‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 209 sur 228 · LES GRACES QUE DIEU FAIT AUX ENFANTS · texte numérisé non relu

LES GRACES QUE DIEU FAIT AUX ENFANTS

Laissez venir à moi les petits enfunts, et ne les en empêchez point." — La bienheureuse Marie de l'Incarnation dit ceci : « Il est de la plus haute importance que la première communion se fasse dans l'âge de l'innocence. Dieu alors prend l'enfant sous sa protection, et par sa miséricorde il le rend fort contre les tentations pour tout le reste de sa vie. »

Le père Varin. — Ce célèbre père jésuite avait préparé un petit garçon à la première communion. Plusieurs personnes trouvaient que l'enfant était trop jeune pour communier. Cela n'empécha pas le digne religieux de l’admettre au banquet divin. | À quelque temps de là, le père Varin ayant rencontré ce jeune enfant, lui posa cette question : « Dites-moi, mon ami, qu'avezvous éprouvé au moment de votre première communion? » — L'enfant rougit et garda le silence. — Le père renouvela sa question ; alors l'enfant se recueillant lui répondit avec une grande simplicité : « Mon père, quand je vis le prêtre descendre de l’autel avec la sainte hostie, je fut fort effrayé et je tremblai, Lorsque Jésus fut près de moi, mon cœur battit fortement. Au moment précis où le prêtre me présenta la sainte hostie, mon cœur battit encore plus fort, (Ici l'enfant fit un signe avec la [14 ‘main pour montrer comment son cœur battait.) Mais aussitôt d que j'eus reçu Jésus, mon cœur ne battit plus. — J'aimais mon F 4h bon Sauveur, »

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La bienheureuse Marie-Anne de Quito. — Cette bienheureuse naquit à Quito, dans l'Amérique méridionale, Sa vie a été écrite par le père jésuite Boero. Elle n'avait que sept ans quand on la conduisit au père Boero, pour qu'il examinät si elle pouvait faire sa première communion. L'examen ayant été favorable, l'enfant fit sa première communion avec beaucoup de piété, Sa sœur l'ayant obligée à se vêtir d’une robe de soie pour cette grande action, la petite Marie en fut fort afigée et elle refusa de porter cette robe à l'avenir. Sa première communion lui fit faire de grands progrès dans la perfection, « Je voudrais, dit le savant Jésuite qui a écrit sa vie, je voudrais que les parents profitässent de cet exemple, Ils différent la première communion de leurs enfants jusqu’à ce que le démon et le péché soient entrés dans leurs âmes, jusqu'à ce qu'ils en aient terni et détruit la pureté et la simplicité, Cela ne doit pas être. Que Jésus-Christ prenne de bonne heure possession de ces jeunes cœurs, afin de les rendre forts contre les tentations. » — Le confesseur de la petite Marie-Anne ayant remarqué les progrès qu'elle faisait dans la perfection, lui permit de communier tous les dimanches et tous lés jours de fête, Plus tard, elle obtint la permission de communier én plus une fois dans la semaine; enfi avant qu’elle eût douze ans, elle fut admise à la communion quotidienne. Elle mourut en odeur de sainteté, à l’âge de vingt-six ans, et fut béatifiée par Pie IX de sainte mémoire,

La bienheureuse Imelda, patronne des Premiers communiants. — Le voyageur qui passe par Bologne peut voir la pierre sépulcrale d’une petite fille, appelée Imelda. On y à écrit en abrégé l’histoire de cette enfant, laquelle mourut à l’âge de sept ans, en l’année 1393, Le dimanche de Pâques au matin, il

versant des larmés, de ce qu'elle était privée de recevoir le bon Jésus qu’elle aimait de tout son cœur, Mais on avait compté sans quelqu'un qui regarde non les enfants. Jésus ne put souffrir que la petite Imelda fût ainsi livrée à la désolation, parce qu’elle ne pouvait satisfaire son désir de le recevoir dans son cœur.

La clochette venait d'annoncer aux communiants qu'il était temps de s'approcher de la Table sainte, Déjà celle-ci était occupée par une longue file d'enfants pleins d’allégresse. Debout sur le marchepied de l'autel, le prêtre tenait en main la sainte hostis et disait : « Poici l'agneau de Dieu ; » quand tout à coup

un rayon de lumière éblouissante jaillit des mains du prêtre jusqu'à la petite Imelda, qui se tenait toujours au fond de l'église, Le prêtre s'aperçut avec stupéfaction que la sainte hostie qu'il tenait dans ses doigts avait disparu tout à coup. Ii avait vu le rayon de lumière se diriger vers Imelda, et maintenant il voyait au-dessus de la tête de l'enfant comme une étoile étincelante ! Les regards de la petite fille s'étaient portés vers cette belle étoile qui brillait à ses yeux baignés de larmes ; une voix intérieure lui disait que c'était la lumière de Jésus lui-même qui venait se donner à elle. Alors le prêtre quitta l'autel et suivit la trace lumineuse qui conduisait à la petite Imelda, Le peuple lui fit place en gardant un silence profond et solennel,

Arrivé au fond de l'église, le prêtre vit avec surprise que la sainte hostie qui venait de s'échapper de ses mains planait audessus de la tête de l'enfant, D'une main tremblante, il la saisit et la donna à Imelda, qui reçut ainsi son bien-aimé Jésus. Quelques instants après, on vit son corps pencher de côté; elle était pâle comme si elle se trouvait mal, Les religieuses vinrent la prendre dans leurs bras, croyant que c'était une simple syncope. Elles se trompaient. Le visage de l'enfant respirait un sourire angélique ; elle avait les bras croisés sur la poitrine, comme si elle voulait serrer contre son cœur un précieux trésor, Qu'avaitelle donc? Ah! sa joie en recevant Jésus avait été trop grande ; son cœur était trop faible pour la supporter. L'excès de sa joie avait brisé le fil de sa vie. Son âme s'était envolée avec Jésus dans le ciel!

La cire se prête beaucoup mieux à recevoir des empreintes, lorsqu'elle est molle que lorsqu'elle est dure. Un terrain nouvellement défriché reçoit la semence avec beaucoup plus de fruit. Une feuille de papier encore intacte se prête mieux à la plume de l'écrivain. I] en est de même de l’âme d'un enfant par rapport à la grâce. Elle reçoit la grâce de Dieu comme une cire molle reçoit une empreinte, comme un papier blanc recoit l’écriture, comme un sol fraîchement défriché reçoit la semence. De là cette parole de Notre-Seigneur : Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra point le royaume de Dieu comme un enfant, n'y entrera point.' De là encore cette parole qui se lit au livre des Proverbes : Dieu communique ses secrets aux simples .?

L'un des fruits principaux de la communion est la persévérance dans la grâce, dans la fidélité à prier, à assister à la sainte messe et au catéchisme, On comprend dès lors pourquoi Notre-Seigneur a exprimé son grand désir de se communiquer aux petits enfants en disant : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez point.3

(1) Marc. x, 15. (2) Prov. ur, 32, (3) Marc, x.

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La simplicité des petits enfants s'en va peu à peu. Il ne faut pas longtemps pour que la cire molle devienne comme une pierre dure, ou comme un chemin battu ; la semence est bientôt étouffée par les épines. Si l'esprit du monde prend possession du cœur des enfants avant Notre-Seigneur Jésus-Christ, il ne les portera point à aimer le catéchisme et l'étude de la religion. Au contraire, les enfants une fois imbus de l'esprit du monde, en viennent à regarder la première communion comme une cérémonie qui les débarrassera du joug du catéchisme. Tous ceux qui ont été à même d'observer les enfants dans un certain nombre de localités différentes, n'auront pas manqué de se convaincre de ceci : les enfants qui continuent à fréquenter le catéchisme sont généralement ceux qui ont fait leur première communion dans l’âge de l'innocence, — Oh! combien il est donc important

que Jésus-Christ soit le premier à prendre possession de l'âme |

de l'enfant !

Dès que les enfants parviennent à l’âge de la raison, ils sont exposés aux tentations. Il arrive souvent que les enfants, et même les tout petits enfants, sont assaillis par de fortes tentations intérieures que leurs maîtres ne soupçonnent même pas. Quel sera le remède à ces tentations? Qu'est-ce qui conservera la vie de leur âme au milieu de ces dangers ? Le grand remède pour les enfants, aussi bien que pour les adultes, ce sera la sainte communion. « Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Si ce remède, qui peut être nécessaire à un enfant, lui est refusé,

quelle sera la conséquence de ce refus? Le vieux proverbe nous le dit :

Opposez-vous au mal avant qu'il s'enracine; S'il séjourne, il rend vain l'art de la médecine. Sero medicina paratur, etc.

L'enfant, dit la sainte Ecriture, suivra dans sa vieillesse la route qu’il aura prise dans sa jeunesse. Il faut 4onc former les enfants à la fréquentation régulière des sacrements, et pour cela ne point différer leur première communion jusqu’au temps où ils seront livrés à la fougue de leurs passions.

Demande : Quand les chrétiens sont-ils obligés de communier?

Réponse : Aussitôt qu'ils sont capables d’être instruits de ce saint mystère de l’Eucharistie?

(1) Jo. x.

(2) Lex generalis Ecclesiæ. iv. Concil, Laters :

“ Omnis utriusque sexus fidelis postquam ad annos discretionis pervenerit, semel saltem in anno confiteatur… suscipiens reverenter ad minus in Pascha Eucharistiæ Sacramentui, nisi forte de consilio proprii sacerdotis ob ali-

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