CEL1MENE
Comment ?
PHILINTE
Oronte, et luy, se sont tantost brauez, Sur certains petits Vers, qu'il n'a pas approuuez; Et l'on veut assoupir la chose, en sa naissance.
ALCESTE
Moy, ie n'auray, iamais, de lâche Complaisance.
PHILINTE
Mais il faut suiure l'Ordre, allons, disposez-vous....
ALCESTE
Quel accommodement veut-on faire entre-nous ? La Voix de ces Messieurs, me condamnera-t'elle A trouuer bons les Vers qui font nostre Querelle ? le ne me dédis point de ce que i'en ay dit, le les trouue méchans.
PHILINTE
Mais d'vn plus doux Esprit...
ALCESTE
le n'en démordray point, les Vers sont exécrables.
PHILINTE
Vous deuez faire voir des Sentiments traitables ; Allons, venez.
ALCESTE
l'iray, mais rien n'aura pouuoir De me faire dédire.
PHIL INTE.
Allons vous faire voir.
ALCESTE
Hors qu'vn Commande ment exprés du Roy me vienne, De trouuer bons les Vers, dont on se met en peine, Je soûtiendray, toûjou rs, morbJeu,q u 'ils sont mauuais, Et qu'vn Homme est pendable, aprés les auoir faits.
A Clitandre et Acaste, qui rient.
Par la sangbleu, Messieurs, ie ne croyois pas estre Si plaisant que ie suis.
CELIMENE.
Allez viste parestre Où vous deuez.
ALCESTE
l'y vais, Madame, et, sur mes pas, le reuiens en ce Lieu, pour vüider nos Debats.
Fin du Second Acte.