‹ Le Mirliton (volume 2)Chapitre 3 sur 69 · AU CONCERT · texte numérisé non relu

AU CONCERT

Scala. — A la Chambrée, saynète en i a. de Matrat et Fordyce (i5 oct.;.

Olympia. — Réouverture : La Fée des Poupées, ballet de Hassreiîer et Gaul, mus. de G. Bayeux (i3 oct...

Eldorado. — Réouverture : Ominéné, ballet d'A. Silvestre, mus. de Désormes '2j. oct.).

CoNXERT-EcROPÉEs. — 1 ournoi d'amour, pantom. en I a. de TrévilJe, mus. de Schousbot [ly oct.).

Parisia.na. — Le Portrait, pantom. en i ?.. de P. Andry, Ch. Aubert, mus. de PJroni f3o oct.),

Cigale. — RéDuverture : Chcj la danseuse. pantom. en i a. de Ch. ,\ubert, mus. de Monteux (3i oct.).

Pipi.MÈRE. — Lendemain de première, pant. à spectacle (9 nov.).

A TRAVERS CHAMPS

CH.^NSONS BRUTALES

(Suite)

La « Chanson brutale », ce n'est pas à Bruant qu'elle commence. C'est dans les temps vécus, c'est à .Athènes, c'est à Home, c'est à Byzance, c'est aussi dans le ivii* siècle qu'ilfaut aller la chercher. Et nous la trouverons, non pas toujours dans les livres des poètes, mais surtout djns les moeurs. La Chanson brutale, ce ne sont point des mots ni des mètres qui nous la diront; c'est la grande voix mystérieuse delà vie, tout cet inconnu, tout cet ij^noré qui ne s'exprime pas toujours, mais que l'on entend bien si on veut récouter.

prouveraient rien; et si vous voulez bien vous souvenir de que nous disions dès le début de ces causeries, que la chanson n'est que l'expression première de l'âme d'un peupje, vous comprendrez que l'important aujourd'hui est de scruter l'âme sans nous arrêter aux paroles.

Quand ils ne parlent point, les peuples pensent et ils agissent. Comment donc ont pensé les anciens, comment ont agi nos pères? C'est toute la question. .\Ilons jusqu'au fond, ouvrons le cerveau du peuple, cherchons-v ce que ne nous donne point toujours la littérature d'une aristocratie intellectuelle, qui ne pensait point avec la foule et qui ne parlait pas pour elle. Marciions au gré de notre fantaisie, un souvenir rappelant l'autre, sans nous astreindre à suivre un ordre chronologique, qui ne nous apprendrait rien de plus; sans pédanterie, surtout ; sans prétention, vous le pensez bien, à faire un cours de Sorbonne — en amis qui causent entre eux.

Nous nous targuons de la tinesse de nos mœurs, et nous faisons grand cas de la subtilité de notre esprit. Nous n'avons pas tout à fait tort, si nous comparons nos élégances à celles du dix-huiticme siècle, trop souvent appelé le Grand Siècle. Ce qui paraissait tout simpleence temps-là nous ferait bondir, et telles pratiques alors courantes nous soulèveraient le cœur et choqueraient même notre décence. Je ne vois pas en effet, sous la troisième République, une Grande Made moiselle quelconque consignant dans ses mémoires, comme un événement digne dépassera la postérité et capable de jeter sur son nom un incomparable éclat, que tel jour, à telle heure, M. Carnot l'invita galamment à le venir voir prendre médecine. Et pourtant, c'est ce que raconte avec une douce et reconnaissante émotion -Mlle de Montpeusier dans ses iMémoires (il delà faveur dont daignait l'honorer son cousin Louis Xl\^.. Oui, c'étaient là les spectacles que l'on offrait à nosdélicatsaîeux, parmi les lambris dorés. Ne soyons pas la dupe de notre imagination, .\llons à Versailles, entrons dans ces salles merveilleuses où nous nous plaisons à retrouver la silhouette de grands seigneurs au chef orné de perruques « in-folio », comme dit plaisamment Théophile Gautier, à revoir de petits pieds finement chaussés glissant sur les parquets cirés, et des robes de satin voltigeant au milieu des habits dorés.

(.,4 suivre.)

Maurice LEFÈVRE.

Laissons de côté des citations qui ne (,) u„ vol., Ollendorft, éditeur.

Grande Fabrique de Vélocipèdes P. FAGKOT Aillé

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