SCÈNE IV
Laisse lui deviner ma présence
et m'ouvrir sans me voir son cœur fidèle et tendre.
(Elles se cachent dans le jardin. Loys rentre, en effet, accablé de désespérance).
LOYS
Vainement j'ai prié! Hélas ! ma main rebelle ne donnera jamais une forme terrestre
à la beauté du ciel !
(7/ demeure absorbé, la tête dans ses mains). alix à Bérengère, qui tentait en vain de Vemmener. Éloigne-toi... Veille au-dehors; puis regagne notre demeure, où tu diras qu'Alix-la-Gourtisane ne rentrera plus désormais.
(Bérengère, obéissant au geste qui la congédie, disparaît par la poterne du jardin qu'elle referme derrière elle. Alix se glisse lentement près de Loys).
LOYS
J'ai, pourtant, de mes yeux contemplé la Très Sainte! Elle m'est apparue, à l'heure où j'osai l'invoquer...
(L'ombre commence à gagner V atelier).
Ne surgiras-tu pas, messagère céleste, du soir mystérieux?
Ne te reverrai-je plus, beauté surnaturelle, vivante sous mes yeux?
(Dans un oblique rayon du couchant, Loys se retourne et demeure immobile, extasié, les mains suppliantes. La courtisane lui sourit).
ALIX
Me voici, Loys. Tu m'appelles; je viens inspirer ton génie.
loys éperdu, prêt à s'agenouiller.
Grand Dieu !... Quel lumineux prestige !...
alix, le relevant, lui prend les deux mains. Reviens àftoi : je ne suis qu'une femme!
loys, ébloui.
Tant de beauté! Tant de candeur !
Je t'en conjure, dis-moi ton nom...