‹ Le Mirage perpétuelChapitre 14 sur 28 · DAMAS · texte numérisé non relu

DAMAS

Plaine des soirs d'été, vaste recueillement Où dans l'air embrasé monte par intervalles La crécelle stridente et fine des cigales, Damas, toute douceur et tout apaisement !

Cette vibration ténue et musicale Se môle à la senteur des pavots blancs et bruns Mes gestes, semble-t-il, déplacent des parfums Qu'un peu de brise aussi soulève par rafales.

5o LES PAYSAGES

La ville dort plongée en son rêve éternel, Sous un dais de palmiers et de pins solennels, O splendeur de la nuit créatrice d'étoiles !

Tout le ciel est profond ainsi qu'aux plus beaux jours Et dans le vent du Sud passe une odeur d'amour Qui nous trouble le cœur et pénètre nos moelles.

THHBES

Reine au joli profil, gracieuse Hatasou. Dont le fin petit nez amoureux de la vie Se recourbe au-dessus de lèvres rebondies, Comme je te retrouve en tes vastes bijoux !

Bien que, te poursuivant d"une haine tenace, In frère ambitieux ait partout martelé Ton doux visage aux traits savamment modelés, Je te découvre enfin, merveille de ta race !

En ce temple par toi construit et dédié Au divin protecteur du sol héréditaire, Touthmès aurait voulu qu'effacés de la terre Ton image et ton nom y fussent oubliés.

Mais, comme par hasard, un pan de mur unique Nous dit ton cou gracile et tes beaux colliers d'or, Le renflement léger de ta croupe, le port De ton buste charmant sous l'étroite tunique.

Amon, dieu du soleil, est au-dessus des lois, Il donne à qui lui plait la gloire désirée, Et sa splendeur par toi noblement honorée Brille éternellement sur le temple et sur toi '

Page 1