‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 135 sur 143 · MESSIRE SIMON MOYER · texte numérisé non relu

MESSIRE SIMON MOYER

Bien je conseille c on s'avance

Et de par nous tu leur diras

Qu'i se hastent d'eux en venir. 19,735

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Messeigneurs, à vostre plaisir.

Je m'en vois dont parmy la Bausse,

Pour escouter et pour ouyr,

Ainçois que nuluy ne débauche.

Se je trouve vilain qui fauche «9.730

Et y ne me die le chemin,

Conviendra que mon bras lui hausse

Pour luy assener sur le groin.

Lors part et y a pose. — Puis dit :

Or ay ge tant fait par mes pas

Que je suis bien à point venu, 19.735

Quand je voy droit le contrebas Du peuple très grant et menu.

F' 488 1'. Si est, comme j'é apperceu.

De Tallebot droit son enseigne.

Qui porte un espagneau velu 19.7^0

Et ung petit gars qui le peigne.

Si m'en voys droit à eux parler

Et leur dénoncer mon message,

Gomme y se veille haster

De venir et tout son barnàge. ^9^1^^

Pose. — Lors vient et dit

Dieu saull de danger et dommaige Les seigneurs et la compaignie,

FACESTOT.

Allons à eux diligemment.

Puis nous declairont leur afaire, 19*775

Et sarons d'eux entièrement

Toute la vérité entière.

Quant à moy, tout bien j'espère

Puisque noz gens n'ont point de mal,

Et tenent bataille planiere 1917^0

Estant à pié et à cheval.

D*ESGALLES.

Je les voy venir là aval

Et sont une belle puissance,

Armez en especial,

Gamiz de harnois et de lance. 19*7^

Et prans en moy rejouyssance

De vois une si belle armée,

Pour combatre trestoute France,

Quant et serôit ci assemblée.

DUC DE SOMBRESET.

Je les voy ci de rendonnée, 19*790

A89 v'. Et s'apressent très fort de nous;

De pieça ne vy assemblée Mieulx en point, je le dy à tous.

Lieutenant, y fauldra que vous Les recepvoir honnestement, 19*795

Sans leur montrer aucun coroux, Mes liesse et esbatement.

Lors yci y a pose de trompeies d*un cousté et d'autre. -^ Puis dit

Puis rendemaîn, ou point du jour, Nous vindrent bailler ung assault Si orrible que nul séjour

Juques au soir, cruel et chault. 19,835

p 490 V*. Et n'y eut si grant ne si hault

Qui nous peust nullement avoir, Par ung moyen soubtil et cault Que nous y fîsmes, pour tout voir.

Et si vous y eussiez esté, 19,880

François estoient tous perduz Sans nulle difficulté, Que y se trouvèrent deceuz; Car bien .vi^, furent esleuz

D'eulx allez musser en cavernes, 19,835

Puis sus François vindrent si druz Assailliz d'espieux et jusarmes.

Toutesfois à leur grant puissance Nous ne peusmes résister.

Combien que très bonne deffance 19,8^0

Encontr'eulx fismes, ne doubtez.

De leurs gens occire et tuer * Furent à grant confusion, Qui les convenoit emporter

Sus clayes sans remission. 19,845

A la fin nous fusmes contraint Nous relraire au port et cbasteau.

Et après que tout fut estaint, Nous parlâmes par ung créneau A eux, et qui leur sembla beau, 19,850

Que traité de paix accordasmes, Par ung appoinctement nouveau

^ Pour <M;a9 et tués. Cet emploi de Tinfinitif aulieu da participe, qui revient fréquemment , nuit beaucoup à la clarté du sens.

Yen suis si très emeu et chault,

En désirant ma vie finée. 19,885

D^ESGALLES.

Lieutenant, de ce ne vous chault :

De Meung et Baugenci n'est riens;

Quant nous voudrons de plain assault

Nous les aurons incontinant.

Puisque perduz n'avons nos gens 19,890

Et qu'i sont sains, la merci Dieu,

Ainçois qu'i soit gueres de temps

Se vengeront en place et lieu.

FACESTOT.

On ne se doit point esbaïr

De Baugenci, qu'i l'ont lessé, 19,895

p /i99 1'. Et n'y ont en riens defTailli,

Mes ainçois ont bien procbassé,

Et à leur proffit ont pensé;

Et au déshonneur des François

On peut dire qu'i n'ont ousé 19,900

Assaillir contre les Anglois.

BETEFORT.

En ce fait n'y a que tout bien

De leur conseil et leur advis ;

Si ont fait comme gens de bien

De lesser là leurs anemis 19,905

Par promesse et par compromis.

Ce n'est pas por force de guerre;

Mes François si se sont soumis

Ad ce qu'il ont voulu requerre.

Pour tant que en se donne garde :

Y ne fault qu'un coup pour tout perdre

Ou pour estre victorieux.

Allons, et que Dieu bien nous garde « 9*9^0

En ordre tous, jeunes et vieux.

Lors icy y a pose de trompetes tant des Anglois que des François longuement. — Et partiront les Anglois par TordonnaDce de Tallebot. Puis dit

LA PUCELLE

En non Dieu, seigneurs, il est temps De prochacer nos anemiz.

On m'a dit qu'i sont sus les champs En grans pompes et en grans pris, 19^9^^

v Ags y". Et en oultre que de Paris

Tallebot et plusieurs seigneurs

Sont ensemble sus le pays,

En triomphe et en grans honneurs.

Si conseille que nous aillons 19^950

Courir sur eulx à quelque pris,

Et ainsi faire le devons,

Les suyvre tous, grans et petis.

En plain champ sont, ce m'est advis,

Ainsi comme on m'a rapporté; 1919^5

Avoir les fault à quelque pris

En ce beau plaisant jour d'esté.

ALANSON.

Bien suis de ce consentement

Que nous y aillons en présence.

De Meung ont fait deppartement, 19.960

Je le say de vray, sans doubtance.

Que aujourd'uy en ma présence

LE mSTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

M'a dit uDg homme de village Qn'i les a veuz en ordonnance Saillir de Meung et leur bagage.

VENDOSME

Plus n'en fault tenir de langage, Partiz sont de Meung voiremeut.

Et s'en vont à leur avantage Si ne sait on où proprement.

Mes disent qu*i sont largement.

Voire et en belle ordonnance.

Et s'en vont, mes ([uoy ne comment.

Je ne say en ma ccHiscience.

RIGHEMONT.

J en ay aucune congnoissance Dun de mes gens qui est venu.

Qui leur départ et contenance De leur fait a aujourd'uy veu, Et que ensemble il ont condu Eulx aller retraire en Yenville; Et ont lessé Meung deproveu.

Fors seoUement ceux de la ville.

r i^i .- BASTABT D'ORLEANS.

Je Té bien ainsi ouy dire ; Et TODt au devant Tallebot, Dn coote d*Escalles et deçire De leor lieutenant Facestot.

El «TOT que tous en ung tripot Se doivent trouver tous ensemble ; Qni leur fieroît payer Tescot Ce <eroit hîen &it, ce me semble.

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