‹ Le miroir des joursChapitre 8 sur 120 · LE DIMANCHE · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE

C'est dimanche, et voyez !

Dans la prairie en fleurs Butine activement l'abeille diligente !

L'incrédule ruisseau dont le flot bleu s'argente Abreuve encore l'herbe et les merles aiffleurs !

Iimatiable, au ciel tiède et pur, l'iiirondelle, DédaigneuHe de Dieu, poursuit les moucherons ! Et les arbres, bernant au vent leurs larges fronts, Continuent d'enrichir leur frondaison nouvelle I

Les oiseaux — e^ païens gentils — tressent leurs nids Et pondent sans repos de petits oeufs fragiles ! Et les brises de mai qui passent sur les villes Ont des frémissements de fraîcheur impunis I

C'est dimanche. Au pignon la girouette tourne

Comme un jour de semaine ordinaire, et l'on voit

A la fontaine un chien libre-penseur qui boit !

Et des hommes méchants font du pain, qu'on enfourne !

L'eau coule, l'herbe pousse, et la sève au tronc vieux Monte, et l'amour, dans l'ombre, ainsi qu'hier, tressaille ! L'horloge va son train et la terre travaille ! C'est dimanche, et la fleur fleurit !

— C'est scandaleux !

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