TU KO
Bon. Si je suis le seul à l'avouer, je ne suis peut-être pas le seul à le faire.
IVAN
Tu ne nous as parlé jusqu'à maintenant que du ])re- .mier coup de feu.
THÉO
C'est juste. Au deuxième,. ,
OTTO
Tu continues ce que tu as commencé au premier?
THÉO
Non.
LE SERGENT
Alors?
THKo, cinpathiquc.
.le sens la peau de mon échine qui frissonne comme la surface de la mer azurée lorsque soufile la brise du large.
LE SERCiENT
Oh! le poêle! I']t au troisième ?
OTTO
Tu te défiles en quatrième vitesse?
THÉO
Oh! qu'il me crispe, cet emplâtre. (Criant.) Non, je ne me défile pas en quatrième vitesse ! Au contraire il me vient une telle envie d'allonger une bonne trempe à ceux qui me canardent... que, si on ne me retient pas...
LE SERGENT, fiant.
Tu leur sers à toi tout seul une charge à la baïonnette?
JEAN, se levant.
C'est qu'il en est bien capable, l'animal.
THÉO, tout fier.
Ah! vous'voyez ?
JEAN
Il est long à s'y mettre, mais une fois que ça y est.
IVAN
Ça devient effrayant?
JEAN
Hé! Hé! ne raillez pas. Tenez, je ne sais trop s'il monterait sur le mirador sans trembler comme la feuille, mais je suis bien certain qu'une fois là-haut...
OTTO, imitant Théo.
Oui. Au premier coup de feu.. .
THÉO, furieux.
Toi, ça fait déjà trois fois que tu me tires dessus. J'en suis à l'envie de t'allonger la bonne trempe.
HIT li^lVS
OTTO
Ne le gêne pas.
(Ils vont en venir aux mains).
LE SERGENT, uvec autorité.
Kn voilà assez, hein? Je vous sonne l'extinction des feux. Silence!
(Les deux hommes se séparent en grommelant).
JEAN, à Théo.
Allons du calme, du calme.
IVAN, à Otto.
Otto, tu manques de sang-froid et tu ennuies tout le monde. Tu devais être raseur dans le civil?
OTTO, naïvement.
Non. Je jouais du cor de chasse.
LE SERGEINT
C'est la même chose.
•TEAN, à Robert.
lionne nuit. A demain.
ROBERT
A demain.
(Jean va s'étendre à gauche, près de Théodore).
LE SERGENT, s'é tendant à droite.
Que toute la famille se couche et fasse son possible pour dormir. Dos fois (ju'on nous sonnerait un réveil
en fanfare dans un moment, comme cela peut nous arriver, autant vaut être dispos pour faire le coup de feu proprement.
IVAN, se couchant à terre.
Bien parlé.
THÉO, couché sur la natte.
Quand est-ce qu'on aura un plumard? J'en ai assez de coucher par terre.
IVAN
Sybarite.
THÉO, se soulevant à demi.
Ah! le premier qui me dit encore des gros mots je lui saute dessus à pieds joints.
i,E SERGENT, appelant.
Robert !
KOBERT, s'installant près de lui.
Sergent V
LE SKRGENT
C'est vous qui prenez la faction suivante?
ROBERT
Oui, sergent.
.JEAN, bas à Théo.
Lui? mais il ne faut pas.
mmmm¥'''mmmmÊammBBaams^mmmmmimmmmmimmmt.itaussss:t
THÉO, de même à Jean.
Pourquoi?
-TEAN
Je le le dirai tout à l'heure. {Il feint de s'endormir).
LE SERGKKT, à Robert Pour votre dernière nuit de service.