SCENE II
>, en apercevant VEvêque, s'est redressée. Elle le regarde avec un air de défi. VEvêque marche lentement vers elle.)
l'éyèque.
Pour la dernière fois, je viens te dire, ô femme, les paroles de paix et de miséricorde.
Repens-toi ! Repens-toi! Abjure ton erreur, chasse le démon de ton âme; sauve-la <ic l'Enfer prêt à la consumer!
alix, avec passion.
Mon paradis, je l'ai vécu sur cette terre. Brûle mon corps durant l'éternité !
Sa flamme n'aura pas l'ardeur victorieuse de l'amour que j'ai partagé.
l'évêque.
Toujours les mêmes cris!
Toujours le même orgueil impur !
Déjà par le mensonge et par la volupté tu détournas Loys de son art radieux.
Veux-tu donc avec toi qu'il tombe dans l'abîme ? Songe au salut de Loys, si tu l'aimes.
altx, inquiète.
Le salut de Loys?...
l'évêque.
Seul, à l'écart, maudit et misérable,
il doit mourir de faim.
Après sa mort, l'Enfer l'attend.
alix, exaltée.
L'Enfer l'attend qui nous réunira !
Et malgré les flammes funèbres,
malgré les hurlements des anges réprouvés,
j'entendrai mon Loys me murmurer : « Je t'aime I »
comme aux soirs de naguère.
l'évêque.
0 décevant blasphème !
Alix, Alix, reviens à toi.
Songe à la vengeance divine.
Par toi Loys errant et proscrit, s'il veut vivre,
doit tuer pour passer, tuer pour se défendre,
et tuer pour voler son pain sur les chemins !