EN MARGE DE VERLAINE
Bercé par la chanson troublante de Verlaine,
3ui soupire, se plaint de vivre et rit à peine,
3t désespérément, des larmes plein la voix,
3e souvient des beaux jours candides d'autrefois,
Regrette ses péchés charnels, allume uu cierge,
Brûle un sonnet aux pieds de la très sainte Vierge,
St supplie à genoux, doigts joints, la Trinité
D'exorciser son coeur par le mal habité,
Et qui, faible de chair, à la première embûche, —
Robe pâle, dans l'ombre, — hésite, va, trébuche
Et tombe, — par un soir de lune merveilleux
Oii montent des parfums de jardin vers les cieux ;
— Verlaine, ta chanson n'est pas toujours la bonne, Me disais-je ; pourtant, je l'aime et j'en frissonne ! Ta Muse a passé trop de nuits aux cabarets, Elle en a dit bien tard ses immortels regrets, Et si le temps sur ses souillures jette un voile, Elle porte sa honte au front, — comme une étoile !
A LOUIS FRECHETTE
Sur une traduction qu'il avait faite d'un poème anglais.
Comme vous maniez le dur alexandrin, Maître ! Grand forgeron, dites, sur quelle enclume, Avec le merveilleux marteau de votre plume. Forgez-vous ces beaux vers souples, quoique d'airain T
Sans doute que Ronsard, l'ouvrier souverain. Lorsque pour le labeur sacré le feu s'allume. Sourit à votre tâche où l'effort se résume. Façonnant le métal d'intelligence empreint, . .
Maître, apprenti de l'Art, — si long pour si peu d'âge, — Moi qui n'ai pas la force ardente et le courage, Je tomberai peut-être au milieu du sentier ;
Mais pendant que je marche, alerte, dans l'aurore, Je saisis votre main que le prestige honore : Apprenez-moi comment on apprend son métier.