CHARME DANGEREUX
Le charme dangereux de la mort est en toi,
Automne, on le respire en ton souffle, on le bcit.
Tu fais le ciel couleur de cendre et de fumée,
Et ton ombre est si douce, ô saison bien-aimée,
ue dès qu’elle a touché, pâle encor, notre seuil » pa , ,
| L'âme faible s’y couche ainsi qu’en un cercueil.
Elle entend s'élever tes plaintes à nos portes
Dans le frémissement soyeux des feuilles mortes ;
Elle sait que les yeux des astres sont fermés,
Que les ardents parfums des fleurs se sont calmés,
EE Que tout se Lacifie et s’endort et se penche,
Que du soir désolé Ja tristesse s’épanche.… hors Un grand désir d’absence et de détachement,
Un voeu profond de n’être plus, infiniment, S’emparent bientôt d’elle, et c’est ta faute,
Atomne, Qui la berces d’un chant funèbre et monotone ! li Ta voix Mmagicienne enchante et fait mourir : :
Les lys l’ont écoutée : ils se sont vus flétrir :
Elle est belle et pareille à de beaux Yeux de femme :
Volapté du regord, hélas ! malheur de l’âme ! Voix de sirène blanche en l’écume des flots,
Dont l’accent merveilleux, trompant les matelots, Promet lenivrement Suprâme et le délice
Et dont le Charme traître à l’abîme les glisse...
saison funeste et pleine de iangueur, Adorant la beauté fine de tes
Aussi,
nuances,
Mais, comme un doux poison, craignant tes influences,
Je te garde mes Yeux et te reprends mon coeur !