Le Mirliton
Malgré tout le Jésir que j'aurais Je continuer ma collaboration au Mirliton, je vois bien qu'il m'y faut renoncer. Mes fonctions de Secrétaire gcnéral, l'hiver, à rElJorado et à la Scala, l'ctc, aux Ambassadeurs et à l'Alcazar, absorbent la meilleure partie des quelques heures de liberté dont je dispose chaque jour, et me créent une situation fort délicate vis-à-vis de mes pensionnaires, qui, pour la plupart, sont nos lecteurs ou nos abonnés.
S'ils ne me savent aucun gré des éloges qui leur Sont adresscN, par contre, la moindre critique m'est immédiatement imputée , et m'occasionne m^iintes prises de bec qui pourraient prendre fâcheuse tournure, si je n'y apportais autant de patience que de moderation.
Fais-moi donc l'amitié et rends- moi le service d'accepter ma démission de secrétaire de la rédaction de notre cher Mirliton. Et, en cet instant de la séparation, permets-moi d'adresser un merci ires cordial et très sincère ù tous nos collaborateurs de Paris, de la province et de l'étranger.
(irâce h eux, à leur dévouement, la iflche m'a été, deux années durant, rendue facile, et je garderai le meilleur souvenir des excellentes relations que nous avons entretenues ensemble. •
Mien atlectueusement ii toi.
Fabrice Li^mon.
Au rc'su lie cette lettre, notre Directeur était absent de i*aris. Sitôt son retour, il a eu une entrevue avec Fabrice Lémon.
N'ayant pu le faire revenir sur sa détennination, et ne voulant pas lui donner de successeur, notre Directeur a décide de rendre au Mirliton son ancien format, sa destination et sa périodicité premières.
A dater d'aujourd'hui, le Mirliton redevient donc « l'organe de la boite ".
comme l'a si joliment baptisé Séverine, le petit canard du cabaret, toujours si diversement achalandé, du boulevard Rochcchouîirt.
Il continuera cependant à tenir ses lecteurs au courant des faits et gestes du théâtre et du café-concert, relatant,en un court mémento, les événements artistiques les plus sailhnts du mois écoulé. Tout esprit de critique étant écarte de cette rapide revue mensuelle, notre collaborateur Fabrice I.cmon a accepté de s'en charger et de demeurer ainsi parmi nous.
Knhn, le Mirlitnn paraîtra le i5 de chaque mois, cl sera adressé à nos anciens abonnés jusqu'à concurrence du nombre
de numéros qu'ils auraient dû recevoir si nous avions continué la publication hebdomadaire.
BRIAND.MLLKS (')
liiii«>i*t'iit
Oui, Monsieur l'Prcsident, j'braconne,
J'maraude aussi, chacun sait ça.
Mais j'ai jamais violé personne, ,
Surtout la fille à c'tte femm' là!...
Sa tille!... .^llc a pris sa v»>lée
Sans qu'un la puus&e... ah! nom de Dieu ! ..
Et vnir suut'nir que j'I'ai violée!
S* tille !... a sortait pas d'mon pieu.
Aile est v'nu' comm" ça. sans qu'j'y d'mandc. Un beau soir entre loup et chien.
Aile était plat' comme eun' limande ; Quant à du ncné, yavaii rien.
N'empèch' que j'mc suis laissé faire, Moi j'suis obligeant et bon tieu...
Et pis j'Jois 3t' eun' baih «iraire !... Sa tille !... a sortait pas J'mon pieu.
J'avais beau y dir' : Faut q^u'tu l'ièves ; Si tu restes là, j'vas m'ffioëer.
— De quoi? qu'a m'répondait, tu m'crèves. Je m'tiens pus d'boui, j'peux pus marcher. Pendant qu'j'allais tirer d'Ia marne, Mam'zeli' s'allongeait dans l'milieu D'moii poussier... a faisait sa carne... Sa tille !.. a sortait pas d'tnoa pieu.
Et v'Ià-t'y pas c'tte vieill" noceuse Qui vient sout'nir, mon Pré>ident, Que j'yai violenté sa pisseuse...
Ah! non!... vrai!... c'que c'est emmerdant!!! Mais d'mandez-y donc qui qu'est Ipèrc ? Personn' ne l'sait, mêm' pas l'bon Dieu. Mais c'est eun' putain comm' sa mère!... Sa tille!... a sortait pas d'mon pieu.
ARISTIDE BRUANT
Les Premières