BELLE-ISLE

Epouse : 1° Tliéri'se Brandin, lille de Marin, seigneur de Bêlestre, et de N. Gatechair.

Fils : René Poiicquet. ahbé de Saint-Jacut + 1706.

2° Marie Blanchard.

René-François FoucqueL seigneur de la Bauchelolière, reçu conseiller au Parlement de Rennes, le 5 juillet 1697.

Epouse Bonne-Suzanne Gentil (mars 1702).

1° René-François Foucquet qui suit ;

2° Bernardin-François, abbé des Cannes, puis archevêque d'Embrun, mort en 1785 ;

3° Paul Foucquet, dit le Chevalier Foucquet, chef d'escadre en 1771, lieutenant-général des armées navales en 1777, mort en 1781 sans alliances.

René-François Foucquet, dit le comte Foucquet, né en 1704, maréchal de camp en 1748, lieutenant-général en 1762 et commandant à Metz, vivait encore en 1781.

Epouse N. de Benviz.

1° Jean-Gabriel-François, dit le marquis de Belle-lsle, colonel du régiment de Brie.

2° N. Foucquet, mariée au château de la Grange, près Thionville, le 13 février 1803. à X. Bertier, général de brigade, mort au château de la Grange, le 12 juin 1845. à 67 ans.

Des Foucquet sont issus aussi :

1° Les comtes de Chalain éteints en 1722 avec Bernardin Foucquet, comle de Chalain ;

2° Les marquis de la \''arenne, issus de Mathurin Foucquet et de Marguerite Cuissard, éteints avec Guillaume Foucquet, marquis de la Varenne. baron de Sainte-Suzanne, gouverneur de la Flèche, mort en 1714.

Correspondance Générale 3504-27

MÉMOIRE (3 juillet 1758).

Des dispositions de dernière volonté faites, de vive voix, par le comte de Gisors.

1° Il donne aux pauvres vingt et un louis, ce qui a été exécuté sur le champ, par le sieur Myre, son secrétaire ;

2" Il recommande à monseigneur le maréchal de Belle-Isle, son très cher et très honoré père, de travailler autant qu'il pourra à la fortune et à l'avancement de M. de Vignolles, major du régiment de Champagne et de Grandpré, capitaine, pour les bons et agréables services qu'ils lui ont rendus.

3° Il demande une pension pour le sieur Myre, son secrétaire et de Laistre, son ingénieur géographe, avec prière de leur procurer à l'un et à l'autre, un emj)loi convenable.

4° Il donne au sieur Dautour, son valet de chambre, les habits et linge qui se trouveront dans sa garde-robe et qui auront servi à sa personne.

5° Et demande une pension pour les nommés Benedict, son écuyer, la Marque et la Rose, mais un peu plus forte pour la Rose que pour 1-es deux autres.

6° Il demande que tous les gens attnchés ;'i son service soient payés de leur appointement et salaires pour tout le courant de l'année et qu'on y ajoute une petite gratification, mais, le tout, sous le bon vouloir et plaisir de monseigneur le Maréchal son père, qu'il supplie très humblement de seconder ses intentions.

Telles sont les dispositions que j"ai recueillies de la propre bouche de M. le comte de Gisors et qu'il a laites de son propre mouvement.

Signé : Belmont.

Correspondance Générale 3504-26

L'Abbé Beimont, aumônier du régiment de Champagne, annonce à Belle-Isle, la mort de son tils.

Cologne, 3 juillet 1758.

« Je ne viens point ici vous donner une espèce de consolation, que je recherche nmoi-mênie, et que je ne trouverai jamais ailleurs que dans le fond de la religion. Vous avez, Monseigneur, vous avez malheureusement perdu par le triste sort des armes, un fils unique, digne de vous, qui méritait toutes vos tendresses, qui faisait les délices de la société, l'admiration du Ptoyaun^e et les plus belles espérances de TEtat. Je l'ai exactement suivi, monseigneur, depuis sa blessure jusqu'au tombeau. Je lui ai administré tous les sacrements de l'Eglise. J'ai accueilli ses derniers soupirs et il est mort entre mes bras, avec des sentiments de piété, de patience, de résignation qui ont édilié et attendri tous les témoins d'un spectacle si touchant. Il m'a fait, avec confiance, monseigneur, le dépositaire de ses dispositions de dernière volonté, je vais vous les rendre, après avoir eu l'honneur de vous dire que je suis avec tout le respect et toute la reconnaissance possible, etc.

Correspondance Générale 3236-43

GisoRs, AU CHEVALIER DE Belle-Isle, 5 mai 1747.

Mon cher Oncle,

Gomme le courrier arrivera avant moi, je profite de l'occasion de son départ, pour vous dire avec combien de joie je vois arriver le moment où j'aurai le plaisir de vous embrasser. Je ne sais pas encore quel sera ce jour fortuné, tout ce que je sais, c'est que je pars demain matin. Vous trouverez un pasté dans une lettre de mon cher Papa, oi!i il y a de mon écriture (3236-6). Je vous avertis qu'il n'est pas de moi, j'avais presque envie de le mettre en marge, je suis bien aise de vous avertir parce que vous me connaissez unegrande inclination pour toutes les sortes de pâtés. Je suis avec un très profond respect, mon cher Oncle, votre très liumble et trèsobéissant serviteur et neveu,

POUCQUET DE GiSORS.

Archives administratives de la Gueire

Dossier 2 11

La Maréchale de Belie-Isle, a 23 avril 1745.

(( Voilà, monsieur, larticle de la lettre de M. de Belle-Isle qui vous regarde personnellement. Vous trouverez que je ne sais trop ce que je dis, lorsque je demande de l'argent ; j "avoue que cela m'est odieux et pour vous en avoir balbutié quelques mots tiier, il m'en resta un battement de cœur horrible toule la soirée. Je sens que je n'aurai pas plus de force aujourd'hui, R.ssi je prends le parti d'écrire. Je vous serais véritablement obligée, si vous pouviez obtenir le bon du Roi, pour les 60.000 francs avant le départ de Sa Majesté. Je serais fort aise, de pouvoir le remettre à .M. de Montmartel. Je peine, chaque fois que je le vois, de savoir que M. de Belle-Isie lui doit encore cette somme, sans que je sache quand elle lui sera remboursée et vous devriez avoir mauvaise opinion de moi, monsieur, si je pensais autrement après toutes les attentions et précautions que M. de Montmartel a prises pour que M. de Belle-Isle ne manquât pas d'argent. Voilà ma grande affaire, car, pour le reste, vous ferez tout ce que vous jugerez à propos. J'aurais bien des choses à dire sur la circonstance où se trouve M. de Belle- Isle, sur la dépense qu'il va être obligé de faire pour son établissement, quelque mince qu'il soit, mais je n'aurai pas le courage ; vous ne pouvez pas imaginer l'excès de mon imbécillité, lorsqu'il est question d'intérêt. Quoi que ce soit à mon maître que je demande des secours, je n'en suis pas moins embarrassée. Vous pouvez être bien certain que vous ne serez pas importuné davantage, car mon courage est à bout de voie. J'ai l'honneur d'être. Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.

Béthune, maréchale de Belle-Isle.

Aft. Etr.

France 1732

MÉMOIRE DU Comte de Belle-Isle, 20 mai 1732.

II ne faut pas que ceux qui nous gouvernent se trompent dans l'idée qu'ils doivent prendre de notre cavalerie ; elle n'est point

à beaucoup près, aussi bonne que l'infanterie, l'esprit en est mauvais et timide : et il y aurait tout lieu de craindre des succès à l'ouverture de la guerre ; c'est, cependant, la cavalerie qui fait la guerre journalière de campagne et qui décide du gain des batailles ; le mal vient de loin et pour traiter cette matière à fond, il faudrait entrer dans un grand détail ; l'on a laissé vendre tous les anciens officiers ; il n'y a presque plus de brigadiers sur qui on puisse compter, et presque point de colonels à qui on puisse confier 300 chevaux.

Entre plusieurs remèdes difficiles et qui méritent être traités séparément et qu'on doit pourtant mettre en usage, il y en a un qu"on peut et doit exécuter dès à présent, qui est d'augmenter le nombre des officiers par escadron, c'est par là qu'on supplée au défaut du reste, ce nombre supérieur d'officiers, leur donnant un avantage certain sur ceux de l'Empereur et des princes d'Allemagne, dans les actions : pour cet effet, il est nécessaire de mettre un cornette par compagnie, il y en a déjà deux par régiment, ainsi cette augmentation n'est pas considérable et le sera d'autant moins, que l'on commencera par choisir ce qui reste de bons lieutenants réformés qui ont déjà de l'appointement.

L'on répondra, peut-être, qu'il suffira de mettre ces cornettes lors de la guerre, à quoi l'on réplique :

1° Qu'en ne mettant des cornettes que lors de la guerre, on sera forcé de les prendre à la hâte et tels qu'ils se présenteront, au lieu qu'à présent, on en fera choix avec plus d'attention.

2° Ils n'auront point le temps, lors de la guerre, de se former, de s'ameuter avec les autres officiers et prendre l'esprit des corps et n'auront pas les premiers éléments du service, au lieu qu'en les prenant à présent, on en tirera tous les avantages contraires ;

3° Soit paix, soit guerre, il faut mettre le pied de la cavalerie et des dragons fixé à avoir des cornettes.

S'il y a guerre, on en tirera le fruit ci-dessus, s'il y a paix, on en tirera les mêmes avantages et il ne peut subsister d'objections que sur la dépense.

Pour lever cette difficulté, l'on propose de retrancher deux cavaliers et dragons par compagnie ; les appointements d'un cornette ne coûteront pas au Roi plus que la solde et l'entretien de deux cavaliers montés.

Si la paix dure, les compagnies sont plus que suffisantes, à 38 pour la cavalerie et à 39 pour les dragons et si l'on fait des réformes, elles seront à proportion de deux hommes de plus pour conserver le cornette.

Si, au contraire, la guerre se déclare, il sera bien facile de faire faire deux hommes de recrue et deux chevaux de remonte à chaque capitaine, lesquels à la suite de 38 ou de 39 anciens cava-

liers seront comme le reste ; il n'en coûtera rien au Roi, car comme il n'y a point d'année, que chaque capitaine, l'un portant l'autre ne remplace dans sa compagnie quatre chevaux de remonte et quatre hommes de recrue, à cause des congés de six ans, il n'y a cette année qu'à leur en faire remettre deux de moins, ce sera une diminution de dépense présente pour eux, que le Roi leur fera remplacer lors de la guerre, en remettant ces deux hommes à cheval de plus dans leurs compagnies.

Il est donc évident qu'il n'en coûtera rien au Roi de mettre un cornette par compagnie pour son entretien, en supprimant deux cavaliers montés, ni pour remplacer les deux cavaliers lors de la guerre, puisque les capitaines seront tenus alors de le faire à leurs dépens, parce qu'on les en aura dispensés à prér';nt.

L'avantage de mettre des cornettes en supprimant les deux cavaliers étant donc prouvé, l'on ne voit pas pourquoi on ne se détermine pas à le mettre à exécution pus tôt que plus tard.

Aif. étr.

France 1275 - 326

MÉMOIRE DU COMTE DE Belle-Isle, 31 mai 1732.

De ce que Von estime devoir être lait, pour rétablir le bon ordre et la discipline dans les troupes de Sa Majesté.

Pour parvenir à un objet aussi essentiel pour le service du Roi, dans la circonstance présente, qu'une longue paix a mis du relâchement à tout ce qui a du rapport audit service.

On propose : 1° de mettre un plus grand nombre d'officiers généraux sur les frontières, lesquels seront subordonnés entre eux relativement à leurs grades, sous l'autorité d'un seul et afin qu'il n'y ait point de difficultés entre eux, il conviendra de ne donner d'ordres du Roi qu'au seul commandant général, et il suffira de donner des lettres de service aux autres, sous l'autorité de ce premier, ainsi que cela se pratique dans les armées ; cet objet irait tout au plus à 7 ou 8 personnes qu'il conviendrait qu'ils eussent le grade de maréchal de camp, seulement, qu'on distribuerait comme il en suit.

Savoir : 2 en Alsace, 1 dans les Evêchés, 1 à Sedan, 1 à Maubeuge, 1 à Saint-Omer, lesquels seraient sous l'autorité de celui

qui commanderait en Flandres, dont la résidence serait à Lille et 1 en Franche-Gomté, sous l'autorité de celui qui commanderait en cette province : de cette manière, la frontière serait fournie, depuis l'extrémité de la basse Alsace jusqu'à la mer, de gens qui veilleraient à ce qui s'y passerait et qui auraient une autorité suffisante pour mettre ordre à ce qui pourrait y arriver.

Il sera nécessaire de choisir ces officiers généraux dans le nombre de ceux dont on présume se pouvoir servir dans une guerre prochaine, afin de les accoutumer au commandement sur les troupes et ces mêmes troupes à leur obéir, c'est un très grand avantage pour le service du Roi que cette habitude réciproque.

Et, comme les appointements de ces officiers paraissent augmenter la dépense du Roi, on propose de leur faire faire les fonctions des inspecteurs, chacun dans leur département et de supprimer ces derniers, qui ne voient les troupes dans toute l'année que le jour qu'ils en font la revue; les premiers, étantactuelment et nécessairement avec elles et ayant de plus l'autorité de leur grade sur elles, seront bien plus à portée de les tenir en règle de toute façon et afin que la cour ne soit pas importunée de ces détails par différents particuliers, il conviendra que les officiers inférieurs, qui auront fait des revues en rendent compte à l'officier supérieur, lequel en rendra seul conipte à la Cour, sans néanmoins qu'il puisse se dispenser de faire lui-même les revues des troupes qui seront dans son département, commue il le jugera à propos.

2° On juge absolument nécessaire et môme indispensable de former des camps chaque année, particulièrement pour la cavalerie et les dragons, observant d'en faire camper la moitié une année et l'autre moitié l'année d'après, ce qu'il faudrait pratiquer de cette manière.

Ces deux corps sont à peu près de deux cents escadrons, dont la moitié en y comprenant la Franche-Comté, est ordinairement envoyée dans les provinces et l'autre moitié dans les places, il conviendrait de faire camper celles qui auraient hiverné dans les provinces et de les faire remplacer pendant la durée du camp par celles qui auraient occupé les places, que celles des camps iraient remplacer après, au moyen de quoi toutes ces troupes auraient un traitement égal entre elles en deux ans : on estime qu'il ne faudrait former que deux de ces camps.

Savoir : un sur la Saône pour les troupes qui auraient hiverné dans les provinces méridionales et en Franche-Comté, et l'autre alternativement dans la Meuse et sur la Moselle, pour celles qui auraient hiverné dans les autres provinces, ce qui formerait ces camps d'environ cinquante escadrons chacun et donnerait moyen à une instruction plus étendue, ce qu'on ne peut faire avec des

corps aussi peu nombreux, tels qu'ils ont été assemblés en dernier lieu. L'expérience a fait voir d'ailleurs que la Flandre et 1 Alsace n'étaient pas propres à ces sortes d'assemblées.

On ne parle point de faire camper l'infanterie parce que ce corps étant toujours ensemble et dans un service actuel dans les places, il paraît avoir moins besoin de discipline et d'exercice que les deux autres qui sont ordinairement séparés, môme par coml)a£rnie pour une plus grande facilité de leur subsistance ; il conviendrait, néannuoins, d'en avoir quelquefois dans ces mêmes camps pour apprendre aux uns et aux autres à manœuvrer ensemble et à se secourir dans le besoin, c'est de quoi dépend, presque toujours, le gain ou la perte des batailles.

On pourrait suppléer pour la garde des place;?, par l'assemblée (les milices des provinces les plus à portée des frontières, lesquelles se formeraient, pendant la durée de ces camps, au service auquel elles sont destinées en cas de besoin.

On insiste sur une promotion du grade de maréchal de camp seulement-, y ayant un très grand nombre de brigadiers qui sont dans ce grade depuis 15, 18 et 22 ans et qu'il faudrait nécessairement faire passer à l'autre au commencement d'une guerre, on propose donc de faire cette promotion dès aujourd'hui, afin d'ôter de la tête des régiments un nombre de gens qui n'y servirait plus à une nouvelle guerre et qui seraient bien aise de retirer le prix de ces régiments, ce qui placerait des colonels qui se formeraient par les camps, jusqu'au temps qu'elle arriverait et en mettrait d'autres à se former à leur grade de maréchal de camp, si on jugeait à propos de les employer. Ce grade n'est jamais embarrassant, par rapport à la Cour, laquelle n'en emploie que ceux dont il lui convient de se servir, il y a même un nombre de ceux qui sont à portée de l'obtenir, qui n'attendent que cela pour se retirer honnêtement du service et pour tirer le prix de leur régiment, ce qui sera aisé de démontrer dans la discussion qui en sera faite.

On croit nécessaire le rétablissement des cornettes dans toutes les compagnies de cavalerie et de dragons et celui des souslieutenants dans tes compagnies d'infanterie, pour élever des sujets dans ces corps et donner un moyen h la noblesse ordinaire des provinces d'entrer dans le service, ce qui lui est devenu impossible depuis la paix (1 ; on jtourrait pour ne point augmenter la dépense du Roi pour l'entretien des cornettes supprimer deux cavaliers de chaque compagnie de cavalerie et pareil nombre de celles de dragons, ce qui formerait à peu près la solde desdits cornettes, chaque place de cavaliers ou de dragons étant

(1) Cet arliclo domande une attention particulière pour tenir la noblesse dans l'habitiidf do \onir ;i la guerre, ce riui a loujoui? fait la supériorité d<' nos troupes sur celles de nos ennemis iI\ole de Rellc-hle).

évaluée a 15 sols, tant pour la solde que le fourrage de son cheval, quant à Tentretien du sous-lieutenant, la solde n'en étant que de 13 sols 4 deniers par jour, ne paraît pas un objet considérable, une partie peut même s'en prendre sur rextinction de l'entretien des officiers réformés dans les provinces, qui est réduit actuellement à un très petit nombre et qui s'éteint tous les jours.

Mémoires techniques Gav.^erie

Carton 3 1

Sur la cavalerie

Lettre de Belle-Isle ai; comte d'Aroenson,

Metz, 23 juillet 1750.

J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du 3, avec le mémoire qui contient un arrangement proposé pour déterminer la manière uniforme dont les escadrons devront se former et combattre à l'avenir, sur quoi, S. M. désire que je vous fasse part de mes réflexions et vous donne mon avis.

Pour y satisfaire, je vais reprendre successivement et dans le même ordre, les articles du mémoire.

J'ai été assez instruit de ce qui s"est passé aux augmentations depuis 1720, pour pouvoir assurer que la variété qu'il y a eu dans la force des compagnies de cavalerie n'a jamais eu l'objet de les faire combattre sur deux ou trois rangs. C'est le plus ou le moins de crédit du secrétaire d'Etat de la guerre, qui en a décidé sans aucune autre discussion, sur les conséquences. Mais, j'ai toujours vu que les officiers généraux et particuliers les plus expérimentés ont pensé suivant le proverbe ancien, qu'il fallait à la guerre de gros escadrons et lorsqu'ils ont été portés à 160 dans la guerre de 1733, on est vraiment convenu que c'était le point de perfection, les compagnies de cavalerie se soutenant infiniment mieux à ce nombre, qu'au dessous. Le parti que prend S. M., de consulter «es généraux sur un point aussi essentiel, la mettra en état de connaître qu'il est réellement le meilleur et le plus utile. Et puisque vous me demandez mon avis. Monsieur, je crois qu'il serait plus utile au bien du service d'avoir un moindre nombre d'escadrons h 160 et que la même dépense sera mieux employée de cette manière, que d'en avoir une plus grande quantité à 140 : je conviens que ceux des puissances contre lesquelles nous sommes ordinairement en guerre et principalement les Autri-

chiens, n'ont leurs escadrons qu'^t 150, et qu'à nombre égal, la supériorité du nombre d'officiers doit nous donner une confiance bien fondée de vaincre tous ceux que nous aurons à combattre, surtout en bataille rangée, où la force de chaque escadron décide, vis-à-vis, celui qu'il a à faire ; c'est à l'habileté du général qui, quand la cavalerie est en ligne, ne peut être débordée que par les extrémités de ses ailes, à suppléer au nombre que son ennemi aura plus que lui et si tous les escadrons qui combattront en ligne renversent chacun devant eux ceux qui leur seront opposés, comme il y a tout lieu de s'en flatter, il y aura peu de mal à craindre de ceux qui nous auront débordés aux extrémités auxquelles on peut, d'ailleurs, opposer des troupes de la deuxième ligne ou des corps de réserve.

L'on objectera, sans doute, que nos escadrons à 150 seront supérieurs à ceux des Autrichiens (je nomme ceux-là de préférence parce que ce sont eux à qui nous aurons le plus sûrement à faire).

Je réponds, que l'escadron autrichien à 150 sera non seulement égal, mais presque toujours supérieur au bout de deux ou trois mois de campagne à l'escadron français de 160 ; l'espèce de notre cavalier n'approche point du cavalier allemand pour le soin et Tentretien du cheval ; ils ont, de plus, un nombre de bas officiers uniquement occupés de cette conservation, ressource presqu 'inconnue dans nos compagnies. Tous ceux qui ont servi dans les guerres où il fallait aller au fourrage, savent la différence qu'il y a sur la règle et la discipline de la cavalerie allemande. Et nous avons appris par une expérience continuellement suivie, que les armées allemandes subsistent un tiers et même le double plus longtemps que nous dans un pays et qu'ils ont souvent vécu dans des camps et dans des lieux que nous quittions parce que nous n'y pouvions plus subsister. Je n'entre dans ce détail, que pour faire connaître que au Tnilieu d'une campagne qui est le temps le plus ordinaire où l'on donne les batailles, nos escadrons sur le pied de 160 seront tout an plus égaux à ceux des Autrichiens et fort au-dessous dans le temps de- l'arrière saison, parce qu'ils se maintiennent à tous égards beaucoup plus que nous ; ce serait se faire illusion de penser autrement ; car pour peu que l'on jette les yeux sur la composition de notre cavalerie, on verra qu'il n'y a jamais eu moins d'anciens officiers, ni de vieux cavaliers. Et quelque discipline que l'on cherche à v établir, je veux croire qu'elle influence beaucoup pour les batailles el les actions particuUères, mais il ne faut point se flatter de changer l'esprit général de la nation sur l'article des fourrages et du soin jonrnalier des chevaux.

Après ce que je viens de dire, vous sentirez aisément, Monsieur, que je préfère que nos escadrons combattent sur trois

rang-s dont le front sera tel qu'il est proposé dans le mémoire ; l'on sera en état de former les petites troupes projetées avec des cavaliers du troisième rang- suivant les circonstances. C'est pouiquoi il sera toujours également à propos d'apprendre les exercices el évolutions proposés dans le mémoire et d'en exécuter la disposition pour qu'on puisse les faire exécuter uniformément toutes les fois que l'on le jugera nécessaire.

Si après ce que je viens d'exposer, l'on persiste à n'avoir dans la guerre future des escadrons .qu'à 140 maîtres, je trouve que tout ce qui est proposé pour la manutention de ces escadrons est très bon et que c'est le meilleur usage que l'on puisse faire d'un pareil escadron, qui, selon moi, n'aura point assez de consistance.

Je ne saurais convenir que ce soit le Roi qui ait jugé à propos de fixer les escadrons à 140 maîtres dans la dernière guerre, cette discussion ne fut point du tout portée devant S, M. J'ose dire que j'ai plus approfondi cette matière que qui ce soit. Je les demandais à 160 par toutes les mêmes raisons, qui furent bien débattues dans un comité de tout le ministère, chez M. Amelot, dans le voyage que je fis à la Cour au mois de juillet 1741. L'on en convint, l'ordre même en fut donné par M. le cardinal de Fleury, M. Orry en retarda l'exécution même de toute autre augmentation ce qui n'eut lieu pour la cavalerie qu'en 1742, bien tard, on disputa sur l'argent et les compagnies ne furent portées qu'à 35, par cette seule raison qu'il en coûterait moins et aucun militaire ne fut consulté.

Ce pied s'étant trouvé ainsi fait, l'on a préféré de faire de nouvelles compagnies et de nouveaux escadrons.

Les conquêtes du Roi ont été si rapides, sa supériorité si grande et votre prévoyance. Monsieur, si étendue pour les subsistances que l'armée du Roi, quelque immense qu'elle ait été, a vécu dans la même abondance et presque toujours avec la même commodité que dans les camps de paix, au moyen de quoi les compagnies de cavalerie, quoique faibles, se sont maintenues. Il n'y a point eu d'action en Allemagne, la cavalerie n'a pas été à portée de rien faire en Italie, ainsi on n'a pas été à même d'éprouver ni de juger de la faiblesse de nos escadrons, mais, si à la première guerre, l'on est obligé de la porter en Allemagne, où les campagnes sont beaucoup plus longues qu'en Flandre et qu'il faille subsister en fourrageant et non par des magasins, Ton éprouvera tous les inconvénients que je cite de la faiblesse des compagnies et conséquemment des escadrons.

Une dissertation jdus étendue serait trop longue pour une lettre, je serai i-)rêt à discuter cette matière avec vous, Monsieur, et avec ceux de MM. les maréchaux de France, officiers généraux ou particuliers les plus expérimentés quand il vous plaira, l'hiver

prochain ; la matière est assez importante pour exiger d'être approfondie et que l'on puisse prendre le pied fixe qui sera jugé le meilleur, il eût été à désirer que vos prédécesseurs eussent pris les mêmes précautions.

Pour résumer, en peu de mots, l'avis que vous me demandez, je pense, Monsieur, que si les finances du Roi ne permettent pas d'avoir un corps de cavalerie supérieur à celui des ennemis auxquels nous aurons à faire la guerre, il est préférable d'avoir un moindre nombre d'escadrons qui soient à 160 que d'en avoir davantage, réduits à 140, et que, soit pour les uns, soit pour les autres, je ne vois rien de plus utile ni de meilleur que la disposition de l'escadron proposée dans le mémoire comme le plus propre à toutes les sections et à toutes les évolutions désirables pour le faire mouvoir et combattre.

32 Suède-22

M"" DE PoMPADOUP AL co.MTE LE Clermont, 3 mars 1757

J'ai dit au maréchal de Belle-Isle, .Monseigneur, que je vous croyais préparé à la nomination du maréchal d'Estrées pour le commandement de l'armée, et, en effet, je vous supplie très instamment de vous rappeler ce que j'ai eu l'honneur de vous dire à ce sujet à Fontainebleau et depuis à Versailles. J'estime le maréchal d'Estrées parce que je le crois très honnête homme ; à l'égard de ses talents militaires, je ne puis assurément en être juge et le public ne peut pas ''sans la plus grande injuslicel me taxer de ce choix. Le maréchal d'Estrées est ma connaissance de société, je n'ai jamais été à portée d'en faire mon ami intime ,mais quand il le serait autant que M. de Soubise, je ne prendrais pas sur moi de le faire nommer, dans la crainte d'avoir à me reprocher les événements. Vous avez bien voulu. Monseigneur, me i)arler avec confiance, vos bontés autorisent la mienne et me font hasarder de vous dire ma façon de penser, il n'en est pas de plus certaine qup mon tendre attachement pour Monseigneur. S'il vient dimanche à. Versailles, je lui proposerai de dîner avec des personnes qui ne lui déplairont pas.

32 Suède-22 bis

De la même au même, 4 mars 1757.

Je suis on ne peut plus aflligée, Monseigneur, de Tétai où je vois que vous êtes. Quand je vous ai parlé à Ghoisy, c'était avant Fontainebleau ; je ne pensais pas dans ce moment qu'à mon attachement pour vous et à tout ce que vous méritez, et je ne pouvais pas prévoir qu'un enchaînement de circonstances forceraient à donner le commandement de l'armée à celui qui aurait pris les arrangem.ents avec la Cour de Vienne. Vous me devez la justice qu'à Fontainebleau et à Versailles j'ai tâché de vous préparer à cet événement. Je n'ai de reproche à me faire, ni sur le choix du commandant, ni sur l'attachement que j'ai pour vous, je ne cesserai. Monseigneur, de vous être aussi tendrement et aussi inviolablement attachée que je vous l'ai toujours été, même dans vos moments d'injustice.

P. S. — Le Roi m'ordonne de vous dire qu'il vous donnera à dîner dimanche, avec plaisir.

Arsenal

Page 141

Lettre du maréchal de Belle-Isle a AL le Maréchal de Broglie, du 18 septembre 1742 (de Prague).

J'ai été aussi plus affligé que surpris, Monsieur, lorsque j'ai appris ce matin à mon réveil, que M. de la Serre était resté, par votre ordre, avec son détachement dans la ville. Si l'humeur de rhumatisme dont je suis tourmenté ne s'était portée à ma poitrine, ce qui fait que j'ai beaucoup de peine à parler, j'aurais eu l'honneur de me présenter chez vous, pour vous représenter encore avec plus d'instance, combien il est nécessaire de couper court à la situation violente dans laquelle nous nous trouvons. Vous ne sauriez ignorer que toutes les différentes parties de l'armée et des habitants de la ville souffrent également et vont être incessamment réduites aux i)lus grandes extrémités. Chacun les a supportées avec un grand courage, pendant que les ennemis ont attaqué la place avec toutes leurs forces. La levée du siège a inspiré à chacun la confiance de voir cesser immédiatement après la disette et la cherté des denrées essentielles à la vie des hommes et des animaux. Vous savez à quel excès l'un et l'autre sont également portés. Tout a été diminué de moitié dans les deux jours qui

ont suivi la retraite de l'armée ennemie, mais l'espérance déçue a fait remonter ces mêmes denrées plus haut qu'elles n'étaient auparavant. Le retour du détachement y va mettre le comble, et va produire, à la fois, tous les mauvais effets possibles, en abatt<int le courage et l'esprit de ce qui est dans la ville et réchauffant celui des ennemis que nous avons au dehors.

Quoique vous n'ayez pas de certitude précise du lieu où est actuellement l'armée du grand duc, le rapport uniforme de tous les défenseurs et du peu de paysans qui nous sont parvenus confirme également que l'armée autrichienne a passé le Bcraum, et est à plusieurs marches d'ici, qu'il n'est resté que peu ou point de troupes réglées, surtout d'infanterie, et que tout e qui nous environne n'est composé que de Houssards, milice hongroise à cheval, russiens et Pandoures que ceux qui les portent le plus haut sont montés à 6.000 ; nous avons été témoins oculaires que tout le camp qui forme la circonvallation sur la haute et basse Moldau a été rompu, et que s'il en subsiste encore un, comme il y a apparence, c'est celui qui est à une lieue et demie d'ici, en deçà de Konigstadt, dont nous savons que la tète a été médiocrement fortifiée ; et à l'éloignement dans lequel se trouvent les petits corps dispersés des troupes irrégulières qui nous bloquent encore, il est impossible qu'elles puissent être en force en aucun endroit, ni qu'elles puissent se soutenir et se défendre contre les forces que vous pouvez et devez mettre ensemble pour les attaquer par différents endroits à la fois. C'est ce que j'ai toujours pensé que vous feriez, et sur les circonstances, ce ne pourrait être que trop tôt. Il y a lieu de croire, que pendant les premiers jours qui ont suivi la levée du siège, le corps de M. Badiany, composé d'environ 3.000 chevaux. cun\assiers et dragons, s'est tenu ensemble au delà de la Moroan, pour couvrir le convoi d'arl^illerie et autres munitions de guerre destinées au siège, lequel a passé la Moldau sur le pont près de Koniskal. L'on aurait peut-être pu en cédant des chevaux qui sont dans cette ville, mettre tous nos cavaliers, dragons et houssards à cheval et former un corps de 5 à 6.000 chevaux qui, joint avec 6.000 'hommes de pied choisis, et quelque artillerie de campagne, eussent pu marcher avec diligence sur M. Badiany, tandis qu'avec 2.000 hommes de pied et du canon, on aurait attaqué la tête de leur pont au de là de la Moldau ; on l'aurait emporté el brûlé, et quand même on n'aurait fait que le masque, tout ce qui était du même côté de la rive droite de cette rivière, eut été perdu et renversé, et l'on eut pris et détruit une grande partie de leur convoi. Mais en n'exécutant point ce projet dans lequel il n'y avait aucun risque, et dont l'époque est présentement marquée, il fallait du moins, comme je vous l'ai proposé depuis trois jours,

nous rendre maître de toutes les hauteurs qui sont vis-à-vis de laville, en chasser les ennemis, nous y établir, la droite à Vessovitz- Nikel et villages voisins, et la gauche à la basse Moldau, tenant les villages de Libau, Troja et Kolblain. De là, vous eussiez vu clair aux forces des ennemis et ce qu'il y a à faire, maîtres de défilés, hauteurs. Ainsi que les hauteurs, la plaine et tous les chemins nous étaient ouverts. Il n'y a plus que trois heures de chemin jusqu'à Bradais, et nous aidant des chevaux qui sont à notre disposition, vous pouviez vous y porter avec la supériorité nécessaire pour agir avec certitude, faire passer sûrement les courriers, ce que je regarde comme une partie essentielle et absolument nécessaire, et établir une communication avec la Saxe. Je ne parle pas ici des différentes diversions que vous auriez pu faire du côté de Saint-Procope et de Ste-Marguerite ; cette première entreprise en intimidant l'ennemi, déjà abattu par la levée du siège, aurait augmenté l'audace de nos troupes. Il leur eut procuré en môme temps des subsistances, des légumes, des fourrages et des commodités dont elles ont un pressant besoin. Vous avez vu que du seul village de Vessovitz, j'aurai tiré la valeur de 6.000 trousses de fourrage, et que j'y ai laissé trois nuits consécutives iOO hommes, dont M. Radiany qui était encore à portée le premier jour n'a pas osé s'approcher, non plus que les houssards et Pandoures qui y ont reliés depuis.

Vous ne devez pas ignorer la nécessité où vous êtes de pourvoir à la subsistance des chevaux qui ont été conservés jusqu'à ce jour. Il en reste encore au moins 1.200 dans la ville. M. de Séchelles vous dira qu'il n'y a plus de fourrage pour les 300 chevaux des vivres et artillerie qui ont été conservés que jusqu'au 25 de ce mois. C'est l'élite des 2.000 que nous avions qui peuvent servir de limioniers et faciliter trois cents attelages. Il est impossible de s'en passer, et ce serait un très grand malheur que de se voir obligé de les tuer après la levée du siège..

11 ou est de même des chevaux de cavalerie ; M. de Séchelles m'a dil qu'il n'avait plus de nourriture à leur faire, que jusqu'au 27 de ce mois. Songez que nous sommes au iS, et que nous avons désormais plus besoin de cette cavalerie que jamais, et que ce seul motif suffit pour nous obliger à faire les derniers efforts, tandis que vous en pouvez encore faire usage.

Tous les habitants de Prague sont également à bout. Les houssards et les Pandonres ne leur ont point permis d'aller chercher à vivre. Ils en ont, hier, massacré deux, et ont menacé les autres de les traiter de même s'ils se présentaient.

A tous ces motifs pressants, je joins l'honneur des armes du Roi. Il est honteux qu'une poignée de troupe irrégulière, quand il y en aurait. 12.000 au lieu de 6, bloquent et tiennent renfermés

25.000 Français rasseml)lés en un canton, et dont la moitié, au moins, peut se porter à l'improviste sur la partie qui lui plaira.

Le détachement qui a été fait hier, manque de tous les points.

i" Il devait être précédé de Toccupalion des hauteurs et la ville mêmie, pour être maître de tous les défilés et en liberté de déboucher ;

2° 11 devait être secret, au lieu qu'il a étA annoncé vini.'-tquatre heures à l'avance. Tous les bourgeois en étaient instruits et en ont pu informer les ennemis. Il n'était pas assez nombreux en cavalerie : c'est Tarticle où les ennemis sont les plus forts, et nous ne devons rien commettre au hasard dans une affaire aussi capitale ;

4° La composition de l'infanterie n'en va. ait rien, par le mélange des soldats des différents régiments.

Il est encore plus nécessaire que les troupes ne soient pas mêlées dans des détachements qui doivent être longtemps séparés.

Il y a eu une foule de raisons plus solide l'une que l'autre, que vous devez savoir comme moi, que pour cette raison je ne marquerai point ici. Ce que j'observe sur les piquets est encore plus décisif pour les grenadiers, n'y ayant rien de si mauvais, ni de si fort contre tous les principes c{ue des grenaders mêlés de toute sorte de compagnies et de régiments. Il est encore résulté un mauvais effet particulier à ce détachement qui est de leur faire croire qu'on ne les détachait ainsi, que parce qu'on ne voulait pas exposer leur compagnie et qu'on les sacrifiait.

5° Ce détachement n'avait pas assez de munitions de guerre, n'ayant, à ce qu'on m'a assuré, que vingt coups pour chacun à tirer : il lui en fallait au moins le double, indéitondcimment de quelques caissons de cartouches pour les cas imprévus, et que l'infanterie qui n'a pas de quoi tirer n'est plus bonne à rien ;

G° Va détachement de cette espèce, ne saurait avoir trofi d'officiers supérieurs, ce n'eut pas été trop de deux lieutenantscolonels, et il en fallait tout au moins un, pour être détaché dans quelque poste, soit dans le cas que AI. de la Serre vint ù, être tué, blessé, ou tombé de cheval ; même observation pour la cavalerie.

7° L'objet principal étant de passer l'Elbe, il était convenable d'envoyer, avec le détachement, deux pontons pour pouvoir sûrement passer au delà du fleuve et favoriser le passage du reste.

8" Pouvant y avoir de la résistance à Brundeïs, à Melnik ou ailleurs, il eut fallu mettre à la suite de ce détachement un ou deux officiers d'ouvriers et de l'artillerie avec les outils ou instruments nécessaires, avec quelques pétards ou bombes.

Il est fâcheux que le détachement n'ayant i)oint passé ce

matin, ne soit pas rentré avant le jour, ou n'ait pas resté dans rîle, ce qui aurait été encore mieux pour ne pas l'aire connaître notre faiblesse et notre timidité aux ennemis, qui ont fait à ce matin des huées à notre arrière-garde.

Voilà, Monsieur, en substance, ce que j'aurais eu l'honneur de vous dire, si ma position me permettait de parler. Vous y ajouterez encore tout ce qu'une longue expérience vous a appris. Mais je crois ne pouvoir trop vous presser de prendre un parti aussi prompt que vigoureux. Tout l'exige, et surtout que vous aidiez de deux ou trois mille chevaux, des officiers généraux et particuliers, et de l'infanterie qui sont à Prague. Il faut être fort en cavalerie, vous Têtes du reste en infanterie. Joignant à toutes ces troupes les divisions nécessaires et les bonnes dispositions, vous êtes assuré du succès. Vous ferez passer vos convois, vous recevrez des nouvelles, vous procurerez des vivres et des subsistances pour les hommes et les chevaux, vous ranimerez l'audace des troupes et vous satisferez toute votre armée.

J'ai l'honneur d'être etc. etc..

Le maréchal de Belle-Isle.

Arsenal

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