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MIHUTON

Casino de Paris. — Dimanche dernier, débuts de la celé rona, celle qui fût tant fêtée

rout-P t. lors die L'Exposition de

i l'est au bruil des plus \ Lfa applaudissements qu'elle paraît avec sa troupe : son fameux pas espagnol dansé, elle s'enfuit et alors seulement, t>>ut rentre dans le Bilence. Je ne crois pas qu'elle doive regretter Bon retour à Paris. La gentille Mlle Berthat fait tous ses efforts pour se faire entendre du public: M Mir E. l'âme, selon son habitude, enlève l'auditoire avec ses chansons : Dans la lune et Je suis rosière. Les frères Joudet, équilibristes-contorsionistes, Pantzer, acrobates, et Leitner; hercule, sont des numéros de premier choix. La pantomime : La Fin d'un monde, esl un spectable fort divertissant et qui plaît I coup aux amateurs de la plastique.

. I voulait. M. Marcel Legay ch ence si personnelle :J'avt l ■ j eux

m repris une de ses bonnes chansons : / ne femme co \ citer encore : La Muette, par

M. Blondel,* Le panache de la martèe, par Mlle Paulucette; L'épaule à Paula, par M lit- I >.- m*ll > , et Nos aentillei /.<, par Mlle s. uni I

l > < !hbsnay.

Epoque. — Cocher, Boulevard 1 chats, i.-i en plein succès. Samson et Dalila, la parodie en vers de M.Sérard produit beaucoup d'< Toiib nos compliments au ppiriluei comique, "M. Sérard; à l'amusant compère, M. Gourville, à la joyeuse commère, Mlle N >' ■ - DÎ rmine,

Derina et Grandier, qui ont fait de celle revue un Buccès qui parait devoir lenir longtemps l'affiche.

!.. Brunet.

Cigale. — Rentrée de Mine Eugénie Ballet ilans le répertoire de Bruant. Nous avons déjà parlé des unanimes bravos qui ont signalé les débuts encore récents de cette remarquable artiste; mais nous avons si rarement, au concert, l'occasion d'applaudir à un succès d'aussi bon aloi, où la valeur personnelle de l'œuvre s'unit à l'intelligence de l'interprétation, que c'est pour nous un double plaisir de constater l'accueil enthousiaste fait par le public au poète et à son interprète. La mise a la scène des types-femmes de Bruant, dans tout leur réalisme, était une tentative hardie ; Mme Buffet l'a fort crânement tentée et, qui plus est, a su, par la juste mesure de sa diction et son souci de l'absolue vérité, la faire accepter du public. Il convient de l'en féliciter. Mines Nita Darbel (Si tu savais ma chère, la Lettre de Finette) et Grillon (le Retour au nid et Menuet d'amour), toutes deux parfaites de diction dans deux genres très opposés, recueillent leur moisson habituelle de bravos. Signalons Mlle Cernay qui détaille gentiment la Clairette. L)u côté des hommes : Baldy, toujours amusant dans Ratafia et la Rouquine : Maader, rayonnant de grosse gaité dans Duguignon et Un homme violent, et enfin Grandval qui se fait applaudir avec les Héritiers, une chanson d'un esprit très mordant sur une musique originale. N'oublions pas le duo Desroches - Bouffe, bien accueilli du public malgré le peu de variété du programme. Le spectacle se termine par le Seraient d'Horace, fort lestement enlevé. En répétition uns revue la Cigale ayant chante'... dont on dit merveille. Ch. Dartemps.

Concert Parisien. — Que puis-je dire de plus que la dernière fois, sinon que Mmes Kervilly, .Renée d'Antin et Debouatry sont accueillies très favorablement du public, pour la façon gentillette dont elles interprètent les divers morceaux de leur répertoire. Naya obtient un grand succès dans ses dernières créations. MM. Charlus, fait montre d'un grand talent d'imitateur ; Yelly chante une chanson très bien faite, intitulée : Assez de Gigolettes, et Chambot est très applaudi après avoir lancé le Marchand de chiens et Les Plumes de Paon La revue Cligne en haut! Cligne en bas! nous procure le plaisir d'entendre Yvette Guilbert dans Miss \ aléry où elle personnifie d'une façon tout à fait remarquable le type de la gouvernante anglaise. Léo Denis.

Eldorado. — Cette semaine, le programme a subi d'heureuses modifications. A noter tout particulièrement, un délicieux duo Achetez nos bouquets ! qui permet à Mmes Lamy et Tarno de marier très agréablement leurs charmantes voix ; déjà nous avions eu, l'année dernière, le plaisir d'applaudir Mlle Lamy dans ce joli duo. M. Yaunel dit avec beaucoup d'art : Le Régiment, et Mme Dufay très agréablement La flûte au trombone. M# Plébins dit très cocassement Sx le gou-

Européen. — Les représentations de Ouah, h, Uuah!! se poursuivent sans que la direction ait même besoin de corser l'affiche par d

nouvelles, Bien que la partie de concert soit fi ment écourlée, on ne regrette pas d'arriver de bonne heure pour l'entendre. Mme Fonty a une façon très piquante de lancer son Tha ma ra boun.... , et dit fort joliment Les Vierges. Pauline Blé fait valoir la romance, elle est fort applaudie dans Si tu m'aimais. .Mme Mazedier est en train de se faire une réputation dans ses chansons de ' filles » qu'elle chante en costume ad hoc avec accroche- cœurs el tablier de cotonnade. Mentionnons aussi la jolie voix et le frais minois de Mine Rosetti et la gracieuse romance de MmeDelevêqne ./'veux des baisers. Kmilien dans Le Bal à l'Hôtel de Ville; Hyacinthe dans La Marche des 'patrons soulèvent les rires des spectateurs que Léo tfert fait passer du plaisant au sévère en chantant avec le talent que l'on sait : La Terre et La Glu. Delacroix ténorise gentiment Pour 'plaire aux femmes et Gharley dit Continuez. G. feelm, qui ne se contente pas de ses lauriers de régisseur-administrateur continue le répertoire de Bruant et nous adonné cette semaine avec un grand sentiment artistique la chanson d'un réalisme poignant A Biribi.

A. Brisson.

Fantaisies-Nouvelles. — La charmante Sylvia se fait bisser chaque soir dans <Si vous le vouliez et la Femme du pécheur. La Femme du colonel permet à Dattigny de se faire applaudir. Mlle Myras, en racontant une Aventure champêtre, est excellente, de même que Mlle S. Bloch qui tient un succès avec Fille d'Eve. On peut venir me chercher, nous dit France, et Christiane ajoute gentiment Sur la scène. Mlles D.Simon et Château chantent savamment : le Duo de la Petite mariée. Le comique Bouton est étourdissant En plantant des poireaux, et récolte ainsi des bravos. L'élégant Cavally dit fort bien la Sérénade de François. Citons aussi M. Moricey, les Histoires du régiment, et Mlle Siana, Je serai bien gentille avec toi. — Un malade au mois, vaudeville très bien interprété, fait apprécier l'amusant Raymond et l'habile Yictor Karl.

Jeax Ben.

Moulin Rouge. — Grand succès pour les Forestino, virtuoses espagnols. Mlle Mathilde Sarra, une fine diseuse, sait toujours se faire applaudir ; elle dit à la perfection : Les Hommes raffolent de ça. Mlle Berthe Stoldy est en progrès ; travestie en bébé, elle chante gentiment : Mais oui, maman. Chevalier, le « grrand chevalier » est désopilant dans les Pièces populaires et Saute au Pain. Gonin, danseur comique, est inimitable, dans ses différentes transformations N'oublions pas de citer encore : M. Martin, chanteur tyrolien, doué d'une voix agréable. Mlle Camille Roman, amusante dans la chansonnette '.Nicolas et Toi non. Mlle Melry, qui dit avec verve et malien ;

Saint- Flageolet el les J istes. enfin

Hamrys, duettistes instrumentistes, Adam > i M iss Barah, gymnastes américains.

M \XIMK Rooj !..

Paris-Concert — Dans la revue « 1900 • il vient d'être ajouté deux Bcénes nouvelles : Les Cochers de fiacres,Kqai n'esl qu'un éclat de rire, el La Légion étrangère; prochainement La D< serpentin line, d'un n jure.

Ch. B.

Scala. — Il est juste de féliciter M. Brigiiano i l'a voir su grouper une troupe de cette valeur, homogène, et se sentant bien [es coudes : c'est une des meilleurs que je connaisse. Dès les premiers tours, les artistes valent la peine d'être entendus.

sont : l'immense Lecourt, la pétulante Laroche, la vive et charmante Blanche Raymond, etc.; il n'y a pas vingt-cinq minutes que le rideau est

que les amateurs reprennent, en chœur refrains populaires de Mlle Blockette, « les plus

■■s cuisses de la Scala • d'après le Gil-ttlas. On n'a donc pas à craindre la pénible audition d'artistes ennuyeux; le public le sait bien, car la salle s'emplit des l'ouverture des portes J'arrive tous les samedis à huit heures, et les petites places sont déjà presque toutes garnies. Les loges et les fauteuils ne sont occupés que beaucoup plus tard : gilets à cœur et horizontales arrivent à peine à temps pour applaudir, la jolie Paula Brébion et l'élégante Valti. O'esl surtout dans les pièces que l'on peut apprécier la valeur de la troupe de la Scala. Les artistes ont de la verve.de l'entrain et, généralement, sont heureux, de créer autre chose que quelques coi mt presque tous ca-

pables de creuse]- un rôle e1 de Taire vivre un personnage. Voici, par exemple. Cambriolons, la vue de MM. Battaille et Sermet; il est certain que l'interprétation est aujourd'hui excellente. « C'est tondu », comme nous disons en argot de théâtre, et les artistes font rire, même en des scènes qui ni- sont point d'un comique irrésistible. La palme, sans conteste, revient décidément à Mme Bloch et à MM. Libert et Maurel. M. Battaille est d'un comique froid bien amusant. Pierre Tré/.el.

PROVINCE

Douai. — Le Mirliton est en vente chez M. Vaque!, rue du Cloître-Saint-Pierre — Eden-Concert. — Le public afilue dans le coquet établissement de M. Gaddifert. On applaudit à outrance Duhamel et ses Fantoches; et le petit Fernand, tout à l'ait amusant dans ses paulussonneries. Mlle Régina Delattre, recueille une moisson de bravos dans Yedda la Japonaise. Mlle Jeannety est gentillette. Mme Marcelle Du val, minaude un peu trop peut-être, Je suis câline. — Très prochainement transformation et débuts de l'orchestre des Dames françaises sous la direction de Lena Forgues. Toujouis applaudi le sympathique chef d'orchestre Switten.

Atcazar. — Adieux de la pétulante Carmen Costa; et débuts de deux amusants clowns musicaux; Fernandez a toujours un succès monstre avec La Légion étrangère et Dupont et Dubois. Maria Moureaux etjMathilde Lefèvre, s'en tiennent un peu trop au vieux répertoire. Pierke Pai l.

Le Havre. — Le Mirliton est en vente chez M. Tenaillon, 'J<>. rue de la Bourse. — Folies-Bergère. —La revue CM .' aïe-aïe continue chaque soir a recueillir de nombreux bravos. Les interprètes y mettent toute leur fougue. Compliments à Mmes Genève, Delagarde, Monligny, Duprat et toute une série de charmantes chanteuses et figurantes et à MM. Milcamps, Morand, Dalville, etc., etc. Le couple Nerson-Petit, les duettistes lin de siècle dans leur ré-

pertoire, a donné un regain de succès et chaque soir, nombreux rappels, après Romance populaire, Xilophomanie, Marée ba ■ / n Quiproquo,Conseils d'un p re ou M. >t Mme Ramotlot, etc., pte La revue marchera aisément jusqu'à la cinquantième.

Casino Marie-Christine. - Saison d'hiver. I que d manche matinée dansante qui réunit tout le High-Life havrais.

Casino Frascati. - Saison d'hiver. Dimanche matinée dansante fort anim

Moulin Rouge.— Cette semaine, adieux deAlbany-Coussioet et de Miss Stella, listes

a distance qui ont eu heauroup de lieux

de Stiev-Nard, le ventriloque ; de M. et Mme Villarmé, le couple danseur et chanteur, et de M. Dumoraize. < »n annonce les dehuis du quatuor Toulonsain, les Graveline, Pipos et Aedy, clowns, de Mile A. Larrive, de M. Adam, de Mlle Thomés. Les tes ont élé remplacés par un orchestre autrichien composé de dix daines; tous les samedis, bal liai'-, masqué et travesti.

Scala. — Continuation des représentations de Céline Dumont, la comique excentrique qui y ohtient de vifs app audissements, .surtout dans La Danse serpentine ; c'est la nouveauté du moment.

Emile Peh.

Lyon. — Casino. — La revue ohtient toujours un véritable succès et la partie de concert est très bien conduite par Mlles Morency, ie Diable au vert; Grasside, les Emballeurs; Myrianne, Au Bal de l'atiibassadc; Weill, Nerveuse; MM. Delsol, A Biribi ; Dharvier, Chacun son cochon ; Bourgery, la Noce à Ferdinand ; Henry, /'A'/<fani russe et Chante paysan; Gaspard-Néva, Voyage ministériel; Mmes Bassy Favart, ïsaye, MM. Brunw et Favart ne font ]'as leur tour de chant pendant la durée de la revue, et ce aux regrets du public qui sait apprécier ces excellents artistes. Impérial russe est le grand snocès de l'orchestre. ~ Don José.

Scala. — Françoise les bas bleus est jouée supérieurement et promet de nombreuses représentations. Dans la partie de concert, il faut citer : Mme Edgard, Menuet d'amour: Mlle Leturc, Il pleut des caresses; Mlle Myrris, Fauvre Zxzi ; Mme Bonelli, Près de l'Ecole militaire; Mlle Michelette, Mon charbougnat. Bravo également à MM. Amelet, Le beau chef de musique; Edgard, dans ses monologues; Marien, Lorsque j'étais petit; Ganivet 11, tordant dans son chef d'orchestre; Garapon, Etudiants-marche; MM. Clément et Gonnet. Débuts des célèbres uni-jambistes Donatos, de M. Harbeck, contorsionniste. et de Miss Ketty (travail sur le til de fer).

Don Pedro.

Marseille. — Le Mirliton est en vente au kiosque Dumont. rue de Noailles et rue des Récolets. — Palais de Cristal. — Grand, très grand succès de Michel Strogoff, la magnifique pantomime tirée de l'œuvre de Jules Verne,- en voilà pour trente représentations. Rheyal, dans son imitation parfaite d'Aristide Bruant se fait rappeler plusieurs fois; le comique Perrand, dans te Carde champêtre } l'ait littéralement tordre la salle. Très applaudies Cécile D'Aseo dans les Caresses, Mlle Aveline, les Manifestants, et Riche mond, la Marchande de faux appas. Adieux des Petits Montagnards après un mois de succès consécutifs. Débuts annoncés de : Mlle Bell y, genre: de Tom Aldow et de Miss Théo, clown electriqu< ; de ROSCO et de ses COChOUS savants, tous ente Richaud «le Marseille.

Atcazar. — La revue Allons-y tient toujours le programme. Succès de Belloni el eus.

Débuts annoncés de Mme Doria, romancière. , i de Jacques lnaudi. ARMAND Dm

Toulouse. — Le Mirliton est en vente au kiosque Ancettr*, — Casino musical. — Notre troupe

actuelle est de premier ordre. Aussi chaque [le (je ia ,,!..„■,• Lafayette ne désemplitelle

Le public appl md ; el leur ane i ;am-

que : d( - leur apparition c'est un succès de fou rtre.Pui's viennent les frères LLopp, dans leur travail aérien el leur création le Pont cassé; c est un ouméro merveilleux <1<' force, d'audace el d'ar

Rheyal entre en bci nous fait entendre les œuvres d'Aristide Bruant. Rheyal, vêtu comme Le chansonnier populaire, de lui une imitation par- : physionomie, diction, gestes, c'est à s'y méprendre et c'est un véritable triomphe pour auteur et interprète : nous n'avons qu'un regret, de le voir partir bientôt car il se rend à Marseille ou un brilant engagement l'appelle au l'alais de Cristal. La troupe féminine à comme vedette Mlle Deferville qui possède une voix fraîche et une excellente diction. Daval.

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Sous ce titre, le Mirliton publie:

Les Demandes et Offres d'Emploi

Ces demandes devront lui parvenir au plus tard le lundi matin de chaque semaine, et il y aura lieu de joindre, au texte envoyé, un bon de poste établi d'après les conditions ci-dessous:

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Candeur (1)

Monseigneur de Clernont donna aux époux la bénédiction nuptiale dans la petite chapelle du château. Au cours d'une paternelle allocution, il appela Geneviève « Vase d'élection» «Tour d'ivoire >/, et il sut glisser, à l'adresse de M. de Matillon, les plus délicates flatteries.

Le Premier-Président rayonnait.

Tout seul, dissimulé derrière un pilier, en grande tenue, Raoul était pâle. — 11 eût donné les millions de son père pour ctre assis là-bas, en face de l'autel... à la place de ce vieux.

La cérémonie prit fin.

A deux pas de lui, tandis que les cloches sonnaient à pleine volée, que dehors, les coups de feu des paysans suluaient joyeus.mcnt les nouveaux époux, Geneviève passa au bras de son mari.

Elles'avançait lentement, les yeux noyés, l'air heureux... pourtant, quand son regard humide vint croiser celui de son cousin, un éclair jaillit et le même petit pli énigmatique apparut au coin de sa bouche.

Elle eut pour lui une parole aimable, quand il vint, à son tour, la saluer.

— J'espère bien que le frère de Geneviève de Réjaumont n'oubliera pas la présidente de Matillon.

— Je m'unis à la comtesse, monsieur Senères, ajouta aussitôt le Président, et je serai trop heureux si vous daignez m'accorder un peu de l'amitié que vous avez pour elle.

Et Raoul s'était incliné sans répondre.

Il y eut une grande réception, le soir, au château de Lierrevant. Toute la noblesse de l'Auvergne était là. L- s grilles avaient été ouvertes et tandis que les nobles invités remplissaient 1 s salons, dehors, sur les pelousses, des bals s'organisaient. Un dansait aux sons nasillards de la musette les traditionnelles bourrées.

Sous les charmilles, des tonneaux dé foncés, de longues tables où «hacun pouvait s'asseoir et toutes chargées de victuailles.

Quand la nuit vint, le parc s'illumina; aux branches des arbres se balançaient des lanternes aux mille couleurs, pendant que le château profilait sur le ciel sombre sa haute silhouette, percée à jour pa les fenêtres étincelantes, derrière lesquelles s'aeitaient des ombres.

Admirablement parée, Geneviève semblait une fée, au milieu de ce merveilleux décor. On exhuma les vieux pas et jus-

(i) Extrait de " Le Beau Monde " par Oscar Méténier, i volume, chez Charpentier et Fasquelle, éditeurs, il, rue de Grenelle, Taris.

qu'à la douairière de Réjaumont qui dansa le menuet.

M de Matillon, qui redoutait ses rhumatismes, se retrancha derrière la gravité professionnelle à laquelle il était forcé et put ainsi échapper aux obsessions chorégraphiques dont il fut l'objet.

M. de Lierrevant-Mantès voulut prouver que les lions d'autrefois valaient bien les gommeux d'aujourd'hui, mais il dut s'arrêter, essoufflé au milieu d'une figure de quadrille.

— C'est... c'est l'émotion ! fit-il, mais personne ne s'y laissa prendre.

On joua une valse.

Raoul prit son courage à deux mains. Il alla rappeler à sa cousine sa promesse.

— Je vous attendais! fit-elle simplement avec son éternel et singulier sourire.

Elle s'abandonna au bras de son cousin qui frissonnait en entourant de son bras cette taille souple et fine qui eût tenu dans ses deux mains.

Parfois les cheveux de la jeune fe nme venaient caresser son visage et alors, pris d'éblouissements, il se sentait défaillir. Il voulait parler, ne trouvait rien à dire.

Les dernières mesures se firent entendre.

Le tourbillon fou s'arrêta.

Il reconduisit à sa place madame de Matillon.

Au moment où, s'inclinant devant elle, il allait la remercier :

— Dans un quart d'heure à la grotte du Calvaire! fit-elle, trouvez-vous-y !

La parole expira sur les lèvres de Raoul .

— Dans un quart d'heure! A la grotte du Calvaire! Un rendez-vous! Et c'était Geneviève, la pure Geneviève, ou plutôt madame de Matillon, qui le lui donnait, à dix heures du soir, à lui Raoul!

Il rêvait!

— C'est entendu, n'est-ce pas?

Et Geneviève ouvrant un grand éventail de nacre, à plumes d'autruche, répondit par un gracieux salut au salut muet que lui adressait le lieutenant Senères.

Sans dire un mot, sans pensés, ce qu'il venait d'entendre lui semblant inexplicable, Raoul descendit le perron du château.

L'air lui fit du bien.

Il passa la main sur son front baigné de sueur.

— Je ne rêve pas pourtant!... Elle n'a pas réfléchi aux conséquences d'un pareil acte! Ses intentions sont droites, évidemment... mais si on la voyait... si on la suivait... ne serait-il pas de mon devoir de...? Le jour de son mariage!... Tant pis. allons!

Et Raoul se dirigea vers la grotte.

Tout au fond du parc, au sommet d'un monticule, la piété de3 ducs de Lierrevant- Mantès avait érigé un Calvaire, sous lequel on avait fort artistement tiré parti d'une sorte de caverne naturelle.

Que de fois, sous l'œil de leurs bonnes, Raoul et Geneviève, enfants, n'avaient-ils pas joué là, à l'abri des rayons du soleil!

Le jeune officier s'assit sur un banc de gazon, attendant.

Les échos Je la fîte venaient jusqu'à lui à (.rayera les arbres du parc, le château semblait flamber.

Onze heures sonnaient quand une forme blanche se dressa tout à coup devant lui.

— Geneviève ! s'écria-t-il en courant à la jeune femme, quelle imprudence!

Subitement, il sentit deux bras se nouer autour de son cou, tandis que deux lèvres brûlantes venaient s'appuyer contre les siennes.

— Geneviève! répéta Raoul, stupéfait.

— Enfin, je suis à toi!

Et tous deux, frémissants, tombèrent assis sur le banc de gazon.

— Mais... votre mari?

Madame de Matillon se releva, altière, et désignant de la main les fenêtres enflammées du château :

— Ne f a 1 1 2 i - i 1 pas un père à nos enfants?

Oscar Méténier.

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