PRODIGALITE
J'ai dispersé mon coeur au gré des heures folles, Comme un millionnaire éparpille son or ; Ici, là, sans compter, j'ai semé mon trésor
Avec des gestes vrais et de tendres paroles.
Tout s’est anéanti pour de vaines Idoles ;
J'ai trop donné de moi pour qu’il en reste encor. Que de beaux sentiments dont je me sentais fort Gisent à leurs pieds purs, qui foulent des corolles !
Et je n’ai rien reçu d'elles, qui prirent tout | Fastueux comme un roi, prodigue comme un fou,
Je ne croyais jamais épuiser ma richesse !
Et maintenant, voulant reprendre un peu mon bien,—- Car le vide est amer et lourd que mon coeur laisse, — Avec regret, je cherche et ne retrouve rien !