SCENE IV
loys se redresse, fou de douleur et de désespoir. Peuple maudit !
Le ciel m'avait donné le génie et la force de réaliser sa beauté.
Alix, Alix est morte, morte de remords et d'effroi.
y4 m LE MIRACLE
Mais sa splendeur rayonnera pour moi !
Détournez vos regards : je veux la voir encor vivre dans mon œuvre éternelle, victorieuse de la mort !
* (// dénoue les liens de la draperie ; le voile tombe. Clameur immense.)
LA FOULE
Miracle ! Sainte Agnès !
l'évêque.
0 miracle ! A genoux !
•(Et c'est, en effet, un miracle; car ce n'est plus la beauté nue d'Alix qui resplendit dans le marbre. Cest la chaste et mystique statue de Sainte Agnès, long-voilée et les mains jointes, que Loys, éperdu, contemple avec un religieux effroi. Une lueur surnaturelle, émanant d'elle, vient nimber le front d'Alix, étendue, morte, sur le sol.)
l'évêque, entre les deux groupes.
Le remords purifie.
Alix est pardonnée !
{Loys est agenouillé auprès du corps d'Alix. L'Évêque prie.)
LA FOULE
Gloire à celle qui nous protège I
Louange à sainte Agnès !
Priez pour nous !
(El, très lent, le rideau retombe, tandis que la Foule se rapproche, avec un respect religieux et se groupe, sous le geste sacré de l'Évêque debout auprès de la martyre, parmi les Sœurs agenouillées autour d'elle, et les soldats, dont les armes et les pennons se dressent, élincelants, au milieu des bannières et des croix religieuses, penchées sur la multitude qui prie.)