‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 12 sur 105 · L'ESPOIR SUPRÊME · texte numérisé non relu

L'ESPOIR SUPRÊME

Qu'importe si la tombe à présent où tu dors

Et qui ne fait de toi qu'un mort d'entre les morts

N'arrête point les pas de la foule rapide

Par son urne pompeuse ou par sa pyramide,

Et si son marbre dur ou son solide airain

N'attire pas les yeux du passant incertain

Et de ceux qui, devant les grandes destinées.

Courbent pieusement leurs têtes inclinées !

Que d'autres, pour montrer leur faste ou leur orgueil,

LE MiaOIH DES HEURES 4^

Sur leur cendre avec soin scellent des blocs de deuil,

Ne te suffit-il pas, à toi, que tu reposes

Sous ce cyprès aig-u qu'enlacent quelques roses?

Et, si nul ne s'attarde autour de ton tombeau.

N'est-ce donc pas assez qu'il y chante un oiseau ?

Et, si même, en un jour futur, de l'humble pierre,

Que rongera la mousse et couvrira le lierre.

Ton nom s'efface, eh bien ! que t'importe, pourvu

Que l'ombre de l'amour y pose son pied nu I

4a LE MIROIR DES HEURES

Page 1