‹ Le missionaire de l'oratoireChapitre 1 sur 85 · R. P. JEAN LE JEUNE · texte numérisé non relu

R. P. JEAN LE JEUNE

Par G-. RUBEN,

Docteur en Théologie, Prieur de Ville-Neuve.

Fuit homo missus à Deo , cui nomen erat Joannes. Hic venil in tcslimonium ut tcslimonium perhiberet de lumine; ut omnes crederent per illum.

Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui se nommait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière ; afin que tous crussent par lui.

(S.Jean, 1.)

Monseigneur,

Lorsque j'entreprends aujourd'hui , par Tordre exprès de Votre Grandeur, de faire l'éloge du R. Père Jean Le Jeune, prêtre de la Congrégation de l'Oratoire, je sens deux mouvements contraires, causés en moi par deux considérations bien différentes : l'une m'anime car c'est pour moi un grand avantage d'avoir à parler de cet

homme illustre en présence des témoins de ses vertus et de sa sainteté. L'autre me fait trembler quand j'entends dire au Prophète

qu'il n'appartient pas au pécheur de donner des louanges : Non est speciosa laus in ore peccatoris (Eccli. 15, 9). Néanmoins, la double obligation que j'ai et de rendre un devoir si légitime à celui qui m'a tenu lieu de père, et d'obéir, Monseigneur, en votre personne, à l'un des vicaires de Jésus-Christ, relève mon courage et me fait espérer un heureux succès dans une action qui est toute de piété et de justice. Mihi ergo omnium Sanctorum minimo data est gratia hœc evangelizare investi gab iles divitias Christi (Ad Ephes. 3, 8).

C'est en vérité une grande consolation pour moi de pouvoir vous dire avec saint Jean : « Nous vous annonçons ce que nous avons en- » tendu de nos oreilles, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que » nous avons touché de nos mains (L Epist. 1). Si les paroles me manquent, les faits parleront d'eux-mêmes, et je puis dire sans exagération, que si je me taisais, les pierres mêmes de cette église où il a fait la première et la plus célèbre mission de ce diocèse, crieraient

en ma place. Si hi tacuerint , lapides clamabunt (S. Luc. 49, 40) Je

ne garderai point, dans ce discours, d'autre ordre que celui des paroles de mon texte. Saint Thomas remarque (In Joan. i) que l'Evangéliste a renfermé dans ce peu de paroles, toutes les grandeurs du Précurseur : il y marque la condition de sa nature, fuit homo; son autorité, missus à Deo; sa capacité, cui nomen Joannes; la dignité de son ministère, hic venit in testimonium. Avec ce grand saint, pesons chacune de ces divines paroles, au poids du sanctuaire : Accipiamus sacram scripturarum stateram

Fuit : Nous ne verrons donc plus ce miracle de notre siècle ! Nous

iv Discours sur la vie et la mort

n'entendrons donc plus de cette bouche si sainte les paroles de vie qui ont sanctifié tant de peuples et converti tant de pécheurs!.... Notre Père, pourquoi nous avez-vous quittés? Qui nous fortifiera dans nos faiblesses? Ceux qui avaient le bonheur de vous voir, après avoir eu celui de vous entendre, trouvaient aplanis et agréables les chemins les plus raboteux; les plus faibles étaient fortifiés et les plus timides encouragés par votre exemple. Enfin, vous étiez notre guide et notre modèle, nous avions tout en vous possédant, et nous n'avons pu vous perdre sans perdre toutes choses avec vous : Omnia simul in te uno habentes. (Tob. 10, 5).

Homo; c'était un homme ! mais quel homme? Homo Dei; c'est ainsi que l'Apôtre nomme son cher disciple Timothée : Tu autemo' homo Dei (I. Tim. 6, 11). Un homme entièrement et parfaitement mort au péché, au monde et à lui-même, tout vide de cupidité et tout rempli de

charité. 11 n'avait de sentiments que pour les intérêts de Dieu lui

seul faisait ses douleurs et ses joies; on l'a souvent vu gémir et pleurer quand il entendait dire les outrages faits à Dieu : on ne l'a jamais vu

se réjouir que de l'établissement de sa gloire La devise de ce

saint homme a été celle de Moïse : Qui Domini est jungatur mecum' Que celui qui est à Dieu se joigne à moi, pour détruire les péchés et sauver les pécheurs! Voilà l'homme de Dieu, homo Dei! Vous l'avez vu, Messieurs, dans cette uniformité de vie qu'il employait quasi toute à prier et à prêcher ! Cinq et six heures d'oraison étaient trop peu avant sa prédication pour attirer l'esprit de componction sur ses auditeurs : aussi a-t-on vu des conversions admirables en tout temps, en tous lieux et en toutes manières; des villes entières pénitentes, des ennemis mortels réconciliés, des confréries établies, des monastères peuplés, les désordres publics arrêtés; et ce qui est plus rare et plus extraordinaire, des conversions de durée, des changements stables et des fruits permanents. Fructus vester maneat (Joan. 15, 16)..'...

Cet homme de Dieu ne pouvait souffrir, dans les missions, qu'on parlât d'autre chose que des affaires de Dieu ou qu'on exigeât de lui des visites, parce qu'il n'avait, disait-il, aucun'temps à perdre. C'est

pour cette raison qu'il se dérobait souvent et le repos et le repas

Vous savez, Monseigneur, avec quel soin il employa tous les moments dans les entretiens qu'il eut avec ceux qui le visitèrent de votre part, la veille de sa mort : il ne s'occupa et ne parla que de choses qui regardaient la gloire de son Dieu et la sanctification de votre peuple

Notre saint homme avait un si grand respect pour cette parole du Sauveur: Quod superest, date eleemosynam , qu'il ne se contentait pas de donner son superflu, il se retranchait encore le nécessaire : au cœur de l'hiver, il s'est dépouillé pour revêtir les pauvres Travaillant dans les missions, à Saint-Julien , il a donné son lit à des pauvres

couverts d'ulcères Il mettait toujours les pauvres à la première

place, et augmentait pour l'amour d'eux son petit ordinaire, quand il les assemblait.

Enfin, pendant toute sa vie, il a toujours donné aux pauvres tous ses honoraires de tous les Avents et de tous les Carêmes, après en avoir demandé la permission à ses supérieurs généraux : aux pauvres encore, il abandonna tout ce qu'il a pu retirer de l'impression de ses livres, ce qui va à des sommes fort considérables.

De sa charité et de son amour pour les pauvres, passons à sa piété Notre Père était si plein de cette vertu, que toutes ses actions, toutes ses paroles en portaient le caractère. J'atteste la conscience de tous ceux qui ont prié et qui ont eu le bonheur de dire l'office divin avec lui , qu'ils nous déclarent s'ils n'étaient pas tout embaumés de sa piété et de sa religion. 11 inspirait le recueillement

du Révérend Père Le Jeune. v

aux moins attentifs et aux plus dissipés Il n'était pas moins touché de respect pour la sainte Ecriture, ne pouvant souffrir qu'on

la détournât à un sens profane ou moins sérieux Par esprit de

religion, il ne voulait pas qu'on lui communiquât sa correspondance

avant l'office divin Il a toujours été si affectionné à cette prière

générale de l'Eglise, que les accidents les plus fâcheux n'ont jamais pu l'empêcher de s'en acquitter fidèlement. Un jour, il avait failli périr par le feu qui lui ravit en même temps des papiers de grande

importance mais l'heure de l'office était survenue, toute autre

pensée disparaît, et aux reproches qu'on lui adresse, il répond avec une douceur angélique : Eh bien, mon Père, disons, disons notre office !

Que dirons-nous de la dévotion qu'il avait au saint sacrifice? Se doutant un jour, qu'à cause de sa maladie, on ne viendrait pas le chercher pour la messe, il se laissa tomber du lit, attendrit par ses gémissements ceux qui se trouvèrent près de sa chambre, et ne leur demanda point d'autre soulagement que d'être conduit à la chapelle. Tant qu'il a eu l'usage de la vue, il n'a rien omis pour pouvoir célébrer les saints mystères : neuf et dix lieues dans une matinée n'étaient rien à l'ardeur de sa dévotion.

Plusieurs évêques ne le pouvant souffrir si altéré près de la source de la vie, lui voulurent permettre de dire la messe après son aveuglement ; mais la même religion qui l'y portait incessamment tant qu'il a eu la vue, l'en éloigna dès qu'il l'eût perdue. Depuis lors, ce saint prêtre aima mieux se réduire à la communion des laïques que de demeurer dans l'ordre des sacrificateurs dont il était la gloire et l'ornement

Pourrai-je bien, en parlant de la piété du P. Le Jeune envers Jésus- Christ, me dispenser de dire un mot de l'amour qu'il avait pour la Sainte Vierge? Il n'en parlait jamais qu'avec une profonde vénération, et le plus souvent même avec larmes. Il nous a laissé en l'honneur de

Marie, vingt-deux Panégyriques tous différents Jamais il n'a voulu

faire de sermons sans y insérer un éloge très-court de la Sainte

Vierge Il avait fort à cœur la Confrérie du Rosaire : il l'établissait

jusque dans les villages et disait le chapelet publiquement pour répandre l'amour et l'esprit de cette prière

Mais suivons l'Apôtre, et continuons à voir le portrait qu'il nous fait de l'homme de Dieu, et avec lui, passons de la piété à la foi, à la charité, à la douceur, à la patience de notre saint prêtre : Sectare fidem, charitatem, mansuetudinem et patientiam (I. ad Tim. 6, 41).

Il était toujours abîmé en Dieu par la foi et par l'amour. La sainteté de Dieu, sa grandeur, sa justice, le faisaient marcher dans un abaissement si profond qu'il n'y pouvait penser sans trembler : il semblait qu'il vît toujours celui qui est invisible

La patience et la douceur, deux vertus si nécessaires dans un homme apostolique, ont paru en lui dans un degré éminent : Benè patientes erunt ut annuntient (Psalm. 91). La patience est le caractère de l'apostolat; aussi le Maître des Apôtres leur avait déclaré qu'ils ne posséderaient leurs âmes que par la patience celle de notre saint a été

admirable et quarante-cinq années de cécité n'ont pas même con-

tristé son esprit Il usait d'adresse pour cacher tous les ennuis de

son infirmité : outre la peine qu'il avait de souffrir qu'on s'occupât de lui, quelque douleur aiguë que ses yeux lui pussent causer, il n'en parlait jamais Non moins admirable fut sa patience dans les travaux apostoliques : j'en rapporterai un seul exemple. Ayant prêché à Riom en Auvergne, il fut attaqué et meurtri par quelques fripons, de la compagnie desquels il avait retiré une femme de mauvaise vie : ce

vj Discours sur la vie et la mort

saint souffrit avec une patience invincible et avec une si grande modération, qu'il n'en a jamais dit une seule parole.

Jamais homme n'a été plus sévère pour soi et plus doux pour les autres : j'ai parlé à une personne qui s'était trouvée en des tentations si étranges et si pénibles, que les personnes même les plus spirituelles la croyaient livrée à son sens réprouvé. Elle était sur le bord de l'enfer, quand elle tomba entre les mains de notre saint prêtre, qui, avec une charité toute paternelle, mit à ses plaies un appareil si doux et si fort, que cette personne ne marche plus, mais qu'elle vole dans les voies de Dieu

D'un naturel violent et impétueux, il n'a pu traiter si doucement avec les hommes, sans se faire une violence extrême : lorsque son zèle l'avait fait parler au prochain un peu fortement pour briser les cœurs et les péchés, il en demeurait tout affligé, se défiant toujours du mélange si ordinaire de l'humeur et du zèle.

Oui nomen erat Joannes. Saint Jean, Messieurs, est un modèle achevé dont notre illustre aveugle n'est qu'une copie... Comme saint Jean il est sorti d'une race noble et quasi sacerdotale;.... il était fils d'un conseiller du Parlement de Dôle, sa famille a participé à l'autorité d'une Cour souveraine la plus grande partie de ses parents

ont fait à Dieu hommages de leur personnes et de leurs biens. Sa mère, comme une autre Monique, inspirait à tous ses enfants les plus durs sentiments de la religion et leur faisait lire elle-même les principes de la vie chrétienne dans les livres ies plus saints. Les tantes de notre Père ont été fondatrices, en Espagne, de l'Ordre célèbre de l'Annonciade. Ses sœurs se sont renfermées dans leur propre maison, et en ont fait un sanctuaire, comme sainte Cécile de la sienne. Son neveu est mort en odeur de sainteté en la Compagnie de Jésus.

Le Père Le Jeune a prêché dès qu'il a pu parler; à l'âge de douze ans, il allait à la campagne faire le catéchisme, et, comme un autre Jean-Baptiste, éclairer ces peuples assis dans les ombres de la mort. Du reste , il a toujours préféré les petits hameaux aux grandes villes dans lesquelles l'obéissance seule a pu l'envoyer.

Jamais mission ne fut plus légitime que celle de notre aveugle. Vous l'avez été chercher, Messieurs de Limoges, jusqu'au bout du royaume et nous avons été assez heureux pour être préférés à tant d'autres diocèses, car on accourait à lui comme à un autre saint Jean. Et vous., Monseigneur, qui êtes la source de la mission légitime, avez obligé ce grand homme à résider en votre diocèse, et les efforts les plus puissants n'ont pu l'arracher de vos mains. Ce fut, du reste , sur l'ordre exprès et par écrit, de son supérieur général, qu'il finit ses jours près de Votre Grandeur. Pendant sa dernière et longue maladie, votre charité, Monseigneur, n'a jamais pu se lasser et ainsi vous avez imité deux illustres prélats; le cardinal Bichi, qui servit notre aveugle à table pendant toute une mission; le cardinal de Bérulle, qui voulut être son infirmier dans une maladie contagieuse

Notre saint ne savait ce que c'est que le repos : la Franche-Comté a vu la naissance de son apostolat, la France en a vu le progrès, le Limousin en a vu la plénitude et la consommation Partout les

épreuves l'ont suivi. Dans la première mission qu'il fit à Saint-Junien , en plein hiver, la litière qui l'y portait se trouva renversée et notre aveugle enseveli sous le port de Laurance. Betiré vivant, comme un autre saint Paul, et ne songeant qu'à sa mission, il se fit porter, tout glacé, à Saint-Junien qui se trouve à cinq lieues de là.

Dans la mission de Bonne-Saigne, il fut précipité avec son guide,

du haut d'une tour On fut bien surpris d'entendre ce saint homme,

qu'on croyait écrasé, dire à son guide en se relevant : Mon frère, nos

du Révérend Père Le Jeune. vij

bons anges ont empêché l'effet de la malice du démon : nous n'avons point de mal; allons prêcher et continuer notre mission!

A Annecy , il était travaillé d'une grosse fièvre accompagnée d'un râlement qu'on croyait mortel; néanmoins, il se fit traîner en chaire, où il n'eut pas parlé un quart d'heure qu'il se pâma, puis bientôt, au grand étonnement de tous, il reprit la force, la parole et la vie. En cette mission, on ne le pouvait taire sortir de l'église, quoiqu'il parût presque agonisant : on craignit pour sa vie, et ses supérieurs le rappelèrent. A son départ, les peuples raccompagnaient en foule. « Qu'il ne meure jamais, disaient-ils, ou qu'il meure parmi nous. Si son esprit nous quitte , son corps nous demeurera! »

Tous savent que dans sa dernière maladie, il essaya encore de se faire entendre : c'est dans cette chaire où je suis maintenant qu'il en lit l'essai , et ce fut la dernière de ses prédications.

Sa mortification fut extrême : il s'imposait et la faim et la soif, même dans le travail des missions et à la fin de sa vie. Il avait des inventions merveilleuses pour se crucifier, alors même que Dieu le

crucifiait Dans le Carême de 1671, il jeûna très-rigoureusement,

sans omettre un seul jour de prêcher... Les lieux les plus secrets des maisons où il se trouvait, étaient ensanglantés de ses disciplines, comme les caves de Ségovie l'ont été de celles du grand saint Dominique... Un jour, n'ayant pu arracher une ceinture de fer qu'il s'était imposée, longtemps il la supporta, mais il en fallut venir à la lime

Notre saint homme n'est point tombé dans les faiblesses de la vieillesse et il ne fut jamais plus pénitent que dans la quatre-vingtième année de sa vie, et presque entre les bras de la mort... Il se roulait sur son grabat, quand il était seul, pour tourmenter davantage son corps....

Après avoir rappelé sa pénitence , vous dirai-je un mot de son humilité?.. Je vous prends pour témoins, vous, Messieurs, qui avez eu le bonheur de conférer avec ce saint homme, et je vous demande si jamais vous avez ouï sortir de sa bouche une seule parole que l'on pût tourner à son avantage?.. Il se regardait comme le plus grand pécheur du monde, nous disant cent et cent fois que le monde se désabuserait de la bonne opinion qu'il avait de lui et que Dieu le condamnerait à

son juste jugement Il était toujours prêt à tout faire, à tout quitter,

à tout entreprendre, quand il était question d'obéir. La crainte et l'humilité ne diminuaient rien de la confiance que toujours il a eue en Dieu; au contraire, sa confiance trouvait de nouveaux accroissements dans la profondeur même de son humilité, et la crainte qui l'accompagnait lui donnait de nouvelles forces.

Comme il l'avait désiré , il est mort un vendredi , après avoir dit son office et reçu le Saint-Sacrement un quart d'heure avant de mourir. Ce fut le 19 août 1672 , à quatre heures du malin , à l'âge de quatrevingts ans, que sans peine et sans regret il quitta la terre pour le ciel.

Il avait trouvé un moyen fort assuré pour se cacher dans les actions mêmes qui avaient le plus d'éclat; il allait ordinairement commencer tout seul les missions dans les pays les plus délaissés, afin d'essuyer seul les difficultés des commencements, puis quand il avait, comme un autre saint Jean, préparé les voies et disposé au Seigneur un peuple parfait, il appelait d'autres missionnaires et leur faisait recueillir ce qu'ils n'avaient pas semé, se dérobant ainsi à l'éclat des missions

Quoique saint Jean ne fût pas la lumière, il était pourtant une lampe ardente : Lucerna ardens et lucens (Joan. 5, 33). Notre saint homme a

été aussi comme un flambeau lumineux dans la nuit de notre siècle

il n'avait rien aussi à cœur que de faire connaître Jésus-Christ à toute sorte de personnes; il recommanda cette pratique à tous les mission-

vHi Discours sur la vie et la mort du R. P. Le Jeune.

écoutés . ûnnpmi nue ie seul ennemi de Jésus-Christ

11 n'a jamais eu d autre ennemi que le se ^ g

^n^iflïaTSfar tout! &ien lorsqu'il était revêtu delà

1 Un jour, revenant de p recher a Rouen u V ^ ^ m

seigneurs, de les édifier P^r un sermon -^ r gur leur

catéchisme touchant l'ft^^ les contradictions

famille et d'avoir soin de le. jrs «ornes que^ l'Evangile a

les plus humiliantes ^ns 1 avon^oujoure ^ p ^ personnes qui la lettre et rendre toujours le pbie^t Percées de décrier sa doctrine faisaient profession de pie te se , sont et oie homme ^ ,amais dit pourtant si pure et si sainte /çepenudi occupation était

un seul mot pour sa propre , «sl^°^r °£ évangéliques des omtgS^sbBit Çn^ant SnnéeSeEn ;JRj &W^^ attache uniquement a

ceux de Jésus-Christ son ^maître ;•"••., téieurdece pieux aveugle, par On verra tout 1 intérieur et tout lwterien ^ ^ que

lalecture de ses livres Sa mamn aecn e bien ce

de l'abondance de son ffM ; J0^^^ Ysprit plein de lumière, fi îMrtoKiSff " fil n'a ?dit et n'a écrit que ce

*2 sïïsrtsyWiœjB *?- îsft îse

tu e de ses livres et les conversions ; don ^ce te ^eçture ^ ^ tQ

Ce flambeau n'est pas si tôt Jte mt que "ieu «£ ,Qn ne rend

nouveau, poussant les f^^^^V^ans Moratoire ,% jour de sa qu'aux saints. Il y eut si granQe lou ^uueiaue accident n'interrompit mort, qu'on eut heu de craindre que que q ue a ^ et rfla piété de ce pauvre peuple qu { JJJ^J ayanl appris la perte que vérer ce corps sacre... Et vous, ^"f ^ VoWmême répandre des &»Sal^li^S des témoignages publics de

tour sur nous-mêmes....... Pour vous renure beaucoupi corarae

vous paraissent si dures dans la toi de me *. P manières . nous ne

^«ISS'^Wet^-S ^ses vertus. A.ns, soit-il t

ÉPITRE DÉDICÀTOIBE

A Messeigneurs, Messeigneurs les Illustrissimes

ET RÉVÉRENDISSIMES ARCHEVÊQUES ET ÉvÊQUES,

Et a Messieurs du second Ordre , Députés du Clergé de France , pour l'Assemblée générale.

Messeigneurs , ce livre ne pouvait paraître en public , que sous votre auguste nom, soit qu'on en considérât le sujet, soit qu'on en regardât l 'auteur ; il traite des principaux mystères de notre foi, et essaye de former les prêtres , qui dans les missions les doivent expliquer aux peuples ; et vous êtes établis par Jésus-Christ les maîtres de la doctrine dans son Eglise; c'est à vous qu'appartient le droit d'annoncer la parole de Dieu : et si les prêtres le font quelquefois , ce n'est que par votre permission et votre envoi. Vous avez reçu du Fils de Dieu la même mission qu'il avait reçue de son Père; et comme il avait une inclination particulière pour les pauvres , qu'il était venu instruire par la conduite du Saint-Esprit : Spiritus Domini super me, propter quod unxit me, evangelizare pauperibus misit me : Vous avez aussi un soin particulier d'enseigner les pauvres, qui sont répandus dans vos diocèses , et vous vous dérobez aux villes pour aller, à l'exemple de votre Maître, consoler et instruire par vos visites pastorales, ceux qui demeurent à la campagne. C'est pourquoi ce livre qui a dessein de former des missionnaires , et qui leur fournit les discours dont ils doivent entretenir vos sujets et vos enfants, vous devait être présenté , afin que vous fussiez les juges d'une doctrine et d'un ouvrage dont vous êtes les maîtres et les promoteurs. Mais certes, Messeigneurs , si Von considère celui qui en est l'auteur, il vous devait être encore plus raisonnablement offert ; car c'est un prêtre qui vous doit tout ce qu'il est, et qui a aussi m tiré de vous le pouvoir de prêcher la parole de Jésus-Christ , que celui de produire son Corps, et d'absoudre ses sujets. Il n'a point d'emploi , ni de juridiction dans l'Eglise , que celle qu'il

2 Epttre dédicatoire.

tient de vous , et il n'y peut et n'y veut rien entreprendre que par vos ordres } qu'il révère comme ceux du Fils de Dieu. SHl est prêtre, et si le caractère qu'il porte, le soumet entièrement au vôtre; il est encore prêtre de /'Oratoire, et enfant d'une Congrégation , qui fait une profession particulière de dépendre de Messeigneurs les Evêques : elle n'a point voulu jusques ici d'autres privilèges , que ceux que vous lui avez donnés; elle demeure dans la Hiérarchie de l'Eglise, et contribuant à la subordination qui doit être dans les Ordres qui la composent , elle fait gloire de recevoir de vous ses emplois, et de ne rien entreprendre que sous votre autorité; elle se souvient de ces paroles mémorables du grand saint Grégoire pape , qui veut que Von conserve à chaque évêque sa juridiction , de peur qu'en la voulant choquer, ou décliner, on ne mette la confusion dans l'Eglise : Nam si sua unicuique episcopo jurisdictio non servetur ; quid aliud agitur, nisi ut per nos, per quos ecclesiasticus custodiri debuit ordo, confundatur. Elle imite enfin, et elle révère cette soumission admirable des anges inférieurs , aux supérieurs : et comme elle voit que les dernières Hiérarchies, pour dépendre absolument de Dieu, ne laissent pas de relever des plus hautes ; elle veut que ses enfants , pour être absolument soumis au Souverain Pontife , ne laissent pas d'être parfaitement assujettis aux évêques. Ils apprennent de la Congrégation qui est leur mère à ne rien faire que par votre mouvement, et étant bien persuadés qu'ils sont plus à vous qu'à euxmêmes, ils n'agissent que par vos ordres , et ne se conduisent que par vos commandements. Il fallait donc que pour obéir à une Congrégation, dont j'ai l'honneur d'être fils , je vous offrisse ce petit Ouvrage; que je misse sous votre protection des Discours, que je n'ai faits dans vos diocèses que sous votre autorité; et que je témoignasse par un acte public , à toute la France, que je suis avec tout le respect que je dois, Messeigneurs , le très-humble, et très-obéissant serviteur.

JEAN LE JEUNE , Prêtre de l'Oratoire de Jésus.

APPROBATIONS DE LA Ire ÉDITION.

(Toulouse, 1688.)

Permission du R. P. Bourgoing, général de la Congrégation de l'Oratoire de Jésus.

Nous, François Bourgoing , prêtre , supérieur général de la Congrégation de l'Oratoire de Jésus-Christ Notre Seigneur; suivant le privilège qui nous a été accordé de Sa Majesté par ses lettres patentes en date du 21 juillet 1642, par lesquelles , défenses sont faites à tous imprimeurs , libraires, ou autres , de faire imprimer aucun des livres composés par ceux de ladite Congrégation, sans notre expresse licence par écrit, de laquelle, outre les lettres de permission de Sa Majesté, et l'approbation'des docteurs , soit faite mention au commencement de tous lesdits livres : permettons au sieur Jean Boude, imprimeur du Roi, et des Etats de la province de Languedoc de Toulouse, d'imprimer et exposer en vente un livre intitulé Le Missionnaire de l'Oratoire, composé par le Père Jean le Jeune , prêtre de notre dite Congrégation.

Fait à Paris, le premier septembre mil six cent soixante-un.

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