‹ Le miroir des jours [microforme]Chapitre 54 sur 125 · VERS SECRETS · texte numérisé non relu

VERS SECRETS

J'improvise ces vers mystérieux pour une

Qui rayonne de grâce et de blanche beauté, Dont le regard semble un crépuseule d'été Qui se meurt lentement par un lever de lune.

Je ne sais pas pourquoi je lui donne ces vers. Je vois dans ma pensée éclore son sourire,

Et l'instant recueilli me contraint de l'écrire :

Je l’écris, et son âme apparaît au travers.

En

Qté :

Personne ne saura celle que je célèbre.

Ces vers conserveront le charme d’un secret.

Son image est au fond de moi, comme un portrait

Dans un salon fermé que le soir enténèbre.

Car c’est un ineffable et familier plaisir

Pour le poète doux d'admirer en lui-même, Pieusement, les yeux adorables qu’il aime,

Comme on contemple un ciel lointain, sans un désir.

Qu’est la nuit comparée à l’ombre intérieure, Asile inviolable où des fantômes blancs Marchent mystérieux et pâles, à pas lents,—

Où parfois, dans le noir silence, une voix pleure ?

Maïs vous à qui je songe en rêvant de beauté Sous l’azur dont s'empare à présent la nuit brune, Vous passez en mon ombre ainsi qu’un clair de lune Baignant de son argent fluide un soir d'été...

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