‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 100 sur 105 · LE CLOITRE · texte numérisé non relu

LE CLOITRE

Jadis, quelque rustique et pieux jardinier, Bêche en main, au soleil inclinant sa tonsure, A décoré de fleurs et planté de verdure Ce doux jardin qu'enclôt le cloître familier.

Depuis, enguirlandant l'arcade et le pilier, A l'abri du vent brusque et de la bise dure, Du parterre natal jusques à la voussure, A grimpé le lierre et grandi le rosier.

Mon amour est pareil au jardin de ce cloître Sûliîaire où le temps, qui détruit tout, fait croître Plus vivace la fleur et plus fort le rameau,

Car, à chaque printemps, je vois ma vie éclose,

En son même parfum éternel et nouveau,

xVu rosier plus nombreux, d'une plus haute rose.

LE MIROm DES !;EJt\E3

PARVA DO:,IUS

à M. Gabriel Hanotaux.

Ami, votre maison domine la vallée.

Au flanc du coteau vert elle est plaisante à voir Près de son rocher creux où fut le vieux pressoir Qui lui donna le nom dont elle est appelée.

J'aime son salon clair et sa salle dallée

Où le losang-e alterne au carreau, blanc et noir,

Et sa terrasse bonne à s'y venir asseoir

Du matin vaporeux à la nuit étoilée.

Fidèle au coin de terre où sont nés vos aïeux, Devant cet horizon familier à vos yeux, Vous cueillez doucement les grappes de la vie;

Heureux celui qui peut, comme vous, de son seuil, Respirer l'air de France avec un fier orgueil Et 1 aimer mieux encor de l'avoir bien servie!

LK MÉDAII.Iir.n Sl3

Page 1