LES HOMMES SERVENT-ILS DIEU
Les petits enfants. — Dieu a créé les hommes pour qu'ils le servent. Le servent-ils? Considérez le monde, V oyez d'abord les petits enfants. Combien n'en est-il pas parmi eux qui qnt sept où huit ans, et qui ne vont jamais à la messe les dimanches ? Combien n'en est-il pas qui ont sept, huit, neuf et même dix ans, et qui n'ont jamais été à confesse ? Voyez cet enfant : il ne dit jamais ses prières du matin et rarement celles du soir. Le lundi matin, ses parents l’envoient en classe avec l'argent qui doit payer son école; il ne va pas à l'école et garde l'argent. Surveillez-le, lorsqu'il est à la maison : vous le verrez mettre la main dans la poche de sa mère pour y prendre des sous. On l'envoie à une boutique : il prend plus d'argent qu'il ne lui en faut, et il garde le surplus. Que fait-il de cet argent volé? Le donne-t-il aux pauvres? Nullement ; il le dépense à acheter des bonbons. Ses parents l’envoient faire une commission; il se met à pleurer et à dire : « Je n'irai pas, je ne veux pas y aller, » — Le croiriez-vous? il a la mauvaise habitude du mensonge, Sa mère veut-elle l'en corriger? il boude, il donne des réponses insolentes, il se met en colère. — Cet enfant s’est enfui de la maison; où est-il? On le cherche, et on le trouve jouant dans la
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rue avec de mauvais compagnons, — Cet enfant, dites-moi, sert-il Dieu ? ; Maintenant, voyons les personnes plus âgées, à partir de dix
ou douze ans jusqu'à l'âge de vingt ans. Un grand nombre travaillent dans les fabriques, dans les filatures. Servent-elles Dieu ?
La fabrique, et les jeunes gens qui y travaillent, — Voyez ce garçon de fabrique. Je vais vous faire son histoire. Il a cessé d'aller à l’école vers l'âge de neuf ans, D'abord, il ne travaillait qu'une demi-journée ; maintenant qu'il est plus âgé, (il a environ dix-huit ans) il fait sa journée pleine, Quelle est sa vie? La voici pendant la semaine : il dort jusqu'à ce qu'il soit temps d'aller à son travail, Il se rend à la fabrique en toute hâte, sans un mot de prière pour honorer le Dieu qui lui à conservé la vie pendant son sommeil. Le voilà arrivé à la fabrique : offre-t-il à Dieu son travail? Le prie-t-il d’avoir soin de lui? dit-il un Je vous salue, Marie pour que, pendant la journée, il ne soit pas pris par une courroie et qu'il ne perde pas l'un de ses membres, peut-être même la vie? — Non;ilny pense même pas. À la moindre contrariété, il profère de scandaleuses imprécations, Veille-t-il sur ses yeux ou sur ses ‘pensées, dans la crainte d'avoir des tentations? Non; mais vous entendrez continuellement sortir de sa bouche de ces paroles obscènes et honteuses que sait Paul défend de faire entendre parmi des chrétiens, Mais, ce qui est pire, il fait dans la fabrique de mauvaises actions et on a reconnu que, lorsqu'il quitte le travail, il cherche dans les rues — quoi? — les moyens de perdre les âmes pour iesquelles Jésus- Christ est mort!
Il rentre à la maison pour ses repas. Peut-être ne sont-ils pas prêts : vous l’entendrez blasphémer dans son impatience, Le soir, vous ne le trouverez pas chez lui. Où est-il? Dans une salle de danse ; ou bien il entretient une mauvaise liaison à l'insu de ses parents. — Le samedi soir est venu : il a reçu son salaire, Il en dérobe une partie, Que fait-il de cet argent? Regardez-le, I] suit une rue qui conduit au cabaret ou à une cantine. — Voici le dimanche matin : le temps de la dernière messe est passé. Notre garçon de fabrique est encore au lit, Enfin il se lève, il déjeune, il sort. Où va-t-il? A l'église pour prier? Non; il sort pour se joindre à une mauvaise compagnie. Il dépense au jeu ce qu'il a soustrait de son salaire, tandis que ses petits frères et ses petites sœurs n’ont pas de souliers aux pieds et pleurent pour avoir un morceau de pain. Le trouvera-t-on à l'école dominicale ? Allez-y, et vous y trouverez sa place vide, — Le dimanche soir est venu : où est la fille de fabrique? Est-elle à l'église? Non; elle se promène dans des rues obscures ou sur un chemin isolé, entretenant une fréquentation contraire à la volonté de ses parents où à sa conscience.
Voici encore un garçon de fabrique. Il ne reste plus avec son
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père et sa mère. Il les a quittés, 11 gagnait douze francs par semaine, Un soir, il était rentré tard à la maison et son père l'en avait réprimandé, Le jeune homme se dit : « Je n'aurai plus les reproches de mon père. » Dès le lendemain, il s'éloignait de ses parents et allait prendre domicile ailleurs. Ainsi en est-il de beaucoup de garçons et de filles de fabrique, Ainsi en est-il également de beaucoup de ces jeunes gens que vous voyez travailler dans les boutiques ou magasins, dans les docks, dans les champs, ou qui s'occupent à nettoyer les souliers ou à porter les fardeaux,
Enfants dans les colléges et dans tes Pensionnats, — Il y a d'autres enfants à qui Dieu donne le bienfait d'une bonne éducation. Ils demeurent dans une maison où ils entendent la messe chaque jour, où ils peuvent s'approcher souvent des sacrements, Où ils ne sont pas exposés aux tentations qui assaillent les enfants des pauvres, Ils sont formés à de bonnes habitudes, grâce à la discipline et à de sages règlements, Dieu leur a donné ces avantages à cette fin, à cette seule fin qu'ils apprennent à Le servir. — « A celui à qui on « donné beaucoup, on demandera beau- COUP. » — Cependant à quoi aboutissent tous ces avantages chez plusieurs de ceux qui les possèdent? Voici un enfant qui, dans sa jeunesse, n'a que de l'indifférence pour la sainte messe et qui néglige les sacrements ; faut-il s'étonner si, arrivé à l'âge mûr, il donne du scandale par sa vie irréligieuse? Dans une maison où il lui était presqu impossible de trouver de mauvais Compagnons, il cherchait de préférence Ja société des élèves les moins édifiants; serez-vous surpris si, au milieu du monde, vous le trouvez dans la Compagnie de ceux dont les voies sont mauvaises et qui le précipitent vers sa perte? — N'abandonnez jamais Dieu, et jamais Dieu ne vous abandonnera,
Le vieillard. — Mon cher enfant, servez Dieu tandis que vous êtes encore jeune, et Dieu ne vous abandonnera pas quand vous serez avancé en âge. Il y avait un homme qui servait le roi d'Angleterre, son maitre, avec une fidélité à toute épreuve, Il le servait dans la santé et dans la maladie, la nuit, le Jour, et cela depuis de longues années. Néanmoins, lorsque ce bon serviteur fut devenu vieux, lorsque ses cheveux eurent blanchi, le roi ne le voulut plus à son service et le congédia. Cette conduite du roi brisa le cœur du pauvre vieillard. I] se mit au lit et mourut de chagrin. « Ah! disait-il à ses derniers moments, si j'avais servi Dieu comme j'ai servi mon roi, lui, il ne m'aurait point abandonné dans ma vieillesse ! »
Vous, mon enfant, soyez Sage, et servez ce grand Dieu, ce Dieu si bon, qui n'abandonne jamais ceux qui le servent. N'oubliez
Jamais Ce pour quoi tous avez été créé.
(1) Luc, xu, 48.
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