LE SALUT SCIENTIFIQUE
L'alchimiste, à travers ses symboles obscurs, nous montrait dans l'athanor la boue noire, évoluant en or parfait et pur; c'est-à-dire, — pour
reporter au plan moral celte opération hermétique, — le passionné, Tincohérent, le médium, rhomme ordinaire, se transformant lentement par la volonté et le savoir, en héros, en saint, en surhomme.
Pourquoi le malade d'esprit et de corps, — qui de nous, en une certaine manière, ne Testpas? — pourquoi celui qui se cherche encore et s'étonne de ses faiblesses et de ses tares n'arriverait-il point, sinon à recouvrer toute la santé et toute la maîtrise, du moins à s'améliorer, à se fortifier, à se rendre plus supportable à lui-même et aux autres? L'étude élevée et pratique des sciences de l'âme, encore à peine inaugurée, nous fait entrevoir que ce rêve du laboratoire médiéval tend à s'accomplir, dans une certaine mesure, pour chacun de nous. « L'homme doit être surpassé, » a ditNietszche. Nous disons qu'il le peut. Et voilà en effet, je le répète, « le salut scientifique ».