‹ Le miroir des jours [microforme]Chapitre 56 sur 125 · EXALTATION · texte numérisé non relu

EXALTATION

Moi qui n’ai pas le goût du laurier triomphal

Qui suscite le dur égoïsme des luttes :

Moi dont l’ambition meurt aux refrains des flûtes Et du violon musical ;

J'ai plus que le désir d’une éternelle gloire,

Plus que le rêve fier d’un renom souverain :

J’aspire à quelque chose idéal et divin,

Sublime, et peut-être illusoire...

Hi À RU a BU M

Si vous m’aimiez !... Je sais : je ne mérite pas

Que votre pur amour se choisisse mon âme ;

Il est des coeurs plus beaux,... mais aussi, chère femme, Moins doux que le mien dans vos bras !

Quelle grandeur, si vous m’aimiez, et quelle joie !

Quelle autre gloire affamerait mes désirs fous %

Dites, par votre bouche et vos yeux : M’aimez-vous ? Que je vous entende et vous voie !

Si le mot que j'attends sur vos lèvres chantait,

Je n’aurais rien de plus à demander au monde :

Je posséderais tout dans votre amour profonde ; Hors d’elle rien n’existerait !

Et je pourrais marcher le front clair chez les hommes, Hautain dans ma fortune, orgueilleux 4ans ma foi, Disant : S'il est ici quelqu’un plus haut que moi,

Plus fort et plus grand, qu’il se nomme !

CEE ee mue

Car vous me feriez grand, courageux, noble et fort Par la sainte vertu de votre amour insigne, Et de toute beauté vous me rendriez digne,

Et de tou» louange encor !

Femme pour qui J'écris ces mots de hardiesse, Le coeur tremblant et prêt à demander pardon, Si vous me dédaignez, ne me dites pas : Non!

Qui donc n’ose trop par tendresse ?

Et

Page 1