‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 8 sur 228 · PT CP NOR RER TR QU SEAT · texte numérisé non relu

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maintenant, en ce moment même! , — Cette parole Dieu est ici present ébranle la pécheresse, et la grâce divine pénètre dans “on cœur, Thais pâlit, elle tremble, elle tombe à genoux, et d'abondantes larmes coulent de ses yeux. « O mon Père, s'écriet-elle, priez pour moi, afin que Dieu’ ait pitié de ma pauvre âme. Imposez-moi n'importe quelle pénitence; je l'accomplirai, Je vous demande seulement trois heures ; après cela, je ferai tout ce que vous m'ordonnerez. »

L'espace de temps qu'elle avait demandé fut bien employé. Environ une heure après son entretien avec Paphnuce, un grand feu flamboyait sur la place publique, et avait attiré une foule de Spectateurs étonnés. C'était Thaïs qui avait apporté tous les objets de luxe de sa maison et tous les magnifiques ornements, qui étaient devenus pour elle-même et pour les autres une occasion de tant de péchés; elle en avait fait un monceau et venait d'y mettre le feu. Tandis que la flamme s'élevait, elle criait à tout ce peuple assemblé : « Que ceux qui m'ont suivie dans mes désordres, me suivent dans mon repentir ! » Bientot tous ces objets de luxe et de scandale ne furent plus qu’un monceau de cendres, La foule se retira, et Thaïs alla de nouveau trouver Paphnuce, prête à faire tout ce que celui-ci lui prescrirait pour le salut de son âme. Le saint la conduisit dans un couvent; il l'enferma dans une étroite cellule, dont il scella la porte pour que personne ne püt aller la troubler, Cette cellule n'avait pas d'autre ouverture qu'une petite fenêtre, par laquelle 145 religieuses devaient chaque jour faire passer à la pénitente un peu de pain et d’eau.

Le saint se disposait à la quitter, lorsque T'haïs lui dit : « Mon Père, indiquez-moi quelle prière je dois adresser à Dieu, «+ — “ Vous n'êtes pas digne, lui répondit Paphnuce, d'avoir le nom redoutable de Dieu sur les lèvres, ni d'élever vers lui ces mains qui ont été l'instrument de tant de péchés! Pour toute prière, vous lui direz : « O vous, qui m'avez créée, ayez pitié de moi! + — Trois années s'écoulèrent » pendant lesquelles on entendit Thaïs s’écrier jour et nuit en gémissant : « O vous, qui m'avez créée, ayez pitié de moi! »

Au bout de ces trois ans, Saint Paul, autre solitaire de ce temps-là, pria Dieu de lui faire savoir si Thaïs avait obtenu le pardon de ses péchés, Dieu lui montra dans le ciel un trône d’une beauté merveilleuse, et lui dit : « Voilà le trône destiné à la pécheresse Thaïs. » — Alors saint Paphnuce retourna au monastère où elle se trouvait ; il enleva le sceau qui fermait la porte de sa cellule, et lui dit qu'elle pouvait sortir et demeurer désormais avec les religieuses, Mais quinze jours après, Thaïs n'était plus : elle était morte de la mort des prédestinés, Son âme fut reçue parmi les anges du ciel, et on la vénère sur la terre sous le titre de sainte : c’est sainte Thaïs. — Qu'ils sont donc puissants ces mots : Dieu est ici Présent, Dieu me voit, Dieu n'entend! En

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un instant, ils firent une sainte de l’une des plus grandes pécheresses qui aient jamais existé.

Ecoutez ce que font certaines religieuses pour se rappeler le souvenir de la présence de Dieu.

Les religieuses. — Il existe un ordre monastique de femmes, où les religieuses ont un excellent moyen de se rappeler la présence de Dieu. Au milieu de leurs conversations, à un moment donné, on fait silence, et une religiense prononce ces paroles : « Mes chères sœurs, veuillez vous souvenir que Dieu est ici présent. » — « Aeureux, dit l'Ecclésiastique, l'homme qui pense et repense à l'œil de Dieu qui voit toutes choses.\ »

Vous pouvez vous souvenir de la présence de Dieu partout, quoique vous ne le voyiez pas.

Une personne dans une chambre obscure. — Lorsque vous vous trouvez avec une personne dans les ténèbres, vous savez qu'elle est là, bien que vous ne la voyiez pas; n'oubliez donc Jamais que Dieu, votre bon Père, est présent partout, bien que vous ne le voyiez pas. Il est dans la chambre où vous êtes, sur le chemin que vous parcourez, dans l'endroit où vous travaillez ; il est dans votre cœur. Il a toujours les yeux fixés sur vous pendant vos travaux, pendant votre sommeil, dans vos souffrances, dans vos tentations, dans vos perplexités, alors que les choses ne vont pas au gré de vos désirs. Lorsque vous voyagez sous les rayons du soleil, vous vous souvenez sans effort que le soleil luit; puisque chacun de vos mouvements se fait en Dieu, habituez-vous à vous rappeler sa divine présence et à le prier. Adressez-lui souvent de petites invocations, des oraisons Jaculatoires.

Le démon venu trop tard, ou les oraisons jaculatoires. — Lorsque le démon voit qu’un enfant se dispose à prier, il se dit : «“ J'irai trouver cet enfant pour le tenter et pour le distraire. » Et il se met en route. Mais lorsqu'il arrive, il s’aperçoit que la prière est déjà finie : car elle n’a duré que quelques instants. Alors le démon tout déconcerté se dit : « Allons-nous en, il est trop tard; inutile de rester ici. » Et il s’en va. — C’est donc une excellente chose de dire souvent de petites et courtes prières, parce qu'alors le démon n’a pas le temps de vous tenter et de vous distraire,

« Je suis bien aise, dira un enfant, d'entendre parler de courtes prières..Je voudrais bien en dire souvent. Je vous en prie; apprenez-moi ces sortes de prières. » — Mon petit enfant, souvenezvous souvent que Dieu est présent partout, et adressez-lui des prières comme celles-ci : « Mon Dieu, je crois que vous êtes ici présent. — Je vous adore. — Je vous aime. — O mon Dieu, que votre volonté soit faite ! — Mon Jésus, tout pour vous. +

(1) Eccli. xiv, 22.

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Jésus et Marie, assistez-moi! + Choisissez quelqu'une de ces prières et adressez-la souvent à Dieu qui est auprès de vous et qui vous écoute, et offrez-lui tout ce que vous faites.

A douse ans, ou offrande de nos actions. — Sainte Rose de Lima n'avait encore que douze ans, et déjà le souvenir de la présence de Dieu lui était si familier, qu’elle ne le perdait pas un seul instant de toute la journée, Qu'elle fût à prier, à travailler, à manger, à marcher ou à parler, toujours elle pensait à Dieu et lui offrait toutes ses actions. Vous, petit enfant, faites-vous comme elle? Ah! rappelez-vous aussi fréquemment la présence de Dieu partout, et offrez-lui tout ce que vous faites, en disant par exemple : « Mon Jésus, tout pour vous. » « Offrez au Seigneur le sacrifice de justice » qu'il demande de vous.

Le souvenir de la présence de Dieu vous deviendra facile si vous avez un autel dans votre maison,

Comment faire un autel ou une chapelle? — 1° Dans la chambre où vous dormez, ou dans toute autre chambre, faites-

vous un petit autel. Une table, une commode, une boîte, ou même une chaise pourra vous servir d’autel.

—+° Sur cet autel étendez une nappe blanche.

3° Sur cette nappe mettez deux chandeliers et,

4° Entre les chandeliers, un crucifix.

5° Mettez aussi sur l'autel une image ou une statue de votre tendre mère Marie. Ce sera comme un astre bienfaisant qui luira sur vous. Devant cette statue vous pouvez allumer un cierge ou une chandelle les samedis ou les jours de fête de la très-sainte Vierge ; lorsqu'il y a des fleurs dans les champs, cueillez-en une bien fraiche et déposez-la aux pieds de la Madone. Peut-être, suivant la pratique des pays catholiques, tiendrez-vous une lampe allumée jour et nuit devant l’image de votre bonne Mère du ciel.

6° Près de l'autel ayez de l'eau bénite, pour chasser de la maison les mauvais esprits. Mettez-y aussi

7° Votre Règlement de vie, afin que vous puissiez toujours avoir sous les yeux la règle d’une vie chrétienne.

Outre la lampe allumée, entretenez devant l'autel un encens qui brûle. La lampe c’est votre cœur brûlant d'amour pour Dieu. L'encens c’est votre prière qui monte comme l'encens devant le trône du Très-Haut. Lorsque vous êtes seul dans cette petite chapelle, il y a toujours avec vous cinq personnes que vous ne voyez pas : il y à Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint- Esprit ; il y a votre ange gardien qui veille sur vous, et aussi le démon qui est là pour vous tenter.

Ce que vous devez faire dans votre chapelle. — 1° Vous y entrez et en fermez la porte; puis en secret, vous priez Dieu qui est votre Père, C'est là que vous dites vos prières du matin et

(1) Ps, 1v, 6,

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du soir; là que vous faites votre méditation et lisez de bons livres ; là que vous vous frappez la poitrine, que vous baisez la lerre, que vous regardez la croix et que vous pensez aux souffrances de Jésus-Christ,

2" Vons vous placez auprès de vætre bonne mère Marie, et vous réeitr4 le chapelet.

9° Là aussi vous vous préparez à la confession et à la communion.

4° Dans la tentation, vons vous réfugie dans votre petite chapelle, et vous vous éeñiez : « Jésus et Marie, à mon secours ! »

5° Si vous avez un travail difficile, vous allez à votre petite chapelle, et vous demandez à Dieu comment il faut le faire.

6° Etes-vous triste et afiligé ? allez à votre chapelle, et dites à Dieu que vous êtes dans la peine, Alors un rayon de lumière descendra du ciel et vous en rapportera le bonheur,

7° Chaque jour, lorsque vous ne pouvez aller à l'église où se trouve le Saint-Sacrement, allez dans votre chapelle, et, vous mettant à genoux, la face tournée vers l'église, dites un Ave Maria en l'honneur du Très-Saint Sacrement, et un autre Ave Maria en l'honneur de la très-sainte Vierge.

8° Chaque jour encore, offrez un sacrifice sur votre petit autel. Quel sacrifice? les pensées, les paroles, les actions et les souffrances de la journée. Offrez-les à Notre-Seigneur en disant « Mon Jésus, tout pour vous ! »

9 Là encore faites une retraite chaque année,

Voilà ce qu'est votre chambre : un ciel sur la terre, un paradis dans le monde, où vous vivez avec Dieu et les anges ; et telle doit être la chambre de tout chrétien. Si vous n’avez pas déjà une chapelle ou un autel dans votre maison, faites-en un ; de la sorte, votre maison deviendra la maison de Dieu. Le Seigneur eæcita l'esprit du peuple, et le porta à bâtir sa maison.1 Sainte Thérèse, étant encore enfant, se construisit une chapelle dans son jardin.

Peut-être direz-vous que vous êtes trop pauvre pour vous faire un autel. Ecoutez :

Il y avait à York un petit enfant très-pauvre, si pauvre qu’il n'avait rien pour faire un autel. Que fit-il? Il n'avait que la terre à sa disposition : la terre lui servit de table d’autel ; une feuijie de papier qu’il coupa en forme de croix lui tint lieu de crurii: pour nappe il prit un mouchoir, et pour chandeliers deux bouteilles cassées. Son autel était donc bien pauvre ; mais Dieu s’en contenta, parce que le petit enfant avait fait de son mieux. Dieu sait et voit tout ce que vous faites dans votre chapelle,

de bons 1 aisez la ix soûf- L Les Li arie, et . CHAPITRE IV, union. v DIEU SAIT TOUT, e petite 'OUTS ! »

e petite Dieu étant présent partout voit tout et connait tout, Sa re, science s'étend à chaque grain desable qui se trouve sur la surface dites à de la terre; elle embrasse les sommets des montagnes et les pro- À lumière fondeurs des mers, Dieu connait chaque fleur des champs, chaque arbre des forêts, chaque animal qui rampe sur la terre ou qui > où se broute l'herbe des champs. 11 connait chacun des poissons qui 1t, vous nagent dans l'eau et chacun des oiseaux qui volent dans l'air,

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Dieu connaît tous les anges du ciel et chacun d'eux en particulier ; il connaît tous les hommes, toutes les femmes et tous les enfants qui habitent n'importe quelle,partie du monde, I] compte toutes

t autel. les étoiles du firmament, tous les cheveux de votre tête, tous les xs souf- mouvements de votre corps, toutes les pensées de votre esprit; il isant

voit le fond de votre cœur et tous les péchés de votre conscience, I n'y à pas de créature qu'il ne puisse voir et ne voie en effet. « Tout est à nu et à découvert devant ses yeuæ.l « Dieu connaît

tout : le passé, le présent et l'avenir. Il voit les chose

paradis

$ non pas et telle comme elles nous apparaissent, mais comme elles sont en ellesis déjà mêmes. « Oh! profondeur des trésors de la sagesse et de la : de la science de Dieu !? « igneur Toute sagesse vient de Dieu, qui est le souverain Seigneur Sainte de toutes choses. Voulez-vous avoir Ja sagesse et la science ? le dans

demandez-les à Dieu, et il vous les donnera. Il ne vous donnera pas la science des astres ou des plantes; il ne vous apprendre pas à faire fortune, à étre grand dans le monde: mais il vous donnera la sagesse du ciel, vous révélant votre propre cœur et

18 faire

e qu’il les péchés par lesquels vous l'avez offensé. Il vous apprendra que aterre vous avez été créé pour le craindre, pour garder ses commanfeuille dements et sauver votre âme. — Dieu peut vous donner ce qu'il ucifi lui plait,

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Ju s’en (1) Hcbr, 1v, 13, 2) Rom. xr, 38. (3) Eccli, 1, 1

elle,

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