MONSEIGNEUR D'ORLEANS
Messeigneurs, en bonne santé, Très humblement vous remercye De vostre grant bénignité.
Pli r'. Et de vostre grant courtoisie. /i6o
A Dieu, messeigneurs, je vous prie, Faictes tout du mieulx que pourrez, Las! et que France la jolye Vous ne la vueillez travailler!
Pose. — Ets^en va monseigneur d'Orléans; et arrive le messagier aux mariniers et dit
Gentilz maronniers. Dieu vous garti ^65
Estes vous tous preslz à partir?
LE MARONNIER PREMIER. ^
Dieu gard le galant, Dieu le gard !
Gentil maronnier....
LE ir MARONNIER.
Dieu vous gartI D'ont venez vous et de quelle part?
Ëschauffé estes à venir. A70
F* M V. Gentil marronnier, Dieu vous gart!
Estes vous tous prest à partir?
Anuyt ne cessay de courrir, Pour venir à vous sans arrest.
De par les princes, sans mentir, ^7^
Qui demandent se tout est prest.
C'est le lieutenant Sallebry, ^ Qui vous mande expressément • Que il vieult partir aujourd*uy,
Et tout son ost entièrement. &80
PREMIER HARONNŒR.
Amy, tu soyes le bien venant;
Nous sommes prestz y a trois jours/
Que nous sommes cy atendans,
Guidant que vens issent tousjours.
Va leur dire que sans attendre, àSb
Qu i s'en viengnent diligamment
Tout fin droit au port cy descendre,
Car le vent avons proprement.
IIESSAGIEB.
Messeigneufs, à Dieu vous command.
Je leur voys faire le messaige. ^90
P 19 r*. LE ir MARONNIER.
^ Tout est prest, dy leur hardiement, Et auront le vent d avantaige.
Pose. — Et dit
Puissant prince de hault lignaige.
Je viens de vers voz maronniers,
Qui ont de vous servir couraige, u^^
Et en sont orguiileux et fiers.
Si m'ont dit que trestout est prest
A partir, quant il vous plaira.
Et que le vent est, par exprès,
Bon pour aller où on vouldra. -x^o
Messeigneurs, vous voyez comment •
Il est temps que nous deppartons,
Pour aller en n^fir seurement,
Ainsi que rapporté nous ont.
Si vous prie, seigneurs barons.
Que chacun face diligence,
C'est que au port nous nous trouvons,
Je vous pry, tous en ordonnance.
GUSU)ES.
Monseigneur, n'en i|yez doubtance, Que moy et mes gens sommes preste; Je vueil partir sans differance.
Et monter en mer par exprès.
Je congnois que le vent nous est Très bon et aussi bien propice; Ne nous fault plus faire d'arrest, Chascun entende à son office.