‹ Le Mirliton (volume 2)Chapitre 41 sur 69 · STEINLEN ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

STEINLEN ET SON OEUVRE

Tout en haut du cimetière de Montmartre, à mi-côte de la butte, s'allonge une rue bordée par une double palissade en planches mftl jointes, la rue Caulaincourt ; ii gauche le t à pic, a droite toute une seriede mai^omu;'. aux (ormes les plus multiples, aussi basses que des tonnelles de campagne, et habitées par des artistes. Au 58, une porte étroite dans l'i r : >."cst là qu'habite Steinlen.

I> a j.tidinet s'élève sa petite maison

d'un elage; d.ins le rez-de-chaussée, l'atelier dont les murs sont presque nu», les tables presque encombrées, 'les sièges pleins de petits chats. In balcon s'étale de l'autre côte, garni dune balustrade en bois, surplombant des cultures maraichero; et en face, empâté par des maisons dinormcs. >'!irt..ni!it en

bosse le cône de la butte, couronné, au-dessus d'un autre petit moulin sans ailes, par la carcasse goudronnée du Moulin de la Galette, avec ses vieux bras décharnés cloues sur le ciel.

Théophile-Alexandre Steinlen n'a pas acquis de très longue date la popularité due à son talent. 11 eut des jours sombres et des heures tristes, celles où l'on a faim sans argent en plein Paris, ceux où le découragement vous brise quand on se sent quelqu'un, et qu'on voit autour de soi toutes les i»sues fermées. De cette époque lugubre, il lui est resté une certaine froideur, une juste métiance qui retient ses paroles et lui donne un air de rêve.

.•\u physique, visage doux et très régulier à barbe blonde, que fréquemment il reproduit lui-même dans ses dessins.

C'est en 1S71) qu'il débarqua à Paris pour y exercer la profession de dessinateur industriel; il venait de Lausanne, où il est né le 20 novembre iS5i).

En 1S84 il fit ses débuts au dut Noir, alors sous le patronage de Salis. Des enfants, des chats, des chiens, des pies furent les modèles de ses premiers essais, qu'il devait réunir plus t.ird sous le titre de Fablc-s Je Steinlen ; et avec le pseudonyme de Jran Caillou il entrait au Mirliton de Bruant.

Dès lors il était connu, et sa collaboration allait être recherchée par les périodiques en vogue : l'Illustr.rtion, l.\ Revue iHr.ftrce, le l'jri.s illustre, le Fii:.tro-y<>cl. Li Semaine musicale et artistique, etc.

Citons aussi parmi les livres où furent remarqués ses dessins : le Roman incohérent, de Ch. Joliet, l'Entrée Je clowns, deChampsaur, les RonJe.s Ju y.ilet Je carreau, de Marcel Legav. les Femmes J'amis et le 'l'rain Je H h. 4.~, de Courtelinc, les Gaxtés hourf;eoises et la quatrième s.rie des Tribunaux comiques de J. Moinaux, Dans la rue, de Bruant, celui où s'aftirme le mieux l'origin.diie de son crayon, etc.. etc.

Des ombr.s chinoises de sa > \on se

profilèrent aussi, il y a quelqv. es, sur

les murailles de la Brasserie Fontaine : Henri IV et le Pont-.\eu/, la Chasse antique, le Virtuose. If^ Chanteurs Je la rue, etc.

Kniip 1 ux qui l'ont le mieux fait

vnnaitre I public, le Gil lilas illustré

depuis i8<»i| le (JhambarJ depuis iSo?, sou» le pseudonyme de Petit-Pierre; et tout récemment ses affiches : les Chats, le Lait stérilise, le Père I.athuile, et }■»•<'//<• Guilbert, avec une silhouette à l'ibcls.

C'est dans ses dernières productions, dans son ccuvrc de ces derrière» année» que la personnalité de Steinlen éclate nettement delinitivi ^ ' ne pas

sur ses pi le, où

la recherche de l'esprit cniiie-sauiiti cache l'inexpérience du tr.icc r.ipidc. et sous de»

incorrections parfois. Il est même curieux de les comparer à ses dessins actuels, pour connaître à quel puissant trav.iil leur auteur a dû en si peu de temps s'assujettir.

Le caractère principal de l'œuvre de Steinlen, c'est l'ctude approfondie des physionomies et la reproduction de la vérité dans la pose et dans les détails.

Aux animaux eux-mêmes il découvre des phvsionomies spéciales, non pas de celles dé Grandville à l'imitation de l'homme, de celles choisies et reproduites selon nos passions et nous travestissant d'enveloppes de bétes, mais des phvsionomies ou des pestes qui leur sont dictes par l'instinct, par le caprice, par le besoin.

Les chats surtout ont été pour lui un plus constant sujet d'études : les Vieux Chats qui se frottent en minauJant autour d'une pauvresse à Cdbas: Métamorphose, où des matous cambrés sur les tuiles miaulent amoureusement à la lune, tandis que Ses femmes à l'ieil félin, aux cheveux clapotants, s'envolent en plein ciel, chevauchant sur des balais; le long chat symbolique de V ::ternelle poupée, au regard phosphorescent sur un pilier byzantin ; le Lait stérilisé, que boit au plus vite une toute fillette, alors que des chats évincés la tirent par sa robe avec leurs griffes; ceux de la Bodiniére si simples et si vrais, le matou noir et nerveux redresse "majestueusement derrière une chatte arrondie et ronronnante, qui regarde d'un museau pensif le bout de sa queue qu'elle remue.

Ses chiens, toutous vagabonds qui vaguent par les rues désertes, le poil en broussailles, tète et queue entre les jambes, prennent rarement des airs de triomphe, si ce n'est dans les Clebs, t<iut près du couple insouciant et louche qui s'appuie contre un réverbère.

Où Steinlen s'est occupe de tous les degrés sociaux, c'est principalement chez l'enfant, l'enfant de chaque condition et de chaque âge, depuis Mon p'tit salé qu'une malchanceuse lugubre berce dolemment entre les tuiles du toit et le carrelage de sa mansarde, jusqu'au bébé des riches, celui qu'on endurt dans un bon lit à la chanson du 'Petit navire, le noir bateau VDguant au clair sanglant de lune.

Là il est passé maître. 11 trace sur les visages ce qui agite le fond de leurs âmes. Ses téies semblent prêtes à parler ; et c'est de pensée qu'est brossée chacune des physionomies.

CHE.MI.NS DE FER DE P.ARIS A LYON ET A LA MÉDITERR.\NÉE

Depuis le i"" aoiit, de nouvelles relations rapides entre Paris et Barcelone sont établies via Cette-Narbonne-Port-Bou, au moyen du rapide n" 7, quittant Paris a b h. 2? du soir.

L'horaire ci-dessous s'applique aux relations rapides journalières entre ces deux villes.

Paris à Barcelone

Départ de Paris à .| h. 2 3 du matin et 8 h. 23 du ioir; arrivée à Barcelone a 10 h. 20 du matin et 7 h. 2i) du soir (heure de Madrid;.

— Durée du trajet : 23 heur.;s i3 minutes et 23 heures 24 minutes.

Barcelone à Paris

Départ de Barcelone à 3 heures du matin et 4 h. 08 du soir ^heure de Madrid; arrivée à Paris à S h. 53 du matin et 3 h. 34 du soir.

— Durée du trajet : 27 heures 35 minutes et 2 3 heures 2<» minutes.

CHE.MIN DE FER D'ORLEANS

HIVER l8o5-lSi|0

Maurice Lknoih.

(.4 suivre.

Billets d'aller et retour de famille pour les stations thermales et hivernales des Pyrénées et du Golfe de Gascogne, Arcachon, Biarritz, Dax. Pau, Saliesde-Béarn, etc.

Tarif si'Éci.\l G. \ . .N ' loo .Urleansi

Des billets d'aller et retour de famille, de .1", de 2« et de 3' classe, sont délivrés toute l'année, à toutes les stations du réseau dOrleans, avec faculté d'arrêt à tous les points du parcours designés par le voyageur, pour les stations hivernales et thermales du reseau du Midi,, et notamment pour :

Arcach'jn. Biarrit^, Dax, Guethary (halte 1, Hendaye, Pau, Saitil-Jean-ae-Lu^, Salies-dt- Béarn, etc.

Avec les réductions suivantes, calculées sur les prix du tarif gênerai d'après la distance parcourue, sous reserve que cette distance, aller et retour compris, sera d'au moins 3oo kilomètres :

Pour une famille de 2 personnes . . 20 0/0

— ou plus 40 o 0

Durée de validité : 33 jours, noncomp'is les jours de départ et d'arrivée.

La durée de validité des billets de famille peut être prolongée une ou deux fois de trente jours, moyennent le paiement, pour chacune de ces périodes, d'un supplément égal à 100.0 du prix du billet de famille. /

Avis. — La demande de ces billets doit être faite quatre jours au moins avant le jour du départ.

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