CONDITIONS
Le mécanisme du miracle de Lourdes (j'englobe sous cette appellation les prodiges dûs à la foi religieuse) commence donc à être perçu sans
3i)« LE MIRACLE MODERNE
rien préjuger de son mystère initial, insondable comme la cause première de toute chose.
En voici quelques lois :
1^ Dans Tordre de la « faith healing », le sanctuaire, la source, le rite n'ont d'autre valeur que celle que leur accorde le pèlerin. Ils ne sont que des excitants pour le miracle, des instruments pour le thaumaturge intérieur, que tout homme porte en lui.
2° Le miracle résulte de la constitution physique et psychique du sujet, de ses aptitudes à emmagasiner Tidée de la guérison, et à Vutiliser pour le retour à la santé. La physiologie et la psychologie collaborent et se prêtent appui.
3^ C'est par ^inconscient que passe Faction miraculeuse et curative, comme celle aussi extra* ordinaire de l'inspiration, du pressentiment, de la télépathie. Voilà pourquoi elle est imprévue et surprenante.
4^ Une période d'incubation est nécessaire :
rappel des prodiges antérieurs, méditation sur les bienfaits de telle ou telle source, sur la puis* sance de la foi, etc. Cet entraînement mental a souvent lieu sans qu'on s'en doute. Avant de quitter son chez-soi pour se rendre près du Gave, même si Ton est sceptique, on interroge, on s'intéresse, on se décide enfin. Ensuite se succèdent le pèlerinage, les cantiques en commun, les voi-
sinages contagieux de croyants, la neuvaine, etc. Pendant ce temps Tidée mûrit et se prépare à devenir force irrésistible. Le plus souvent l'éducation religieuse de l'enfance aux racines perdurables porte là sa fleur. Qu'importe que cette foi primitive ait été oubliée, éteinte. Elle survit dans la personnalité seconde où justement s'élabore le miracle ^
5® Les prières, les rites religieux, le bain froid qui précipitent Téclosion du miracle, créent le traumatisme nécessaire.
6® Le triomphe de Idivis merftca/ria: intérieure, de la volonté de vivre qui déborde de Tinconscient au conscient, des centres à la périphérie.
7^ La persistance du miracle, due à la solidité foncière de l'organisme.