‹ Le miroir des joursChapitre 18 sur 120 · MUSIQUE DANS LA NUIT · texte numérisé non relu

MUSIQUE DANS LA NUIT

Tout ce que la musique au coeur sensible inspire Avec les mots trop lourds ne se peut jamais dire. Qui traduira l'émoi que les fins violons, Sous le magique archet aux rythmes lents et longs, Font naître dans le coeur que la souffrance incline t L'accord s'enfonce ainsi qu'une subtile épine, Ou caresse pareil à de chers doigts frôleurs, Et quand la passion s'exprime par des pleurs, Sanglote, se lamente, impérieuse et forte, [transporte / Ooumie un grand vent nous souffle en l'âme et nous

Et l'on sent, angoissés, frissonnants et nerveux, Monter subitement des larmes dans nos yeux . .

C'est une voix étrange et lointaine que celle

Qui chante humainement en toi, violoncelle.

Qui tremble, sourde et douce, et vibre longuement

Et qui ne paraît pas venir d'un instrument !

Claire et voilée, intime et large, elle ressemble

Aux arbres des forêts qui murmurent ensemble

Et qui, mêlant leurs bras et leurs voix sous les cieux.

Font un grand bruit ému qui monte harmonieux !

Son accord vaste et doux emprisonne l'espace ;

Toute la profondeur est dans sa note basse ;

Et toute la tendresse et la suavité, —

Brises de mai, ruisseaux errants, soupirs de femme, —

Passent comme un bonheur fragile dans notre &me,

Lorsque la corde claire et sonore a chanté !

Ll MIROIR DES JOURS

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