‹ Le miroir de la vie (volume 4)Chapitre 4 sur 42 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

où les périodes de paix farenl les plus longues et ou la guerre, au lieu d'être à l'état endémique, devint un accident. « Dis-moi quel est ton rêve et je te dirai quelle est ta vie », peut être une formule philosophique aussi juste que toute autre, mais à la condition qu'il soit entendu qu'on juge des deux par antithèse et que les œuvres où les meilleurs d'entre nous mirent leur rêve expriment précisément ce qu'ils trouvaient le moins dans leur vie.

Ce qui garde, malgré tout, à ces visions ou à ces rêves une valeur historique, c'est quils ne furent pas ceux des seuls artistes et qu'ils échappent, en leurs plus vivantes expressions, à tout ce que V histoire nous raconte des lois, des règlements, des inspirations de leurs patrons ou de leurs protecteurs. L'art n est pas seulement universel par son objet : il lest encore par ses sources. Il ne montre pas seulement mieux la vie universelle d'un temps : il révèle mieux l'universalité des sentiments de ce temps. Par là, il nous touche. Désirs des peuples, rêves des aïeux inconnus, chimères de ces millions d'êtres qui ont cheminé silencieux de la naissance à la mort, idéals obscurs des foules endormies sans avoir tracé un mot qui les exprime, seul l'artiste les a balbutiés dans sa langue mystérieuse et passionnée. De profundis clamavit... Ce qui lui fut imposé d'attitudes ou de sentiments par ses prolecteurs ou ses maîtres, est froid et mort. Cela tombe, tout le long des siècles, comme des fruits flétris, Ce qu'il a senti, avec le cœur de toute sa race, ce qu'il a dit non parce qu'il fallait le dire, mais parce qu'il ne pouvait plus le

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