KANT CONSTATE LA CLAIRVOYANCE DE SWEDENBORG
Je choisis entre mille un autre événement plus moderne, et très frappant, car il reçut l'estampille d'un examen des plus sérieux dirigé par Kant, l'auteur de « la Gritique de la raison
* Gonsalter dans la Revtie des DeiLx Mondes (!•' noT. 1892) nne étude très documentée de M. Paulhan sur « les haUucinations véridiques ».
pure ». Le clairvoyant fut en la circonstance le fameux mystique norvégien Swedenborg.
Passant dans une petite ville assez éloignée de Stockholm ^ où il avait son domicile, Swedenborg se sentit pris de malaise au milieu d'une soirée. Dans une hallucination, qui, cette fois, était véridique, il aperçut par les yeux de Tesprit un incendie dans son quartier à Stockholm^ Le feu, après avoir détruit plusieurs maisons s'arrêtait à sa bibliothèque. Swedenborg raconta à ses hôtes sa vision. On n'y crut point. Comme à cette époque le téléphone et le télégraphe n'existaient pas, on dut attendre le courrier royal. Quand celui-ci arriva, il ne put, à la stupéfaction de tous, que confirmer jusqu'en ses moindres détails l'incendie de Stockholm, tel que Swedenborg l'avait imaginé et vu ^.
Kant fut appelé plus tard à vérifier cette perception anormale. Il dut l'admettre, mais non sans mauvaise humeur, et il termina son rapport en déclarant : « Autrefois, on brûlait les prophètes ; aujourd'hui il suffirait de les purger... » J'ai raconté l'anecdote tout au long dans mes Petites religions de Paris ^.
* Gottenbourg à 200 kilomètres de Stockholm.
* 19 juillet 1759. L'incendie commença vers six heures et fut arrêté à huit ainsi que Tavait indiqué le prophète.
' Cette intuition de Swedeiiborg est-elle yraiment de la télépathie, telle que nous rayons 4éûaie ? Non, puiscnie ia rision