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MÉTHODE SAGE ET HARDIE POUR ÉTUDIER LE MERVEILLEUX

En tout cas, pas d'illusion à se faire. Aucun savant aut h enticfue, même de conviction spiritualiste, n'est spirite, théosophe ni occultiste*. Ces églises dissidentes vivent d'idées préconçues, ont des dogmes qui forcément déterminent leur jugement. Elles n'en sont pas moins utiles pour accélérer l'étude de découvertes nouvelles; mais ce qu'elles avancent doit être vérifié.

La méthode du savant est tout autre; il se surveille constamment pour faire dans son cerveau ce que j'appellerai « le vide métaphysique». Qu'importent ses convictions; seul le fait vaut. C^est seulement des faits observés, expérimentés et classés avec précision et lenteur, qu'il induit une loi. Les groupes « métapsychistes » se distinguent nettement des sectes mystiques par la méthode et les résultats.

Nous devons nous tenir aussi éloignés de la crédulité aveugle, qui admet sans contrôle tous

* Le livre du D"^ Grasset de Montpellier, Le Spvntisme devant la Science en est un témoignage. Ce savant qui croit pourtant aux réalités supérieures de l'âme humaine sépare la biologie de la métaphysique et ne veut pas que l'une soit influencée pai l'antre.

les événements mystérieux , même les plus absurdes, que de rincrédalité plus aveuglie encore. Notre devise est : « Rigoureux dans Texamen et la recherche, dédaigneux des rêveries préconçues, amoureux des plus nobles espérances quand elles s'accordent avec Texpérience, la raison et la volonté. »

Un de nos plus chers compagnons d'études, Frédéric W. H. Myers, professeur à TUniversité de Cambridge, mort aujourd'hui, s'égara dans ses conclusions spiritualistes ; mais son point de départ fut excellent.

C'était un lettré et un savant. Il réunit à Londres, avec Mr. et Mrs. Sidgwick, MM. Gurney et Podmore, une « société de recherche psychique » qui rendit les plus grands services. Elle rassembla — pour réhabiliter des études compromises par des charlatans, — les sommités de Télite sociale. La première besogne fut critique et éliminatrice. On dévoila les manèges et les tricheries de â.-P.-B. Blawatsky, la fondatrice de la théosophie, prise la main dans le sac à fabriquer de faux prodiges. On liquida la question trouble des photographies spirites.

On mit au point le cas du médium Ëusapia Paladino. Mais ces chercheurs ne se sont pas bornés à un rôle destructif ; car ils étudièrent la clairvoyance, la transmission des pensées, la

c( Le lendemain de la mort ! » De telles paroles risquent, à mon avis, de modifier fâcheusement les données du problème. La télépathie nous requiert en tant que faculté humaine encore peu explorée. Ce n'est pas « le lendemain de la mort » (cela regarde la métaphysique et la théologie) que nous étudions comme ces bons spiriies, mais des impressions très subtiles et révélatrices qui affectent des vivants.

Je le sais bien, la majorité des cas établit qu'il est question de fantômes de mourants ^ Voilà ce qui donne à ces recherches leur caractère dramatique. Voilà ce qui excite aussi la méfiance ; car là où le sentiment intervient, la vérité objective se fait plus fugace et plus incertaine.

Et réminent professeur continue :

« Le jour où on aura fourni une preuve expérimentale de la télépathie, la télépathie ne sera plus discutée, et elle sera admise comme un phénomène naturel aussi évident que la rotation de la terre autour de son axe ou que la contagion de la tuberculose ^ »

Mais, cette preuve, la fournira-t-on jamais ?

D'abord il n'en faudrait pas seulement une, mais des centaines. Ensuite, je croîs que la télé-

* Mais les mourants ne sont pas des morts.

■ Les Hallucinations télépathiques par MM. Gurney, Myers et Podmore, traduit de « Phantasnis of the liviiig », par L. Marinier (Félix Alcan).

pathie, comme la plupart des a dons » psychiques, relèye uniquement de robservation ou de la méthode introspective. On n'expérimente pas plus le pressentiment que la sympathie ou rinspiration.

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