‹ Le miroir des jours [microforme]Chapitre 22 sur 125 · DORMEZ · texte numérisé non relu

DORMEZ

Dormez. Dans l’ombre vaste où rôde le vent frais, Le feuillage murmure en un bruit de marée ; L'espace est plein de lune et la nuit est sacrée.

Dormez comme ceux-l} qui dorment pour jamais !

Vous appeliez l'oubli : voici l'heure propice ; La grande paix descend pour habiter en vous.

Dormez suavement, comme les enfants doux

Qui sourient quand la nuit sur leurs fronts pâles glisse.

Dormez, vous que la vie affreuse a tourmentés, Ou que le sort fatigue infiniment et blesse ; Ah ! laissez s’assoupir enfin votre faiblesse

* Et reposer un peu vos esprits agités !

Dormez ; la nuit est bonne, Ô mortels misérables ! 4 Dormez ; l’aube viendra vous éveiller trop tôt ! Trop tôt, vous reprendrez la plume ou le marteau,

Et sous l’aiguillon d’or des rayons implacables

Vous maudirez l’azur ardent du jour si beau !

Page 1