‹ Le Miracle de St. NicolasChapitre 17 sur 38 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Et les autres sont si contents Autour de la table servie !

LA CACNARDE.

Ah ! oui, vraiment, la dure vie !

Mais qu'y peut-on ?

CACNARD.

On peut beaucoup.

LA CAGNARDE.

Voudrais-tu faire un mauvais coup ? Je vois briller tes yeux...

CAGNARD

Ça, vieille, Approche un peu de mon oreille.

Écoute : J'ai rêvé tantôt.

Que nous héritions d'un château.

Flanqué de grasses métairies Avec des avoines fleuries Et de joli bois verdoyant.

Le paysage était riant ; J'étais seigneur, toi châtelaine.

Comme l'argent au bas de laine Tout nous arrivait à planté.

LA CAGNARDE.

Oh ! que n'est-ce la vérité !

CAGNARD

Comme les chevaliers de l'Oie Nous vivrions toujours en joie ; On nous ferait partout crédit.

LA CAGNARDE.

Cela me semble fort bien dit.

CAGNARD

T'en faut-il encor davantage ?

Chaque jour, après le potage, Nous aurions bécasse ou faisan.

LA CAGNARDE.

Ce ne serait pas déplaisant.

Songe un peu : Ne jamais rien faire.

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