‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 13 sur 143 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

Tordre des faits principaux, on rencontre ça et là, dans les incidents secondaires, dans les dëtails, dans la manière de présenter les évënements, des différences doù Ton peut conclure que le poème n a pas ëtë calque sur la chronique.

Bornons-nous à citer quelques-unes de ces différences en ce qui concerne Jeanne d'Arc. En parlant de son arrivée à Ghinon et de son entrée en campagne, le rédacteur du journal du siège a commis plusieurs anachroiiismes pour avoir trop précipité la marche des événements. Dans le mystère, bien qu'il ne contienne pas de dates, l'exactitude semble mieux observée. Les scènes que l'auteur intercale entre chaque épreuve que subit la Pucelle au début de sa carrière donnent à l'action une marche plus lente, plus conforme à la réalité, et respectent mieux la perspective historique. Dans les entrevues et les conversations entre le roi et l'héroïne, telles que les rapporte l'auteur du mystère, on trouve des traits qui appartiennent en propre à ce dernier. Il y a lieu de noter aussi tout ce qui est relatif à l'armement de Jeanne et à son étendard, dont la description diffère dans les divers chroniqueurs, sans qu'il soit impossible, toutefois, de concilier leurs témoignages ^

Les autres personnages qui figurent comme acteurs dans l'œuvre dramatique fournissent aussi d'utiles indications pour éclaircir la question qui nous occupe. Tous, en général, sont nommés dans le journal du siège; mais, à l'inverse, le poème ne met pas en scène tous ceux qui, d'après la chronique, ont concouru à la délivrance d'Oiiéans. Parmi ces omissions, d'ailleurs peu nombreuses, il en est une qu'il importe de signaler. Le journal du siège parle avec élfge d'Aymar de Poisieu, qui n'était encore que page en lAag, en disant qu'il s'illustra par la suite ^. Ce passage, rapproché d'autres circonstances, a fourni à M. Quicherat un puissant

' Voir BibUotkèque de téeok des Chartes, iv* série, t. V, p. 353. — * Quicherat, IV, p. 98.

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