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ACTE DEUXIÈME

Mais je te reconnais; ton clair sourire

a déjà l'ait bondir mon cœur;

tes yeux ont, l'autre soir, resplendi sur mon front.

aux avec tristesse, puis exaltée.

Qui je suis?... Hélas ! lu le sauras trop tôt ! Ma beauté seule est digne de ton àme; elle vient se donner à toi.

Dans la pierre, fixée en traits impérissables, fais-la revivre pour toujours!

Je te revois, splendeur, lumière

dont tout mon être est ébloui!

Blancheur des lis, fraîcheur des sources,

ange fier de la pureté,

je ferai jaillir ta beauté

de l'argile vierge et rebelle.

Dans ta robe à long plis érigeant ton image,

Sainte Agnès sur notre parvis

dominera le chœur des lents pèlerinages.

alix, avec un dédain véhément.

Quelle froide et vainc statue

hante donc ton àme endormie ?...

A ton éternité je préfère un seuljour

dans les voluptés de la terre.

Mon rêve est la beauté; mon paradis, l'amour.

Je ne veux pas être implorée

comme une sainte !

Ce que je veux, entends-tu,

c'est moi! c'est ma beauté hautaine et frémissante!

Je veux qu'à jamais, devant mon imagi .

murmure le désir des hommes à genoux.

Réalise mon vœu, Loys : je suis à toi.

loys, dans un élan de joie.

Oui, c'est la vie ardente el forte qui va palpiter sur mon cœur.

Beauté, rayon de la splendeur des cieux, femme, je te veux et je t'aime!

De mon désir surgira, sous ma main, l'image de ton corps superbe et surhumain.

(// Vétreint avec emportement).

Je ne distingue plus de toi mon rêve immense; comme un torrent de feu mon sang bouillonne en moi.

alix, avec orgueil.

Pour animer la pierre et pétrir un chef-d'œuvre, l'amour seul, l'amour de la femme peut inspirer l'art triomphant...

Ainsi, tu dresseras ma statue immortelle au seuil du parvis vénéré, et ma beauté sera, durant le cours des âges, adorée !

Ton corps, sur les fronts prosternés

érigera ses lignes pures.

Je veux te fixer à jamais

dans tout l'éclat de ta jeunesse;

et les saints de pierre, sculptés

sous le porche de notre église,

tourneront vers tes yeux des yeux extasiés!

(Tous deux se dirigent lentement vers le fond où le jardin, rempli d'arbres et de fleurs, s' argenté de la clarté naissante de la lune).

De quels frissons s'animent dans la nuit les fleurs et l'effluve des brises !

Quel est le parfum inconnu, ô mon Loys, dont tu me grises?

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