‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 166 sur 228 · LES CACHOTS DE L'ENFER · texte numérisé non relu

LES CACHOTS DE L'ENFER

Le premier cachot, Un vétement de feu. — Vos vétements ne sont-ils pas chauds ?1 — Entrons dans ce cachot, Vous voyez qu'il est très-petit. Mais regardez : au milieu se trouve une fille d'environ dix-huit ans. Quelle horrible robe elle porte! C'est une robe de feu ! Toute sa toilette est de feu. Un chapeau de feu lui couvre, lui serre, lui brûle la tête ; il en pénètre la peau, il atteint l'os du crâne et le fait fumer. Ce feu dévorant pénètre Jusqu'à son cerveau et le fait fondre, — « Je vous brülerai dans le feu de ma colère, — Vous serez fondus comme l'argent dans Un fourneau? » — Assurément vous n'aimez pas la migraine : songez quelle migraine cette fille doit endurer! Mais regardez encore. Elle est tout enveloppée de flammes ; car sa robe est une robe de flammes, Si elle était sur la terre, elle serait réduite en cendres en un instant; mais elle est en enfer, où le feu brûle tout sans rien consumer. Elle est donc là brûlant, rôtissant, et elle ne cessera jamais de brûler et de rôtir ! Elle compte sur ses doigts les moments à mesure qu'ils s'écoulent; hélas! que le temps lui parait long! chaque moment lui parait un siècle. Et en comptant les moments, elle se dit qu'elle devra les compter ainsi pendant toute une éternité !

Lorsque cette fille était encore en ce monde, elle ne pensait jamais à Dieu ni à son âme, Elle ne s'occupait que d’une chose : de sa toilette. Au lieu d'aller à la messe le dimanche, elle se promenait dans la ville et dans les parcs pour se faire admirer. Elle désobéissait à ses parents, en fréquentant les bals et toutes sortes de mauvais lieux vour y faire étalage de sa toilette. Maintenant sa toilette et sa robe font son châtiment : car chacun sera Puni par où il aura péchés

Le deuxième cachot. — La fosse profonde. — Il arriva que le riche mourut, et il fut enseveli dans l'enfer. 4 — Imaginezvous un cercueil non de bois, mais de feu, d'un feu qui serait solide ; et venez dans un autre cachot. Vous voyez une fosse profonde, presque sans fond, Regardez en bas : il y a là quelque chose-de rouge et de brülant, C'est un cercueil, un cercueil rougi au feu: [l-y:a un-homme couché et enchaîné dans ce cercueil de

(1) Job, xxxvir, 17. 2} Ezech, xxn, 21.

(3) Sag. x1, 17, . 4) Luc, xvr, 22,

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feu, Vous pourriez bien briser un cercueil de fer pour l'ouvrir : jamais vous ne ourrez ouvrir ce cercueil fait d'un feu solide, Quelle situation que celle du malheureux damné couché dans ce sépulcre ! Les parois du cercueil le brülent par-dessous; elles le grillent à droite et à gauche ; tandis que le lourd couvercle de feu qui le couvre, pèse sur lui et l'écrase en le dévorant ! L'horrible chaleur de cette étroite prison l'étouffe ; il s'épaise en efforts pour respirer ; vains efforts! Ce supplice lui est insupportable et le rend furieux : il lève les genoux et pousse les mains contre le couvercle du cercueil pour l'enlever ; heurtent impuissants et ne font que se brûler davant réunit toutes ses forces pour briser et ouvrir l'horrible cercueil. Eflorts inutiles! Ses forces sont épuisées, il cède à la nécessité et se laisse retomber, I] étoufle de nouveau ; il renouvelle ses efforts,

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Cet homme était riche, Au lieu d'adorer Dieu, il adora son argent. Le matin, à midi, le soir, il ne pensait qu'à son argent, Vêtu de pourpre et du lin le plus fin, il faisait chaque jour des festins somptueux, D'une dureté impitoyable envers les pauvres, il en laissa mourir un à Sa porte, ne voulant pas même lui donner les miettes qui tombaient de sa table, A son entrée en enfer, le démon commença par se moquer de lui, en lui disant : Que l'u donc valu ton Orgueil, quel avantage l'a o l'ostentation detes richesses ? toutes ces choses sont pl 5 Comme une ombre.1 Puis le démon prononça cette sentence : . Puisqu'il a été riche sur la terre, qu'il soit Pauvre, très-pauvre en enfer; qu'il n'ait pour toute richesse qu'un cercueil étroit et brülant. »

Le troisième cachot. — Le Pavé brülant, — Regardez de ce côté. Quelle horrible prison! la voûte en est toute rouge, et les murs également. Le pavé ressemble à une épaisse plaque de fer rouge, Voyez : au Milieu de ce pavé se tient une fille qui parait avoir environ sejs ans, Elle n'a ni Souliers, ni bas : ses pieds sont à nu sur ce Pavé brûlant! La porte de son cachot n'a jamais été ouverte depuis le premier instant où elle y est entrée, En ce moment elle voit la porte s'ouvri” ; elle se précipite avec fureur de ce côté, Mais impossible à elle de sortir, La voilà tombée à genoux sur le Pavé qui la brûle! Ecoutez, elle parle : «“ Voilà des années, dit-elle, que mes pieds nus foulent ce pavé de feu. Tel a été mon unique lieu de repos. Jamais le sommeil n'est venu un moment me faire oublier ce sol horrible qui me grille les pieds! + — . Regardez, ajoute-t-elle, mes pieds brûlés

et saignants, Laissez-moi pour un seul instant sortir de ce supplice, seulement pour un seul, pour un court instant! Oh! que du moins dans cette éternité d'années sans fin, je puisse oublier

(1) Sag. v, 8-0,

ce tourment un instant, un seul instant! » — Fille, répond le démon, tu demandes d'oublier tes souffrances un instant, un seul instant? Non, non, jamais tu ne quitteras ce payé de feu, pas même pour une seule minute de ces années éternelles que tu passeras ici! » — « Est-ce vrai? reprend l'infortunée en poussant un soupir qui semble lui déchirer le cœur; s’il en est ainsi, du moins que quelqu'un aille trouver mes petits frères et mes petites sœurs pour leur dire de ne pas m'imiter, de peur qu'ils ne viennent comme moi dans ce cachot horrible, » — « Tes frères et sœurs, lui répond le démon, ne manquent pas de prêtres pour les instruire et les avertir. S'ils he veulent pas écouter les prêtres, ils n'écouteront pas non plus un mort qui irait les trouver, » — Oh! que n'entendez-vous les cris d'horreur et d'effroi que pousse cette infortunée, lorsqu'elle voit la porte de sa prison se refermer pour ne Jamais plus s'ouvrir!

Son histoire est bien courte, Ses pieds la conduisirent autrefois au péché : ce sont surtout ses pieds qui la font souffrir. Toute petite encore, déjà elle.commença à s'en aller dans les mauvaises compagnies. A mesure qu'elle grandit, elle les fréquenta davantage, malgré la défense de ses parents. Elle avait coutume de parcourir les rues le soir et de se livrer au mal, Elle mourut jeune encore ; Car Sa mauvaise conduite la conduisit prématurément au tombeau.

Le quatrième cachot. — La chaudiere bouillante. — Les jours viendront où on vous enlèvera avec des crocs, et onjettera vos restes dans des chaudières bouillantes 1 — Regardez dans cette prison. Au milieu se trouve un jeune homme qui demeure silencieux. Le désespoir l’accable. Il se tient debout. Ses yeux brûlent comme deux charbons ardents, De longues flammes sortent de ses oreilles, Sa respiration est difficile. Parfois il ouvre la bouche et une haleine enflammée s’en échappe. Mais écoutez : D'où vient ce bruit semblable à celui d’une chaudière bouillante? Y a-t-il là réellement une chaudière bouillante? — Non. — Qu'est-ce donc? Le voici : C'est le Sang qui bout dans les veines de ce jeune homme. Son cerveau bout et cuit dans sa tête. La moelle bout dans ses os, Interrogez-le; demandez-lui pourquoi il endure ce tourment. Il vous dira que, lorsqu'il était Sur la terre, son sang bouillait dans ses veines et le portait à faire de mauvaises actions, et qu'il s’y laissa aller, C'était pour cela qu'il fréquentait les bals, les cabarets, les théâtres. Demandezlui s’il pense que son châtiment est trop grand. — « Non, vous répondra-t-il, mon châtiment n'est pas trop grand ; il est juste, Quand j'étais sur la terre, je ne comprenais pas la justice de la rigueur de Dieu à l'égard du péché; mais maintenant Je sais qu'elle n’est que trop méritée, I] Y a un Dieu juste et terrible. 11

(1) Amos, 1v, 2,

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rendrez semblables à une fournaise ardente,

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au jugement duquel nous avons assisté, l'enfer, Regardez ! C'est un bien triste

est terrible à l'égard des pécheurs en enfer

pour en sortir, Voyez les affreuses con faire. Il frappe de la tête la voûte de ce four; i pieds le pavé brûlant, Comme celui de tous les son visage porte l'empreinte du désespoir, d'un a

tait l’enfer, Dieu Cependant a été bon pour lui. Très il a vu qu'il deviendrait de plus en plus mécha repentirait jamais de ses péchés et qu'il aurait par là mérité un châtiment beaucoup plus cruel ; c’est Pourquoi, dans sa miséricorde, il l’a retiré du monde dans son enfance.

Le sixième cachot. — Une voix. — Ec cachot, Ecoutez cette voix. Oh! quelles pl bres! « Hélas! dit un malheureux ré suis perdu ! Oui, me voici perdu sauver ! Je suis en enfer. et :

-probablement nt, qu'il ne se

sera long ! J'aurais pu pleurer mon péché et le déclarer à un prêtre; mais j'ai eu honte de le déclarer. Oh! que je voudrais n'avoir jamais vu le jour! Maudit soit le Jour de ma naissance, Mais c'en est fait de moi. Je suis perdu, perdu pour toujours, pour toujours, pour toujours ! » = La voix s'éteint, et vous ne l'entendez plus

mme

Te à CHAPITRE VI.

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