‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 166 sur 243 · GRELOTTEUX · texte numérisé non relu

GRELOTTEUX

Vrai... y' a des mois qu'on n'a pa cl' ■ ine.

' dis des mois j' saispas c' q ue j' i J'm'ai toujours connu dans Sans un pelot, sans un radis...

Çâ s'rail pas trop tôt que j'boulo J' vas tomber malade, à la fin, Vfait cha mrtant j' grelotte :

C'est-V la fièv' ou ben la fitim .'

Aomî de Dieu .' j'suis pas à mon aise, '.tant., j' sais pus c' que j'ai il' ■ auvaise C'est pourtant pas c' que j'ai mangé.

Si j'aurais mangé d'ia gïb'lotte ntirait meilleur : c'est fin, i "est bon, c'est chaud... ah! c' que j' grelotte .' ' 'est i' la fièv' ou ben la faim '

Allons hou. o'ià mes dents qui claquent.'... .r sais pas c' que j'ai, c'est épatant : J'entends les os il' mes jamb's qui plaquent l'ouïr' les parois d' mon culbutant.

J'suis foula si j'ai la tremblotte,

:S p'us dan fier. ./' suis pas dauph J' peux pas m' soigner... ah .' c' que j' grelotte.' C'est-i'la fièv' ou ben la faim.'

Et p'isj'sens la sueur qui m' coule A." fait rigol' dans V creux d' mon dos

•ver f ai la chair de poule C'est fini... tirez les rideaux.

Bonsoir ta soc mon vieux Alphon

V en ni p't'èV mieux qu' ça soy' la fin .-

u' j'étais ' un gonce...

Là-haut j's'r ai p'l'él' un séraphin.

Notre ami Georges Courteline vient 'If mettre en vente chez Marpon et Flammarion un livre depuis aussi longtemps annoncé qu'attendu, les Femmes d'amis, illustri par Steinlen. Les Gaités de l'Escadron parues il y a un an chez les mêmes éditeurs avaient déjà mis .-u lumière l'extrême originalité de Georges Courteline, et cette saveur particulière i|ui fait aujoud'hui, des Femmes d'amis, une œuvre absolument à part.

Rien de curieux et d'amusant comme ce livre dont on ne trouverait pas une page qni ne dégage le plus pénétrant parfum de \i>'.

plutôt Margot, le chef-d'œuvre 'lu volume.l'histoire dumonsieurquijd'unechambre d'hôtel de province "ù il est descendu avec un sien ami, perçoit dans la chambre voisine la... conversation d'un jeune couple amoureux.

a s'élevaient d'étranges petits rires, des rires saccadés, retenus, comme craintifs, de femme tout doncement baisée, et qu'anime d'un Frisson léger la promenade d'une cai i continue.

dura une minute environ, après quoi un 5 lèvres, un «pu*. etprolongé

de baiser toml ûr et auquel su»

uns:! ace subit, m'annonça que le rideau venait de choir <iir cette rapide et piquante coméd ■ mœurs.

Il n'y avait point d'erreur possible.

Je me 'Us :

— lis vont bien, par là !

Et fixé sur i désirais savoir, je rel

dans iii"ii oreiller.

Cependant la «lito comédie ne tarde pasà se renouveler, et le monsieur, qu'elle empêche de dormir, perd brusquement patience :

— Ali ça, est-ce qu'ils s'imaginent que je m'en vais passer la nuit à li s écouter faire l'amour?

J'avais vaut,' dors de mon lit i !. ou-pieds, je traversai là chambre, déterminé à leur aller battre sur le mur un énergique rappel à l'ordre, quand la femme, entre di as hoquets d'épuisement,

— F.si-il bête, mon Dieu, est-il bète !... Ne me chatouille donc pas comme ça... tu me fais du mal.

à la lin !

i cloué au sol, un bras en l'air, dans la certitude où j'étais d'avoir déjà — où?jel'igno-

— entendu quelque part cette v.'ix.

La tète lui travaille... Qui peul être cette femme? Où l'a-t-il vue...?Quand cela ? En quelles circonstances :'

A la fin, la curiosité devient trop forte : il imagine 'I'1 jeter un coup d'œil dans la pièce, par l'entrebâillement <le la porte à deux luittants, qui sépare sa chambre de celle de ses voisins et dont ceux-ci ont oublié de tirer le verrou :

Mrs doigts énervés fouillant l'ombre, rencoi trérenl te dossier d'une chaise.

Je ta soulevai, l'amï nai sans bruit entre mes jambes, et me laissai tombera califourchon.

< !e qui arrive, on le devine : la chaise placée trop loin de la porte et qu'il n'ose rapprocher par crainte de faire du bruit, se balance sur deux pieds, tandis que lui-même raidissant les orteils, s'efforce de protéger son équilibre.

Brusquement, le pied lui glisse:

La chaise, privée de son poinl d'appui, bascula, s'abattit lourdement sur la porte dont les deux battants s'écartèrent, et la tête ta première, les mains étendues, je lis une entrée triomphal* sur le ventre, dans ce sanctuaire de l'adultère.

Ici une scène impayable, entre le monsieur qui s'est relevé et s'est retiré chez lui avec toute la précipitation que l'on suppose, el le voisin, un capitaine de hussards, qui veut, à son tour faire invasion sur les domaines.

Cris, tumulte, coups de pied féroces dans la porte qui résiste :

— Mais, foutre, ouvrez donc! hurle-t-il. Vous êtes donc le dernier des couards, comme vous êtes le dernii r des muffles, le dernier des alopiaux el la dernière '1rs canailli - '

Ce çfue j'avais redouté arrivait: toute la maison s'éveillail : sur le carré, des portes s'ouvraient une à une, des gens s'int il entre eux, tandis

que, des hauteurs sonon - de l'e scalier, une voix tançait par dessus la rampe :

— I I ce q le ça ne va pas finir, cette vie là ? i > 1 1 ne i"'iii pas dormir, ici.

Alors, Margot, toujours sanglotante, gémit :

— Je i'' n supplie, Frédéric, je t'en supplie I Oh ! mon dieu, mon dieu! quel scandale! Non, Frédéric, litiss.' i.-. .•'.•si as-, .-, je n, \ eux plus.

Mais, comme di contre ''lie qu'il se

retourna, Il l'envoya coucher dans les grandes largeurs :

— Tu m'cmhètes, l"i, fous moi la paix ! Kl puis d'abord, qu ii ' mu e I ce qu c'esl ' Il y a des

■n', '[m n,, onl [■,.' ;onti nis ? Ils n'ont qu'à venir me le dire. D'aill , i, simple, lu vas voir '

Il en était venu ;i ci poinl di n i l'exutoire

es i obligé : être ou chose, quel soit-il,

— Frédéric ! supplia Margot, Frédi Frédéi ic n'écoutait plus, se refusai! à rien

.1'- l'entendis sortir sur son seuil,puis '1' mandi r :

- Eh bien, quoi .' 1-M ■' e qu 5a rous 1 g ai cl qu'est-ce que vous fichez-la, tas de gourdes .' Allez donc vous recoucher et plus vite que 5a ! Demande un peu de quoi ils se mêlenl ces daims là '

N'est-ce pas merveilleux d'observatii de rendu ?

l'ont ce livre de Courteline • -1 écrit ave.- ce souci de la gaité el de la vérité : c'est, nous le répétons,une œuvre tout àpartet quelesuc- '■■' a accueillie brusquement le jour de apparition.

Les Finîmes d'amis ont, d'ailleurs, été établies parMarpon et Flammarion avi c un jaloux.

Cinquante illustrations de~Steinlen,di chefs d'œuvres,en ornent les pages, et viennent concourir, dans une large mesure, à l'attrait exceptionnel 'les Femmes d'amis.

Los Refrains du " MIRLITON ,.

Par Aristide BRUANT

/. .4 Batignolles. — 2, A la Villette. — 3. A Montparnasse — Vl'à V choléra qui arrive. — ■">. Alléluia. — 6. La Noire. — 7 . Serre: vos rangs. — 8. Le Trompette. 9. .1 Grenelle. — tO. .1 Montrouge. — / / Belleville-Ménilmontant. — / 2. A la Bastille. — 13. A La Glacière. — 14. La Ronde des Marmites. — Jô. La Marche des dus. — {6: A Saint-Lazare.

Chaque numéro : 50 centimes franco, contre mandat ou limbres-poste.

Au cabaret du MIRLITON, 8i, boulevard Kochechouait. Paris-Moatmartre.

VIEILLES CHANSONS

LA FiLLE DU PRESIDENT

J.:'i-1i;i> dans la prairie, Tout en me promenant.

J'ai rencontré S\ h te, Fille d'un président :

Faut-il souffrir tant de p - Pour aimer tendrement !

J'ai rencontré Sylvie, Fille d'un président :

Elle était endormie Au pied d'un rosier blanc :

Faut-il souffrir tant de peine Puni- aimer tendrement !

Elle était endormie

Au pied 'l'un rosier blanc;

Le vnt leva sa jupe,

.le vis suu genou blanc :

Faut-il souffrir tant de peine

Pour aimer tendrement !

Le vent leva sa jupe, Je vis son genou blanc, Ses ba - couleur de n ise,

Ah ! qu'ils étaient charmants !

Faut-il souffrir tant de peine Pour aimer tendrement !

as couleur de i Ali ! qu'ils étaient charmants !

Ki encore aul 'i Ah ! qui me plaisait tant !

Faut-il souffrir tant '1" j i Pour aimer ti adrement !

Et encore autre ch

AU ! qui me plaisait tant I

i iserai-je, mesdan

Vous le dire en chantant *

Faut-il souffrir tant de peine

Pour aimer tendrement !

i >s< rai-je, mes

Vous le dire en chantant?

C'était sa jarretière,

Faite d'un d'un ruban blanc-.

Faut-il souffrir tant de p

Pour aimer tendres

CHEMINS DE FER DE L'OUEST

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La Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest fait délivrer, sur tout son réseau, des caries d'abonnement nominatives et personnelles, en Ire, 2e et 3* classes.

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ILES PASCAL

A L'EXTRAIT DE BOURGEONS FRAIS DE SAPIN

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