‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 18 sur 228 · CHAQUE CHOSE EST POUR LE MIEUX · texte numérisé non relu

CHAQUE CHOSE EST POUR LE MIEUX

L'enfant qui meurt. — Un bon chrétien priait beaucoup pour obtenir la guérison de son fils malade; il faisait même beaucoup d'aumônes aux pauvres à cette intention, et cependant son enfant

(1) Eccli. xr, 14. (2) Ps. xui1v, 8.

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vint à mourir, Cet homme trouva fort étr pas exaucé les prières qu'il lui avait adressées pour la guérison de son fils; mais Dieu révéla à un de ses serviteurs que, si l'enfant avait vécu, il se serait perverti et aurait perdu le ciel! .— C’est ainsi que tout ce qui vous arrive vous est envoyé par Dieu, parce qu'il voit que c'est vraiment ce qu'il y a alors de mieu POUT vous, « Tout contribue au bien de Ceu qui aiment Dieu. \ «

Soyez au moins aussi sage que les créatures qui n’ont ni la vie ni le sentiment.

Le bâton. — L'argite, — Si Vous prenez un bâton, le bâton ne dit pas : « Je ne veux pas être dans votre main. » Si vous le laissez à terre, il ne dit PAS : « Je ne veux pas être ici, » — Mon petit enfant, apprenez à être aussi sage que ce bâton : soyez content d'être oùfle bon Dieu Vous place. Si donc vous devez vous trouver avec des personnes d'une humeur fâcheuse, soyez content, parce que telle est ]n volonté de Dieu,

Lorsqu'un briquetier fait sos briques, il prend de l'argile ; il la tourne et la retourne en tous sens dans ses mains, et l'argile se laisse tranquillement manier ; elle souffre que l'ouvrier fasse d'elle tout ce Qu'il lui plait, — De même, mon enfant, laissez le bon Dieu faire de vous tout ce qui lui plaît, et ne soyez pas inquiet comme l'enfant dont je vais vous parler,

L'enfant inquiet. — Un monsieur très-riche avait un petit enfant qu'il aimait beaucoup, et qui était l'objet de tous ses soins. Attentif à ce que rien ne lui Manquät, il lui donnait une nourriture abondante, et c'étaient toujours les meilleurs mets, Son déjeuner, son diner et son Souper étaient toujours servis à l'heure convenable. Ses vêtements étaient parfaitement adaptés à sa taille et toujours du meilleur drap; habits d'hiver, habits d'été, il avait tout à souhait. Une maison Spacieuse et magnifique lui

servait d'habitation; l'une des plus belles chambres 4 coucher était la sienne, Son père l’envoyait à la meilleure école connue. L'enfant était-il malade ? son père faisait venir, pour le guérir, le médecin le plus habile, Bon père ! jour et nuit il ne songeait qu’à faire du bien à son cher enfant, Mais hélas ! celui-ci n'était qu’un insensé, Au lieu d’avoir Confiance en un père si plein de tendresse, il ne faisait que se défier de sa sollicitude : Qui sait, se disait-il toujours, si mon père n'oubliera pas mon diner? Qui sait s’il ne me laissera pas sans habits! Qui sait s'il appellera le médecin quand je serai malade ? Ce petit insensé toujours inquiet se comportait très-mal à l'égard de son excellent père, lui faisant la mine, le regardant de travers et lui parlant sans respect, Son père ne l'avait jamais oublié un seul instant ; il le savait, et

Pourtant il était toujours en proie à la crainte et à l'inquiétude, et il se rendait ainsi très-malheureux,

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Cet excellent père, c'est le bon Dieu; et vous, vous êtes cet enfant inquiet. Dieu vous a créé, et telle est la grandeur de l'amour qu'il vous porte que personne au monde ne saurait l'exprimer. Dieu est la sagesse même; il sait donc ce qui vous convient le mieux. Il est la richesse infinie, et ce qu’il donne ne l'appauvrit nullement, il peut donc vous donner tout ce qui vous est le plus avantageux. Il vous a fait une grande promesse : la promesse qu'à chaque moment de votre vie, il 7ous donnera ce qui est pour votre plus grand bien. Souvent il vous est arrivé quelque chose de fâcheux en apparence; mais ensuite vous avez vu que c'était réellement ce qu'il y avait de mieux pour vous, ou du moins, après votre mort, vous verrez qu'il en était ainsi. Néanmoins vous vous rendez malheureux ; vous faites souvent toutes sortes de réflexions chagrines; vous dites : « Oh! j'ai peur! Que ferai-je? Qui sait si tel malheur ne va pas m'arriver? » — Mon enfant, voyez les oiseaux du ciel : ils n’ont aucune inquiétude sur ce qui peut leur arriver ; ils comptent avoir de quoi se nourrir, et toujours Dieu les nourrit. De même, cher petit enfant, « jetez dans le sein de Dieu toutes vos inquiétudes ; car il a lui-même soin de vous.1 » Que votre prière soit celle-ci matin et soir : « Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour. » Attendez avec confiance, et soyez sûr que Dieu fera en toute chose ce qui vous vaut le mieux. « Tous attendent de vous, à Dieu, la nourriture en temps convenable. Vous ouvrez la main, et ils sont tous remplis des effets de votre bonté.? »

Mettez votre confiance en la divine Providence. — Ne soyez pas inquiet, pour votre vie, de ce que vous mangeresz, ni pour votre corps, comment vous serez vêtu. — Voyez les oiseaux du ciel : ils ne sément point, ils ne moissonnent pas, ils n'amassent pas dans des greniers ; et cependant votre Père céleste les nourrit. Et vous, ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? — Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît.5

Le soleil. — Par une nuit obscure, une femme retournait chez elle après son travail. Son petit George l'accompagnait. Arrivés à la maison, ils voient, 6 surprise! une lampe allumée sur la table. A cette vue, George stupéfait s'écrie : « Qui donc a pu allumer cette lampe, puisqu'il ny avait personne à la maison? » — « Oh! répond sa mère, c'est bien sûr ton père qui sera revenu de la ville. » — George court aussitôt à la pièce voisine et y trouve en etfet son père.

Le lendemain, George avait accompagné ses parents, qui faisaient le foin dans une vaste prairie. Le soleil brillait de tout son éclat et le petit garçon jouait en plein air. « George, lui dit son père, hier soir tu as facilement reconnu que c'était moi

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(1) I Petr. v, 7. (2) Ps. our, 27-28. (3) Matth. vi, 23-33.

vous êtes cet grandeur de e ne saurait c ce qui vous u’il donne ne tout ce qui le promesse :

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, — Ne soyez Jerez, ni pour les oiseaux du ls n'amassent leste les noureux? — Chersa justice, et

me retournait accompagnait.

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rents, qui fairillait de tout « George, lui que c'était moi

vi, 23-33.

qui avais allumé Ja lampe dans la chambre; regarde maintenant

ce beau soleil qui brille dans les cieux : qui donc l'a allumé? »

— « C'est Dieu, » répondit l'enfant, — Bien, reprit le père;

est-ce que la plus petite lampe pourrait s'allumer toute seule? »

— « Non, papa, dit George. » — « I] faut donc, ajouta le père,

que quelqu'un allume ce grand luminaire appelé soleil, et c'est

Dieu! » Le même Dieu qui a créé le soleil, est l’auteur de

toutes choses.

La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.\

— Craignez d'offenser Dieu, C'est une chose terrible que de pécher; car pour le moindre péché, pour une parole inutile,? vous devrez brûler dans le purgatoire. Nous ne pouvons pas comprendre maintenant les jugements de Dieu. Vous verrez parfois le méchant vivre longtemps dans sa malice,3 commettant des milliers de péchés mortels; mais parfois aussi vous le verrez retranché, « au milieu de ses Jours, » du nombre des vivants, et jeté en enfer après son premier péché mortel, Saint Grégoire parle d’un petit enfant que Son père portait dans ses bras en se promenant. Tout à coup cet enfant se mit à blasphémer contre Dieu; mais à peine eut-il proféré son blasphème que le démon vint l’arracher des bras de son père et l'emporta en enfer, où il brûlera pendant toute l'éternité. Voilà donc un malheureux frappé de mort après son premier péché mortel, Néanmoins Dieu est toujours bon pour ses créatures : il prévoyait sans doute que si la vie de cet enfant se prolongeait, le nombre de ses péchés serait plus grand, et qu’ainsi il se verrait dans la nécessité de le punir plus sévèrement en enfer. « Oui, Seigneur Dieu tout- Puissant, vos jugements sont selon la vérité et la justice.+ ,

Il peut arriver qu'après avoir passé de longues années à faire toutes sortes de bonnes œuvres et à servir fidèlement le Seigneur, un homme ait le malheur d'offenser gravement le bon Dieu dans sa vieillesse, de mourir dans son péché et d'être précipité pour toujours au fond des enfers. Il ÿ avait en Egypte un homme qui avait vécu saintement pendant de longues années. Il passait ses Jours dans la prière, dans les jeûnes et dans la pratique des bonnes œuvres; arrivé à l’âge de la vieillesse, il eut le malheur de tomber dans un péché mortel. Le péché commis, au lieu de s'en repentir, il alla aussitôt se jeter dans un précipice où il trouva la mort, « O}! que les jugements de Dieu sont incompréhensibles et ses voies impénétrables !5 »

Quelquefois aussi, mais très-rarement, il arr qui aura passé toute sa vie dans le péc dernière heure et sera sauvé. Le pauvre avec Notre-Seigneur, avait été un gr

ive qu'un horame, hé, se convertira à sa larron qui a été crucifié and criminel : quelques

(1) Ps. ex, 10. (2) Matth. 12, 56. (3) Eccl, var, 16. (4) Apoc. xvi, 7. (5) Rom. xr, 99,

minutesavant de mourir, il se repentit ; il devint un ami de J Jésus, et le même jour son âme était en paradis.

Ce sont là des mystères que nous ne pouvons pas comprendre maintenant; mais nous les comprendrons au jour du jugement et alors nous nous écrierons : « Vous êtes juste, Seigneur, et tous vos jugements sont équitables. » Ce que nous avons à faire, c'est de passer toute notre vie dans la crainte de Dieu, c'est-àdire de craindre celui qui peut jeter notre corps et notre âme dans l'enfer, et de tâcher « d'opérer notre salut avec crainte et tremblement. + Que l’un des cris de votre cœur soit celui-ci : « O mon Dieu, ne permettez pas que je vienne jamais, jamais à commettre un péché mortel — Faites que je meure plutôt que de commettre un péché mortel ! + « Craignez Dieu, et observez ses commandements ; car c’est là tout l’homme. »

Dieu aime tous les hommes; mais il a un amour de prédilection pour les petits enfants, ainsi que nous le verrons au Livre suivant. Jésns-Christ a dit : « Laissez venir à moi les petits enfants.? »

(1) Ecel. xrr, 18. (2) Marc. x, 14.

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