‹ Le Mirliton (volume 2)Chapitre 50 sur 69 · AH! LES SALAUDS · texte numérisé non relu

AH! LES SALAUDS

l's sont des tin's, i's sont des tas, Des fils de race et Je rastas Qui descendent des vieux tableaux.

Ah! les salauds!

I's sont presque tous décorés, I's ont des bonn's ball's de curés.

On leur-z'y voit pus les calots.

Ah I les salauds!

Ts sont presque tous mal bâtis :

Ts ont les abatis trop p'tiis Et des bidons comm" des ballots.

Ah! les salauds!

Rapport que tous ces dégoûtants I's pass'nt leur vie, i's pass'nt leur temps A s'empifiFrcr des bons boulots, Ah! les salauds!

Le soir i's vont dans des salons Pour souffler dans leurs patalons Oùsqu'i's envoy'nt des trémolos, Ah ! les salauds!

Après i's s'en vont vadrouillcr, Picter, pinter, boustifailler Et pomper à tous les goulots.

Ah ' les salauds!

Ensuite i's vont dans les endroits Oùsqu'i va les ducs et les rois.

Là où qu'y a qu' les volets d' clos.

Ah ' les salauds !

Quand on les rapporte, l'matin, I's sent'nt la vinasse et l'crottin Qu'i's ont bu' dans les caboulots.

Ah ' les salauds !

Eh ben ! c'est tous ces cochons-là Qui font des magn's et du tiatla Et c'est nous qu'i's appeU'ni soûlauds.

Ah ! les salauds !

I's sont des tin's. i's sont des tas.

Des fils de race et de rastas Qui descendent des vieux tableaux.

Ah ! les salauds !

Aristide Bruast.

LE CABARET BRUANT

l'if situe pri-s Ji L'ÉLYSÊE- MONTMARTRE

l.c p'us ch.ii.eiii- 'm! .'.c l'.ins

Steinlen et son SnVre

I Sut tel

Aussi ne faut-il point s'étonner du ton de réalisme de ses créations, de la forme

f presque toujours concrète que prennent es allégories sous son rude crayon.

Chacun connaît l'envergure magistrale de Lourdes, la foi et la fortune enveloppées de moribonds courbés et suppliants, alors que derrière eux limpiioyablc faux moissonne au hasard; les Emtnures, artistes avcugle> de chaque âge, guidés par l'éternelle espérance; Sur la Scène, Yvette qui pleure et Yvette qui rit ; Ça ne prouve rii'ti, la pavsanne au minois auréolé d'un écu de cinq francs, et doublement encadré avec deux tiges de lys, par un couple de poupons au maillot ; le Jour des .\î<>rts, livide apparition dans le rose chiffonné des chrysanthèmes; Pardon d amour, le barde irtodernc, se dressant et s'allongeant sur la spirale vapeur des tasses à café, une lyre grotesque sous le bras; VEau de Seine, avec un corps d'ancien cadavre mi-moisi, s'appuvant sur l'urne emblématique d'où •• nnt

macchabées, chiens enflés et ^r .is ;

liouchon de paille, le joli peintre se laissant adroitement conduire sous les conseils de la fortune, entouré par la gamme très bigarrée de ses successive»

maîtresses, et tout près de la jeune vierge qui va devenir son épouse; les Marcheuses, les infatigables niîreuses d'amour, pierreuses errantes semblables aux spectres dans le noir caverneux des arbres; les illusionnistes Fochards, où tout se

trémouse tout remue, tout tourne, vacille et flageole, noctambules, maisons, réverbères et cheminées ; au pied du Mur des Fédérés, un réveil des morts à l'Holbein ; Demi-Castor, la cochère du trige traîné par le mondain à ses trois grandes épocjues de passion ; {'Eternelle Poupée, la maigre androgyne, nimbée d'épines et de roses, contre la bacchante dont frémissent les jambes de chèvre, et s'émerillonne le cristallin mince et long de félin, linsexuelle impassible devant les cœurs en loques, tendus par les mains crispées de cadavres s'arracnant déterre; Une femme, la faunesse qui sourit à un cercle immense de viveurs aux pieds de boucs, de soupirants de tous les âges, d'amateurs jeunets ou caducs, devant la filière des adorateurs qui viennent boire aux lèvres faciles, se frotter à la chair des inassouvies ou des curieuses ; etc..

Toute cette poésie nerveuse et vitalisie étonne souvent par la sûreté de main, la fermeté des lignes, l'énergie juste d'un idéal à reflets modernes, qui l'a fixée en des images façonnées de clarté et de vision.

là suivre).

Malrice Lenoir.

LE

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