‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 23 sur 243 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

A C. 1 RRJER DE JOXCREI IL .

Géant

Créant

1 )ieu sombre

Plein d'ombre;

Néant

Béant

Où sombre

Le nombre;

Quels grands

Tyrans

Vous faites !

V"us êtes

Hideux

Tons deux!

Paul Roinard.

CABOCHONS PARISIENS

Fleur «le Trottoir

C'était le soir. Dans l'encoignure d'une porte, assise sur la marche de pierre, quelques pauvres bouquets fanés gisant dans le creux de sa robe — l'enfant, la tête renversée, dormait. Elle dormait au milieu du bruit constant qui vibre dans l'air du boulevard et qui semble sortir des choses, des pavés, de cette foule qui, comme une coulée vivante, roule incessamment de l'Opéra au faubourg Montmartre. Elle dormait, paisible, — rêvant peut-être à quelque Ciel d'Amour délicieux, ou à un monsieur chic, — sous le regard du sergot inquiétant, trop protecteur.

Toute l'intensité des lumières d'un café lui tombait sur la face, lignant son pauvre visage de Parisienne étiolée d'ombres légères qui creusaient les méplats de sa figure. Son cou poli, très blanc, se dégageant d'une robe à falbalas — vestige de rouleuse quelconque, tombé par l'inflexion, s'obscurait par endroits. Sa bouche, aux grandes lèvres minces légèrement entr'ouvertes, laissait glisser une ligne brillante

d'émail ble nez très large, tombant

tout droit de son petit front, avait, au bout, un léger aplatissement, comme le dernier coup de pouce du sculpteur. Ses yeux étaient fermés et, les paupières ainsi closes, bordées d'une raie noire très mince, avaient les reflets nacrésd'une délicieuse coquille, l'u" mèche brune, déroulée de sa nuque, caressait sa tempe.

Et elledormait toujours, la pauvre mignonne! et le halètement de ses inspirations faisait battre sa gorge naissante, petite, déjà saillante ; soulevant l'étoffe grossière dans un mouvement régulier, très-doux,charmant. Tout d'unceup.je ne sais quelle brute vînt stupidement l'éveiller Allons f... le camp, nom de Dieu! gueula-t-il.

L'enfant, brutalement secouée, se dressa s'étendit, impassible sous l'œil de l'imbécile. Sa grande carcasse de fillette trop maigre apparut tout entière. Vraiment elle était t. ut à fait charmante malgré son air déjà vicieux.

Choisissant, parmi les attablés , une tète vénérable qui lui plaisait, elle se c.iula. à travers chaises et tables, ave une grâce charmante une ondulation savante de la croupe ; puis s'arrêta devant l'homme, devantl'inconnu. Ht, présentant son bouquet, ouvrant, davantage peut-être, des grands yenx gris, de ce gris où iljsemble qu'un nuage bleu s'est posé dessus, elle dit, avec un sourire quémandeur, ce sourire étrange où passent toutes les promesses de la femme et qui tombe comme un fruit trop mur des lèvres d'une fillette gangrenée qui s'offre :

Monsieur !... Dis ?... Achète-moi un

bouquet...

Henri LETOURNEl'R.

VIEILLES BLAGUES

Un monsieur habitait un h 'tel.... et entretenait des relations avec l'hôtelière. L'hAtelier les fit surprendre en flagrant délit, et le monsieur fut condamné pour adultère à trois mois de prison.

Il eut alors des relations avec la femme du directeur de la prison. .. Les deux coupables furent encore surpris, mais cette fois, le monsieur ne fut pas condamné à trois mois d'hôtel....

Chaque lecteur du Mirliton est prié de nous envoyer une vieille bonne blague, ou une bonne vieille chanson par quinzaine.

Toutes ces blagues et toutes ces chansons seront étiquetées et numérotées.

Nous publierons les meilleures, et ceux qui nous les auront envoyées seront inscrits au Tableau d'Honneur du --Mirli"

« "Vieilles Chansons

(bis)

(bis)

Gn'allons au bois, Cendrine, Gn'allons au bois ?

Cueillir la violette, Ma Cendrinette,

Dessus le vert gazon, Ma Cendrinon.

Je l'veux ben, dit Cendrine, Ah ! je l'veux ben !

Mais fais pas l'amusette A Cendrinette,

Dessus le vert gazon A Cendrinon.

Ne crains ren, va, Cendrine

Ah! ne crains reu ! ' ''

Je ferons, sur l'herbette, Ma Cendrinette

La chasse au papillon Ma Cendrinon,

Quêqu'tu fais dit Cendrine, Quèqu'tu fais donc?

Je r'ièv' ta chemisette,' Ma Cendrinette,

Qu'a timb' sur tes talons.

Ma Cendrinon.

(bis)

(bis)

Veux-tu goûter, Cendrine, Veux-tu goûter

Du vin de ma bouteille, Ma Cendrinette,

Du vin de mon flacon Ma Cendrinon ?

Ah! qu' c'est bon! dit Cendrine, Ah ! qu' c'est donc bon !

— Le joure de ta fête, Ma Cendrinette,

Je recommencerons Ma Cendrinon.

*Zi**S5<°Gfi

êottte

Cornipent d'amoureux, ung Troubadour dedipt iùropgne.

II avoit chanté Carlemaigne et ses Compaigns et leurs guerres et leurs prouesses — et sous les yeux de la très noble chastelaine, son cœur s'estoit énamouré et langoureusement sur sa viole, il se prinst à chanter son amour.

Et la noble dame escoutasans cholère l'amour du paouvre chanteur, cependant qu'entre ses doigts roses elle faitoit tourner à son poignet l'anneau de fer qui lui ramentuvoit le serment de fidélité qu'elle avoit faict à son Seigneur.

Si s'apitoyoit-elle aux doux accents du Troubadour.

Puis devant que le chanteur ne se departits du chasteau fist-elle venir ung habile orfbevre et à son grand esbaudissement, découvrant sa belle gorge, luy ordonna d'en façonner l'imaige sur une coupe d'or aornée de gemmes rares et précieuses.

Et dolcement à son aureille venoit du fond du parc le chant du Troubadour.

Or l'endemain quand soy en alla le Troubadour, la très noble chastelaine luy remits la

coupe en disant : « Tiens, amy, prends cettuy présent qui te guarira du mal d'amour et X>pourra rappeler ma souvenance.

Et le troubadour quista le chasteau emportant avec luy toute la sienne fortune sa viole, sa coupe, ses chansons, son amour.

En la prime aubierge qu'il encontra le paouvre chanteur tout contristé, fist emplir de vin sa coupe. Les vermeilles gouttellettes du jus septembral luy sembloient la sanglante rousée d'une prime nuictée d'amour et il veoit dans les gemmes bleues, l'azur des yeulx de sa dame... De ses lèvres il approucha le précieux vase, et lors il pensa prindre un baiser aux lèvres purpurines de sa blonde chastelaine.

Et mesme temps qu'il beuvoit, la Tristesse, éternelle compaigne d'Amour, abandonnoit sa cervelle.

L'amoureux troubadour ennivré de jus vignolat lairra choir près de lui sa viole qui tombant exhala un doux son.

Or, plus jamais depuis ne chanta-il, ne les femmes, ne l'amour.

Le talisman l'avoit guarri.

HORTUS

CATALOCIE DES CHANSONS

Ane i L') à Nana.

Au Brûleur de Loups.

A u Ma l assit

Batign ■ le .\ Beau Narcisse. Le

■ai ,i des i:nnhniits.(Le

iire '''< bouillon JJuval. (La Caméléon. Le beau teinturier Camomil

Canne du tambourg-mojor. La Ça s'arrondit.

Célina.

Cent " ei siéme de ligne. Le i ■ - pa s ' rai.

C'est t l 'arisien C'eut p' t'ètr' ben une blague.

Chacun son état.

Chant du Soir, Le Chat noir. [Le) Chaussée Clignancourt. fLa fli' ' eu à Mathieu. {Le) Coin, Coin, Coin, Comme les autres.

Culottes et calottes.

Dans f Faubourg.

Dedans If rê

D' a Biaise.

Du Picolo.

Eh' main' Bidùt.

Enterrement. [L') En r'montant.

Estelle et Si/mphorien.

Faut d' l'argent.

Femme La

Fil 'i la mère Michel/ • Fi anee. (Chanson de la

ARISTIDE BRUANT

Gai I île Cour tenu », L Gaulois du. pont avléna. Le Grandes Mai* u ■ Les , Gros-tot . Le

Halte là.

lié/eue .

Henri IV a dècon

Histoire d'une mouche.

Histoire d'une pu

Homme (L') à la tète de ceau

Hun*. Okaneotl des)

li ne /"■" ' pas.

Infanterie 'te marine. {L')

J ni <ltt hou tabac.

J'suh d' t'at-is du Goui emement.

J' oîens -I' faire une conquête.

!<• uiimirs. Les.

(Les

I.éi/ende du Chinois. La Ligne. Chanson de l'a) Lions du Château d'Eau.

Lyonnais. [Le-

Mademoiselle, écoute* moi donc!

Mu m' :elle Clignancourt.

Ma ngoton, margotaine.

Marsei lais. Le

Nicolas a t'en ea pas.

Noce 'i Fifine. KLa) Nous sommes tous cocus.

Ousi/u' est l' pain

Pantalon d Léon Le Pauvre bibi d' bébé.

Peuple. (Le)

de dos ronds

Quant il ca-t' au pas.

Refrain de Maigriou. 1 ■■ Récit du rieux sergent. (£e>

Sans tambour ni trompette.

Serres cos rangs.

Sif m' appelais le bon Dieu.

Sur l' Boulerard.

Sur le pavé.

Ta, Ta, Ta.

Tète à Têtard. La Tondeur de poils de Tortu.

Trente cinquième Territorial.

Une Drôle d'acenture.

Une étape au 113' Un garçon bien heureux.

Ursu le.

Y la le v'ià Ballon.

Y la tt'là le Choléra ou' arrive.

Vin de Bagnolet. Le

Vin de la Comète [Le).

Vu Mein herr.

Le

>S)«>5SS«o(K<

Les Refrains du JVIIRLITON

/. .V Batiynolles — 2. A la VU'ette — 3. A Montparnasse — 4. V-là l Choléra quarrire — 5. Alléluia — 6. La Noire — ?. Serre; nos rangs.' — S. Le trompette — il. A Grenelle — 10. A Montrouge — //. BeUeoille- Méia (montant. — V2. A /" Bastille — VI. A la Glacière — 14. La Roiule des Marmites' — 15. La Marche

des dos.

Chaque numéro 50 centimes franco contre mandat ou timbres-poste, aux bureaux du journal.

84, Bouleturd Kocltechouart, à Paris. —Directeur : IKISTI DE llll I A > T

* Le Gérant : A. Bn.UA.NT.

Coopération typographique, (ass ouï.) ïi, rue Siint-Laiart. C.h. Duniont. directeur.

Deuxième Année. — N" 7

Prix : 10 centimes.

1" janvier 1880.

Un an : 3 francs

Bureaui : Boulevard Rocherhouart, S4. au cabaret du « Mirliton

Un an : 3 francs

Rédacteur en chef: Directeur : Secrétaire de la Rédaction

Camille de Sainte-Croix ARISTIDE BRUANT Henri Letourneur.

Dessin de Jean CAILLOU

jWr ^

T'as étrenné!... ben quoi?... c'est-y pas l' jour

| TABLE U IIHOWKII! m Mllil.l

.M. Georce Herbert, déjà nommé, pour la vieille blague n"|.

ai. Camilli il.- Sainte Croix pour la vieille chanson <■ C'est à boïre\ •

— h ' ' JT(t,-

CONTES SECS

i ii

l'A TIGU H

à STEINLEN.

Ayant bien vécu, s'étant mine à fond, le comte .Max alla s'enfouir en son château des bords de l'Allier.

Dans un accident de chasse, il perdit la vue. épouvante el sentant combien les soins d'une femme auraient adouci sa peine, il se souvint d'avoir été aimé par quelques dames de Paris et les fit informer de son désir de les revoir- Aucune ne vint.

Parmi les paysannes du bourg, Jeanne, la fille d'un garde, s'était éprise du beau comte ; mais laide, chétive el honteuse, elle n'en avait rien laissé deviner à son maître.

Or le sachant aveugle, et n'ignorant rien de ses misères sentimentales, elle s'habilla de soie et de dentelles volées à la garde-robe des aïeules de Max et vintjouer auprès de lui le rôle d'une amoureuse revenue: Lucienne.

Ils vécurent un roman délicieux. — Jeanne dut s'absenter huit jours. A son retour elle trouva Max dans l'obscurité, un bandeau sur les yeux. Il lui avait fait une surprise, il s'était laissé opérer par un grand médecin. « Tu vois, ma mignonne, il faut que je garde cet appareil jusqu'à demain soir. Alors j'y verrai.

Elle fut terrifiée. C'était fini; il la verrait laide au jour, et la chasserait. Elle voulut fuir. Pourtant elle préféra avouer.

Alors farouche, il se redressa :

« — Ainsi, pas une qui se soit souvenu' i 1 bien! il faut que ça finisse on farce! Je veux t'aimer. Reste..., Sois Lucienne. Vois le prix que j'y mots! >,

Et il arracha l'appareil.

Camille de SAINTE-CROIX.

FANTAISIES

lionne Annie

Moi, ci mYm... bête l'jôur de l'an :

C'est dis yiri's, c'est des magnières.

On dirait qu'on est des rosières Qui va embrasser sa maman.

t 'i n est des fricassé's d'musau :

Du p'tit morne à la Lrisaïi

l gén'rations <-1ich'nt la gueule...

En d'dans ça s'dit: Crev'donc chameau !

Su 'l'boul'vard on n'est pus chez soi : Ya cor' pus d'mond' que les dimanches, Autour d'un tas d'baraqu's en planches,

I )' s magnièr's de nich's oùsqu'on voit :

1 U pou| é's, des si marrons

i!es, Des dragé's, des porichinelles, J'to vas on fout', moi, des bonbons!

'l'as d'prop' à rien, tas d'saligauds, A ei vos mom's, avec vos grues Vous m'barrez l' trottoir et les rues, J'peux pus ramasser mes mégots!

C'est qu'il a du mal, el trotoir, Pour caler les jou's à son monde :

J'peux pus compter su' ma gironde, On me l'a ramassé' l'aut' soir.

Et faudrait qu'j'a/ el cœur content ?

Ah ! nom do Dion ! c'est rien de l'dire : J'étais b.n pus chouett' sous l'empire... Ça m oui... bêtait pas l'jour de l'an!

Arisl ide Bruant.

VIEILLES BLAGUES

Dans une brasserie du buuV mich\ les filles parlent de la petite Croquette qui est dans une position intéressante.

£« A qui ressemblera bien l'enfant?» se demande Tata. <i Au quartier, parbleu! » répond Louisctte.

Chaque lecteur du Mirliton est prié de nous envoyer une vieille bonne blague, ou une bonne vieille chanson par quinzaine.

Toutes ces blagues et toutes ces chansons seront étiquetées et numérotées.

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ta* êontes

Comme qaoy le «merliton» doré apperjda an tond du cabaret de jMessire Bruant est dop féerique.

Maulgré ta neige qui tomboit à grandes pannierées, Messire Bruant, voulsist ce soir là, soy en aller faire une nocturne pourmenade.

Or ça, cria-il devant qu'il fust l'heure, du fond de sa taberne, or ça mes hostes pour ce qu'hier vous fistes bon resveiglion iusques à matines, si vousfault-il ce soir déguerpir incontinent et tout un chascun rentrer en vostre tannière. Holà I François, Maxime, pourchassez moi tous ces enraigiés beuveurs.

Comme on avoit grande vénération de Messire Aristide Bruant, tout le monde soy en alla sans meurmeurer aultrement.

Adoncques nostre cabarettier, sa large coèffure inclinée sur son chief, sa houppelande roulée à l'entour de lui, s'en fust emuy la neige cueillir à la dentelle de givre des arbres les harmonieuses rhymes qu'en passant y accrochent les Djinns de Noël; — ce sont comme bien vous sçavez gentes clochailles d'or qui tintinnabulent aux souffles des vents — ( pour aureilles de portes ou de chansonniers seurement.)

Voyez à travers le vitrail du cabaret endormy et vuyde de bruyance. — Qu'est cela? Quel mirrifique spectacle — Du très fond de la salle vecy venir sur ung floccon de neige argenté d'un ray de lune la fée Aristidianinette — marraine de Messire le cabarettier, devant elle marchent deux lutins portant sur leurs épaules un long merliton d'or — De sa baguette adamantine la fée fist un signe, et tout aussi tost mes lutins de voler en les poultres du plaffond et d'yappendre incontinent le beau merliton iuste audessus de la chaire où Messire Aristide avait accoutumance de dire ses vers et chanter ses ariettes. — Puis s'en fust la bonne fée par la fenestre entre ouverte lairrant darrière elle l'air parfumé d'ambroisie et vibrant d'une soëfve musicque. Un petit après, tout s'éteignit en le cabaret et l'on n'y entendit plus rien que le cracquement des chaises soy détirant à l'heumidité.

Poinct n'est besoing de vous dire combien fut gaiement estomiré Messire Bruant à son retour quand il treuva le mirrifique présent de la sienne marraine, cettuy beau merliton d'or qui soy dandinait emuy l'air sous les poultres embrunies du cabaret.

Et vecy comme, il y a depuis ce temps un

féerique merliton d'or appendu en dessus la grand chaire de Messire Bruant en sa joyeulse aubierge que pour ce l'on vocite

Cabaret du Merliton

Hortus.

CABOCHONS PARISIENS

Derrière l'Église

C'était dimanche. Le ciel était gris, embué, triste, un vent frisquet glissait en soufflant le long des devantures, tourbillonnant autour de l'abside et des terre-pleins de Saint- Vincent de Paul. Le dos du gros monument se dressait, écrasé, massif. Dans l'air, les cloches appelant les fidèles à l'office, vibraient.

Sur le trottoir de la rue de Belzunce, ils défilaient tous, — frileux, emmitouflés, — un livre de messe à la main, parlant bas, l'air confit, très saint. D'un ouvroir, près de là, sortit une file d'enfants alignés par rang de taille, un ruban bleu — d'où pendait une croix romaine — tombait, dessinant, un triangle sur les poitrines et les dos. Sous les blouses des plus grandes, les seins petits, naissants, saillaient déjà. Derrière, des sœurs au teint chlorotique, suivaient. Leur cornette immaculée flottait dans le vent comme des ailes de cygne, et des chapelets et des croix énormes breloquaient sur leur ventre. Ils glissèrent silencieusement le long des murailles, puis entrèrent dans l'église par une petite porte de côté, une porte capitonnée qui, en se refermant, étouffait les bruits intérieurs.

Quand tout fut passé, un perroquet vert, au crâne chauve, — d'un quatrième, gueula d'une voix stridente :

— Sales cochons !

Et tout se tut; la rue redevint silencieuse.

Puis, les mendiants — collés comme des limaces dans le creux des portes ou aplatis à terre, serrés les uns dans les autres, blêmes, effaçant le rictus pleureur, — remuèrent pour chasser l'engourdissement.

La messe finie, les cloches branlèrent plus fort en secouant l'air. Tous les fidèles repassèrent plus béats, parlant plus bas, tout imprégnés de grâce et, — l'œil au ciel — jetant un sou aux pauvres.

Les mendiants avaient repris leurs postures figées.

Un d'eux, debout au coin d'une rue, lesjambes raides et écartées, appuyé sur des béquilles, tordu comme un vieux cep, la casquette à la main, se dandinait affreusement.

La rue se vida lentement, reprenant son aspect froid et monacal ; et derrière les autères passants qui s'en allaient, la voix glapissante du cacatois gueulait toujours :

— Sales cochons 1

Henri LETOURNKUR.

a "Vieilles Chansons »

il était quatr' cinq bons bougres

Qui r'venaient de Lnnjumeau; Ils entrér'nt dans une auberge Pour y boir' du vin nouveau I * ' Oh!

(bis)

C'est à boire, à boire, â boire, à boire qu'il nous faut I

Ils entrér'nt dans une auberge Pour y boir' du vin nouveau; Chacun fouilla dans sa poche Quand il fallut payer l'pot, Oh !

C'est à boire, à boire, à boire, i boire [u'il nous faut!

(bisj

[bis) (bis)

(bis)

Chacun fouilla dans sa poche Quand il fallut payer l'pot. . . Le plus rich' fouill' dans la sienne Et n'y trouv' qu'un êcu taux!

Oh!

(bis) (bis)

C'est à boire, à boire, à boire, C'est à boire qu'il nous faut!

(bis)

Le plus rich' fouill' dans la sienne,. ..

Et n'y trouv' qu'un écu faux

Sacrebleu! dit la patronne, Qu'on leur prenne leurs shakos !

Oh!

.(bis)

C'est à boire, à boire, à boire, C'est à boire qu'il nous faut!

(bis)

(bis

Sacrebleu! dit la patronne, Qu'on leur prenne leurs shakos I Nom de d'ià! dit la servante, Leurs capot's, leurs godillots, Ohl

C'est à boire, à boire, à boire, C'est à boire qu'il nous faut: * '

(bis)

Nom de d'iàl dit la servante, Leurs capot's, leurs godillots !

Quand ils furent en chemise, .

Ils montér'nt sur les tonneaux ' ' Oh!

C'est à boire, à boire, à boire, C'est à boire qu'il nous faut !

(bis)

(bis,

Quand ils furent en chemise, Ils montèrent sur les tonneaux, Sacrebleu ! dit la patronne, Qu'ils sont jeun's, et qu'ils sont beaux Oh!

C'est à boire, à boire, à boire, . C'est à boire qu'il nous faut! ' ls'

Sacrebleu! dit la patronne, Qu'ilssontjeun's, et qu'ils sont beaux! isj Nom de d'ià, dit la servante.

Qu'ils sont frais et qu'ils sont gros Oh!

C'est à boire, à boire, à boire, C'est à boire qu'il nous faut !

Nom de d'ià, dit la servante, Qu'ils sont frais et qu'ils sont gros ! Sacrebleu ! dit la patronne, Qu'on leur rende leurs shakos Oh!

C'est à boire, à boire, à boire, . C'est à boire qu'il nous faut!

Sacrebleu ! dit la patronne, Qu'on leur rende leurs shakos! ' ' Nom de d'ià! dit la servante, Leurs capot's, leurs godillots Oh!

C'est à boire, à boire, à boire, ., . C'est â boire qu'il nous faut!

Nom de d'ià! dit la servante, Leurs capot's, leurs godillots! ' '' C'est ici qu'les beaux gars mangent Et qu'ils n 'paient pas leur écot.

Oh!

C'est à boire, à boire, à boire, . . C'est à boire qu'il nous faut! *■ '

(bis)

LA

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