‹ Le miroir des joursChapitre 107 sur 120 · LE MEILLEUR DE NOUS · texte numérisé non relu

LE MEILLEUR DE NOUS

Nous avons tous au coeur des désirs retenus Que la plus clairvoyante amitié ne devine ; L'un à l'autre, à demi, nous restons inconnus ; Notre âme n'est pas toute ainsi qu'on l'imagine.

Un grand secret intime existe au fond de nous, Sans cesse inexprimé, profond comme un mystère ; Même l'émotion qui nous jette à genoux N'arrache son énigme au coeur involontaire.

iB sentiment expire en mots insuffisants, i& passion bégaie et se formule à peine, It la sincérité des efforts impuissants :,end plus mystérieuse encore l'âme humaine.

]n vain regardons -nous dans l'infini des yeux ja petite lueur claire comme une étoile : j'étoile ne dit pas l'inunensité des cieux ; *ar le regard trop r>eu de l'être se dévoile.

Tos mouvements cachés sont souvent les plus beaux ; Tous nous ignorons tant pour pouvoir nous comprendre 1 et c'est pour cette part du coeur à moitié clos, !?*eut-être, qu'on nous eût aimés d'amour plus tendre...

PUEETE

La pureté fragile est le don le plus beau.

Le regard des petits en répand la lumière.

Oh ! comme l'homme est triste et se sent l'âme amère

D'avoir un jour soufflé l'intérieur flambeau !

Pas plus qu'un astre éteint, il ne luit de nouveau ; Une première fois, il meurt : c'est la dernière ! Pleurez la flamme morte à jamais, tout entière I Pleurez sur votre coeur sombre jusqu'au tombeau î

Tout sera désormais pareil à vos pensées Par l'infernal esprit sans cesse caressées, Et vous croirez chacun pervers autant que vous I

Car vos yeux ne verront qu'à travers la souillure, — Double et claire beauté, mais à voti'e âme obscure, — La jeune mère chaste et la vierge à genoux. . .

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