I.EI''RANC
Tu crois donc qu'une lourde responsabilité seule peut engendrer la tristesse? Il y a dix ans de cehi, lorsque j'avais encore l'usage de mes pauvres jambes, je me trouvais tout seul, pour nourrir trois grands garçons. Toi, Robert, qui, à seize ans, entrais en appientissage ; ton Irère Pierre âgé seulement de six ans, et ce malheureux petit Jean que des parents sans âme venaient d'abandonner....
KOHKRT, avec un soupir.
Jean! Ah! il en a eu de la chance celui-là!
Tu trouves?
LEFRAMC
RORERT
Certes.
LEFRANC
Sans famille à treize ans.
RORERT
Recueilli ])ar un brave père Lel'ranc qui l'élève comme son fils.
LEFRANC
i'arceque le p( rc Lel'ranc souriait devant la responsabilité, lui.
TAlil.EAU I, SCKNE I
KOIUOKT
Oh! ça va bien. Ne reviens pas sur la conversation de tout à l'heure.
LK FRANC
Je suis bien oblige d'y revenir, c'est toi-niènie qui iii'}^ ramènes.
ROBKRT, s'asseijanl à (jaiiche, vogue.
Allons bon.
i.KKRANC, souriant Irisleinenl.
Mauvaise tète. Voyons, pourquoi Jean a~t-il tant de chance à ton avis?
ROBERT, brutal.
Parce qu'il a eu tous les avantages delà l'aniillc sans en avoir les inconvénients.
LEFRANC, -se levant péniblement.
Les inconvénients, dis-tu?
ROBERT
Bien sûr.
LEFRANC, retombant accablé sur sa chaise. Oh!
ROBERT, plus doux.
Ah! quoi, tu ne vas pas nous faire une scène de larmes ? Naturellement j'ai dit les inconvénients... et je le répète.