‹ Le Mirliton (volume 2)Chapitre 20 sur 69 · FABLIAU · texte numérisé non relu

FABLIAU

Le petit flilcnct le proM inouHieur

Un tout pciit. tout petit chien Avait une fois pour gardien Un gros monsieur fort débonnaire.

Jusquc-la. c est très ordinaire.

Tous deux arrivaient de Paris :

Le gros monsieur n était pas vieux.

Il s'appelait Albert Caudicux Et le tout petit chien Souris.

Le gros monsieur, dans la rivière.

Péchait et prenait du vairon ; Le petit chien dormait en rond.

Ce pendant la journée entière.

Pourtant il se levait parfois Pour aller faire, dans le bois.

Son caca près de la mardelle.

Lt le gros monsieur, très tidèle, .Allait vite faire le sien Près du caca du petit chien.

Quand Phicbus plajuait .ses rayons Sur les guérets, sur les sillons.

Grillant les bois, brûlant la plaine, Le loui petit chien, fort en peine, — Car il était très altère — Tirait la langue sur le pré, Kt le gros monsieur qui péchait Vers la rivière se penchait.

Au risque de s'offrir un bain, Il puisait de l'eau dans sa main Kt le petit chien venait boire...

Mais voici bien une autre histoire :

Ce tout petit chien si mignon Se mit un jour, sans crier gare, A tortiller du troutignon.

Sitôt le gros monsieur s'effare Et, redoutant les accidents, 11 boucle le petit chien dans Sa chambre du premier étage.

Mais le petit chien laisait ra^e, Hurlait, jappait, se lamentait :

Le gros monsieur se tourmentait.

Envovant le printemps au diable; Souvent il se levait de table Pour monter au tout petit chien Une sauce qu'ils aimaient bien.

Il l'accablait de petits soins Kt surveilla tous ses besoins Tant que la sève printanière l'ourmeni.) notre prisonnière :

Aussi le petit chien Souris Est revenu vierge à Paris.

Ot ce petit cnnie fait foi.

(lu'en dépit d'un très vieil avl.igc.

On a souvent, même en voyage, Besoin d'un bien plus gros que soi.

Ahistide Bhi'ani.

Courtcnay. mai i8<i3

A TRAVERS CHANTS

CH.\NSONS BRUTALES [Suite)

Ce n'est que d'hier — j'allais dire aujourd'hui — que l'on s'est avisé, grâce à la Chanson des (]ueux de Kichepin. de songer à l'armée de la souffrance et de la faim. Ces êtres qui soutirent, ils pensent aussi; ils ont leur idéal, leurs illusions et leurs espérances, et partout où germe une illusion, partout où s'épanouit une espérance, l'art n'est-il pas }... Et. après les déclamations des rhéteurs, sont venues les pitiés des heureux. Vous vous êtes pencnées sur l'abimc. mesdames, lai faisant la charité d'un regard, et soudain la petite tieur d'art dont ne se souciaient guère nos ancêtres d'hier ou d'avant hier est éclose parmi les haillons des misérables. C'est leur langue qu'il a fallu nous parler pour que nous les comprenions; c'est leurs niieurs qu'il a fallu nous dire pour que nous puissions les plaindre. Une religion nouvelle nous est née, la religion des humbles : c'est vous, mesdames, dont les aumônes sont innnmbrables et dont la bienfaisance est silencieu>c, qui êtes les prêtresses de ce nouveau cu'te. et c'est la Chanson brutale qui a chante son (évangile.

La chanson brutale, elle, ne s'élabore ni dans les académies ni dans les écoles normales; elle est née. je le répète des souiVrances du ^^euple : c'est ce qui la fait immortelle...

Pour l'intelligence des chansons que vous allez entendre, ouvrons le dictionnaire de la langue verte , le glossaire d argot. C'est une précaution indispensable.

Dans les trois chansons de Bruant que Mlle Fclicia Mallct va nous dire, vous trouverez une certaine quantité de mots et d'expressions avec lesquels les oreilles n'ont aucune peine à se familiariser : ils sont presque tous passés dans la langue courante; tels : sapin, faire son persil, rcntiscr, les fortijfs. les ^ens cmni/s, easquer. Ces locutions, iiui tigurent en marge de la grammaire d'argot, constituent ce que les purs de» purs, • les mecs des mecs ». appellent avCC mépris i l'argot du boulevard ».

Arrivons à la langue vraie, à 1' < argonji des louchersbem » , au Conciones . au Thésaurus des linguistes de la rue Galande et de la place Maub'.

Dans la chanson du Bois de Boulogne.

je relève les mots suivants :

Rupin, qui veut dire « riche, qui a de l'argent, cossu '■ et, par extensif)n, « qui est t'rcquentc par les gens de la haute ». Ainsi le bois de Boulogne est un bois « rupin ».

Le bois de Vincennes n'est pas un bois (1 rupin ».

Chopin vient du verbe « choper». prendre. « Faire un chopin » signifie : prendre. ou trouver à point nomme, une chose dont on a envie ou besoin. Il fait soif, un ami vous • offre un verre » : c'est un chopin. Vous avez besoin de savoir Thejre, un passant vous ortre... ou vous laisse prendre sa montre : vous faites un chopin. Enfin. comme dans le cas présent, vous désirez contracter une union libre et temporaire, c'est au bois de Boulogne qu'il convient d'aller pour faire un bon chopin. c'est-àdire pour trouver chaussure à votre pied.

C'est dans le joli monde où nous allons entrer que se recrutent les sbires qui, marchant toujours trois par trois, assaillent le passant attardé et lui font ce qu'ils appellent « le coup du père François ».

Voici en quoi consiste le « coup » en question, a/ec le moyen de s'en servir... on ne sait pas ce qu'on peut devenir. — Le père François était un ancien hercule de foire, qui habitait la rue des Partants, entre Belleville et Ménilmontant. Il s'embusquait le soir dans les encoignures ou dans les renfoncements des portes, tenant cachés sous ses vêtements deux solides mouchoirs à carreaux noués l'un au bout de l'autre et roulés en corde. Quand la victime passait a portée, le père François lui lançait autour du cou ce lasso d'un nouveau genre, en empoignait vigoureusement les deux bouts, chargeait sur son dos le malheureux à demi étranglé et l'emportait dans un terrain vague où il « barbotait » à l'aise dans ses poche?, loin des regards curieux et des oreilles indiscrètes. C'était simple, élégant, et bien fait.

Comme vous le voyez, le père François opérait seul ; mais ses successeurs, ses disciples, qui ne sont pas doués d'une force aussi respectable, se mettent toujours a trois pour arriver au même résultat. Le plus robuste tient le mouchoir et charge l'homme sur son dos; un autre saisit les bras de la victime et les ramène violemment en arrière ; le troisième explore les poches. C'est un peu plus compliqué, mais cela revient au même.

... Continuons. Dans la chanson de Saint-Ouen, le mo\. pègre signifie voleur, le mot biffin, chiffonnier.

Les nègres sont les apprentis chitionniers, ceux qui mettent en ordre la récolte nocturne, séparant dans la hotte le bon grain de l'ivraie. Métier honorable en somme, et auquel bien des pauvres diables doivent de ne pas mourir de faim.

Métier de purotin : métier de •■ sans le sou». Purotin % applique ii tout homme en mauvaises atîaires, qui est « dans la purée », « dans la limonade », qui n 'a pas un sou vaillant.

Trimarder : marcher, faire du chemin ; du substantif /'j»Ki;\/, route.

Chiner : chercher, fouiller, fureter.

Linvé veut dire » vingt n. La valeur du " linvé » varie suivant les quartiers. Làhaut, sur la butte, faire un linvé équivaut à gagner vingt sous; mais, dans les quartiers riches, le « linvé »est de vingt francs. C'est une question de latitude.

{A suivre.) Maurice LEFKVRE.

CHEMIN DE FER D'ORLE.ANS

JUIN-SEPTEMlîRK 1<S<)5

Saisini thermale : Le Mont-Dore, La Bourboule, Royat. Néris-Ies-Bains, Évauxles-Bains.

.\ l'occasion de la saison thermale de i8<t5, la Compagnie du Chemin de fer d'Orléans a organise un double service direct de jour et de nuit, qui fonctionnera, du 8 juin au jo septembre inclus, entre Paris et la gare de Laqueuille, par Vierzon, Montluçon et Eygurande, pour desser* ir par la voie la plus directe et le trajet le plus rapide les stations thermales du iSlont-Dore et de La Bourboule.

Ces trains comprennent des voitures de toutes classes et, habituellement, des wagons à lits-toilette, au départ de Paris et de Laqueuil'.e.

La durée totale du trajet, y compris le parcours de terre entre la gare de Laqueuille et Iss stat ons thermales du Mont-Dore et de La Bourboule, est de 1 1 heures à l'aller et au retour.

Prix des places, y compris le trajet dans le service de correspondance de Laqueuille au .Mont-Dore et à La Bourboule, et iice versa: r' classe, Î3 fr. 90 ; — 2' classe, 3G fr. s? ; — 3» classe, 23 fr. jS.

.Aux trains express partant de Paris le matin et de Chamblet-Neris dans l'après-midi, il est atTecté une voiture de i" classe pour les voyageurs de ou pour Néris-les-Bains, qui ellcctuent ainsi le trajet entre Paris et la gare de Chamblet-Néris, sans tr;inshordement, en Il heures environ.

On trouve des omnibus de correspond.mce à tous les trains, à la gare de Chamblet-Néris pour Néris, et vce versa.

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Services rapides de jour et de nuit tous les jours v l'unpns 1rs ilitnanche^ et fi'tex. et toute l'année.

Nouveau seuvice a(.<:kléré

Depuis lo l'.l mars, la Jur^e du trajet, par •ervice de jour, outre l*aris-Saii)t-L;>/arc et Londres, est réduite d'une demi-licure.

Départ de raiis-Saint-Lazare : It h. i ':2 du matin et '.• li. du soir.

Prix des billeLs : Hilli-ts simples, valables pendant 7 ji>urs : l"clxssp, i;j IV. i,">; :J' clas.se. :\i fr.; 3' classe, 'i.i fr. i.'i.

Billots d'aller ot retour. valaMes jx-ndant or. mois : 1" olasso. 7i fr. T.'l; '1'' cl.issi-, 'il fr. 7.*); :V ela.vso, \\ fr .'.()

Ces billets donnent le droit de s arrêter à Kouen, Dieppe, Newbaven et Bri^hton.

Seuvice postal

postal pour l'Angleterre

Le service postal pour l'Angleterre via Dieppe-Ne-sFhavenl est assuré par le train partant de Paris S.tint-Lazare i 9 heures Ju 5oir.

Les lett.es déposées avant H b. S") du soir nu bureau de la rue d'Amsterdam, et celles jetées dans ies boites de la gare Saint-Lazare (Salle des Pas- Perdus avant 8 h. oO. sont distribuées le lendemain matin à Londres

CHEMINS DE FER DU NOKD

Ser\ icesdirectsentre Parisetla Hollande Tr.yct en 10 h. 1 i.

Dé|iarts do Paris à 8 h. iO du malin, midi iOft 11 h. du soir.

Départs tl .Vmsterdnm. à 7 li. iO du matin, midi M »'l M 11. ;r> tlu soir.

Départs d L'treclit à 7 l). 38 du malin, 1 h. 11 et 6 h. 14 du soir.

CMK.MINS DE KKK DK 1^\1<L•^ A LYON ET A LA MEDITERRANEE

}'ii)-agfs à itincmircs /acultMifs de FRANCE en ALGÉRIE et en TUNISIE

ou Vice \\rsa .

La ('ompucnic délivre, pendant toute l'aniKC, des billets de toutes classes à prix réduits, pour etrectucr des vovages pouvant comporter des parcours sur les licnes des sept grands réseaux franif^iis. sur les lignes algériennes et tunisiennes, et sur les lignes maritimes desservies par l,i Compagnie Générale Transatlantique. Les itinéraires de ces vovages sont établis au gré des voyageurs, ils doivent comporter, en même temps que des parcours français, soit des parcours maritimes, soit des parcours maritimes et algériens ou tunisiens; les parcours sur les réseaux français doivent être de 3oo kilomètres au moins ou être comptes pour 3oo kilomètres.

Les vovngcs doivent ramener les \ oyageurs à leur point de départ.

Validité : oo jours avec faculté de prolonmtion. — Arrêts facultatifs à toutes les gares du parcours.

Exemple d'un de ces voyages au départ de l'.ins : Paris. Dii<Mi. Lvon. Marseille, Tunis, Diivivicr, Kroubs, Hatna. lliskra. .\inTouta, Consiantine, .Mger, Oran, Marseille, Nimcs, Clermont-Ferrand, Ncvers. Paris.

Durée du voyage : oo jours. — i" classe, 4H) fr. 6b\ a' classe,' ?ïi fr. 35; 3' classe. 2 K» fr. 75.

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VIN COCA MARIANI

Ucconnlituc les F, rcc»

Ph ' U Hausamann il.

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