‹ Le Mirliton (volume 2)Chapitre 22 sur 69 · CHANSONS BRUTALES · texte numérisé non relu

CHANSONS BRUTALES

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Pendant que je tn marre : pendant que je me fais de la bile, du chagrin, du vieux mot « marri » dont on a fait, en argot moderne, être marron, être ennuvé.

.... Ah ! nous sommes loin, n'est-ce pas, des soupirs de Tibulle et des madrigaux d'Ovide. Et pourtant nous n'avons pas quitté le domaine de l'art. Il v a dans ces chansons farouches une expfosion si vigoureuse, une santé si roboste, que l'on reste saisi d'admiration. Vous allez entendre trois des plus cclcbres parmi ces chants : Saint-Lazare. Saint-Oticn et le Bois de Boulogne.

Commençons par Sainl-Ouen et Saint- Ijx\are. Chacune de ces chansons est une

eau-forte; c'est une page saignante de Ihistoire de la misère, une lamentation qui s'élève du fond de la géhenne où grouillent pele-mèle les misérables dignes de mépris et les miséreux dignes de compassion. — Nous sommes arrivés au bord de l'abîme : la vérité est au fond. Descendons ensemble avec Aristide Bruant, et, sous les scories et la gangue, cet honnête homme, ce grand cœur nous fera découvrir, je vous l'assure, un lingot dor vierge : la pitié.

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