COLONNE D'AMATEURS
Sous cette rubrique et à cette place, nous publierons les productions des jeunes inconnus qui se sentent des dispositions pour la littérature et qui voudront bien nous adresser quelques unes de leurs œuvres :
Prostituée.
A Mlle Blanche Luce.
Seize ans les yeux bleux fraîche et rose
Pettites dents visage gracieux
Elle marchait pensant a quelque chose
Qui je m'en doute était son amoureux
Ainsi était une lillette sage
Qui revenait tous les soirs en rêvant
Se souciant fort peu des bavardages
Que provoquait sa beauté aux passants.
Les dégoûtés de la politique, ceux qui aiment les livres gais, ont besoin d'échapper à la lecture des premiers Paris.
Cli. d'Areis, le joyeux rédacteur des Tribunaux cocasses, le désopillant auteur de la Correctionnelle pour rire, de la Justice de Pair, S. G. D. G. et des Joyeux Procès, semble avoir travaillé exprès pour eux. Sous ce titre affriolant Causes Grassouillettes, il vient de faire pa-.
raitre à la librairie Ernest Kolb, un volume qui secouera les lecteurs d'un rire énorme inextinguible.
Avis aux amateurs.
La poésie intitulée " Échos de Bal ", parue dans le numéro 57 de notre journal, n'est pas de M. A. de .Ab^henac, mais bien de M. Georges Le Baillif.
POUR PORTER UNE COURONNE
A LA TOMUE
d'ANDRÉ GILL
Le 2 Novembre iSpo
Resle de la Souscription de l'année dernière 34 80
Aristide Bruant 5 »
Dauiel Cox 1 »
Trois photographes 1 50
Un soir pourtant accostée par un lâche Comme on en voit si souvent de nos jours Hommes flétries qui prennent tous a tâche De détruire tout môme j'usqu'à l'amour En écoutant ces paroles traîtresses Elle succomba le croyant bon apôtre Bref il finit par en faire sa maltresse Puis pour de l'or en lit celle des autres
Elle a vingts ans, les yeux vitreux; teint Môme, Offrant sa chair a chacun au hasard Disant a tous pour peu d'argent : Je t'aime D'un bout a l'autre du grand boulevard Et si le soir en regagnant son gîte Elle a enfin récoltée quelques sous Lui rentre et dit : i Oh ! de l'argent, et vite Puis il se grise et il la roue de coups.
Edmond Yallet.
EN VENTE
AUX BUREAUX DU JOURNAL Les 50 premiers numéros du " MIRLITON ,
1 volume broché 10 50
» relié 12 50
Emoi franco, contre mandat poste, à l'adresse de M. ARISTIDE BRUANT, Si, Buidcvurd liuchec/wuart, Parts.
VIEILLES CHANSONS
Le retour du Conscrit
Ah ! que je suis donc chagrinée
Q.ue mon amant s'est engagé.
Je pleur' toutes les soir, Que je peux pas savoir Quand je vas le revoir.
Y a deux ans qu'il est parti, Avec son beau fusil,
Pour tuer tous les ennemis.
Ah ! bah ' la bell' ne pleurez pu Que votre amant est revenu.
J'vous reconnais ; en partant,
Vous étiez paysan,
A présent, changement, Comm' tu est habillé !
Te voilà i étape Comme un vrai grenadier.
François', ma mignon' mon tendron, Je reviens pourfair' la moisson.
Je suis un beau guerrier,
Qui n'a pas désené ;
Je viens pour t'épouser, Bonjour, ma mi', mon cœur,
Donne-moi tes faveurs, Je suis ton serviteur.
Dans
Rue
Envoi fra
Le Gérant,
nco contre
Aristide
CHANSONS
ET
MONOLOGUES
PAR
DESSINS de
l.î r SÉKl': M m. Steinlen
1 VOLUME IX-18 Prix: 3 fr. 50
ion lat poile à l'adresse de M. \ri.ililc BRUANT, 8/, boulevard Rochechouart PARIS
BRUANT, Imp. PAIRAULT et C", 3, passage Xollet, Paris.
LE MIHLITON
Mais, au même moment, il arrive une bourrasque qui la bouscule comme une tourte. Elle se cramponne à son parapluie, le troupier y continue tranquillement son chemin : le vent redouble de... de machin, si bien qui finit par f .. la bonne femme le coccis à l'air, après lui avoir démanché et démoli son pépin, dont elle était très vexée.
Seulement, comme c'était une personne de bon sens, elle finit par dire : Ces militaires, ils ont bien raison, n... de D...! de sortir sans parapluie, c'est encore le meilleur moyen de ne pas les casser.
— S'crongnieugnieu ! dit le colonel Ramollot, sav' vous, Roupoil que v'ia des N... de D... d'machines qui n'sont pas piquées des hann'tons!
N'vous connaissais f... pas c'talent'la!
c't'esti aordinaire p'role d'honneur.
— Mon colonel me transvase vraiment de vanité.
— Mais pas du tout N... de D...! quand j'vous l'dis !
Et pour prouver l'intérêt qu'il prenait à cette lecture, le colonel se régala de cet autre morceau choisi:
(à suivre.) Charles Leroy
POUR PORTER UNE COURONNE
A r.A TOMBE
d'ANDRÉ GILL
Le 2 Novembre iSço
Reste de la Souscription de L'année dernière 34 80
Aristide Bruant 5 »
l 'aiiiel Cox 1 n
Trois photographes I 50
1 7 il l'niiiii'iii- île la nier 1 50
Max. Lisbonne I »
Didier I »
Les Humbles 4 25
Un Anonyme I »
Un Suédois 1 »
Un Russe 5 »
Wilson d'Asnières 1 »
Louis Breton 2 »
Jacques l'ndo » 80
Les Tambours(l).
C'est l'heure où les tambours arrivent sur la place;
Dans le rouge, au c :hant, le soleil fond de l'or;
i " bourdon 78 sonner | la n traite Place,
Place ' Voici venir le beau tambour-major.
Il esl immensément glorieux; son œil plane
Sur les menus tambours; majestueux el
Il se campe; il est bien campé : sa lonf cai
D'un geste, :i réveillé le tonnerre roulant
i\). Extrait du Chemin du Rire, par Paul Uarrot. Cbex Lemerre.
C'est par les soirs d'été que j'estime 1rs villes
De garnisons, avec leurs tapins curieux,
Pour qui les bonnes ont mille façons civiles
Et qui s'en von^frapparifleur caisse, à qui mieux mieux.
Pendant l'hiver hourra, lorsque la brume pleure, Les bons petits tambours, ils ne sont point très gaisl
Prés de l'Hôtel-de-ville, ils viei nt juste à l'heure;
Et la peau d'àne-est molle; ils semblent fatigués.
Le roulement est bref sous leur main qui frissonne, Puis ils filent, battant vite, sous le brouillard;
Leur caisse est ass 'die; on dirait ipi'eilr sonne
Pour un enterrement de quelque grand vieillard.
Oh! les tambours mouillés, quelle fiasque harmonie !
Et quels mes sanglote ils roulent! C me avec
Peine on les sent lutter contre leur apb '
C'est un râle! Mais les tambours, par un tempssec!...
Mais les tambours, l'été, dansun [rondement large, Scandant leur bruit sauvage en de très nets accents, Os pousseraient la ville enti i aupa décharge, Les femmes, les vieillards el le corn descente!
C'est que lerythme est fort: ou poème ou fanfare, Ou rythme pur, il est lerythme triomphant, El le monde, depuis son aurore barbare, Par le rythme est mené comme un petit enfant.
Carletambourvousprend aux nerfs et vous travaille; Il bat! le long des reins s'éveillent des frissons : Il bat, répercutant des échos de bataille, chants de triomphe ou cris de rage, dansses sons.
1 1 ils ont déchaîné leur grande batterie,
Les tambours! on sent vivre, en ce rythme emporté, Le roui- du régiment, l'aine de la Patrie, Et ton puissant soupir. 6 mâle Liberté!
C'est fini— les tambours mit franchi la caser::.'. Leur hymne s'est éteint avec un roulement Bref. Puis tout s'est fondu dans un silence terne, Et l'ivresse est passée, ô désenchantement I
Humanité, Pitié, Fraternité, rêveuses Candides, fuyez-nous, pliez vos ailes d'or.
Evanouissez-vous, dan d is crises nerveuses, Devant cette peau d'âne el u'-major.
.Paul M ■
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