MARESCHAL
Sire, nous sommes en la voye ^«95
Pour aller à eulx le plus droit.
Voylà Orléans, c'est chose vraye.
Et noz gens qui sont là endroit. ^«^
Voilà le pavillon extrait
Et i'estandart feux Sallebry, 43oo
Où sont les armes bien pourirait
De nostre noble roy Henry.
TALLEBOT.
Allons vers eulx, je vous emprie, F* 107 r°. Que fort je désire à les voir.
Je^voy là la grant compaignie i3o5
Des très nobles puissans Anglois,
Qui sont, ainsi comme je croys,
Bien parvenus à leur besoigne,
Que, ainsi comme je congnois,
Aux François il ont fait veigoigne. û3io
Puis arriveront devant fost des Anglois et devant les princes, lesqueiz les salueront ïom. #
TALLEBOT.
Princes de très haulte excellance, Rempliz de proesse et vaillance Qui soient soubz le firmament, Venu suys, par vostre ordonnance , Pour vous ayder de ma puissance û3i5
Icy à vostre mandement.
Dont, pour l'oust entretenement, Ay fait venir certainement Vivres et force artillerie,
Pour secourir aucunement, 432©
Que faulte ne soit nullement De riens qp vostre seigneurie.
Or, avez vous fort exploicté, * ^
F* 107 \\ Quant vous avez jà conquesté
Leur chasteau de leur bout du pont. A3a5
Au regard de Tautre cousté.
Il est assez de tous noté Que nulz vivres de là n'aront.
La Beausse du tout nous avons, Paris, Chartres que nous tenons, ^33o
Pour nous ayder et secourir.
Secours avoir il ne pourront.
Vivres de nulle part n yront ; % Vous les aurez sans coup ferir.
Or, sui-ge venu devers vous, ^335
Pour vouloir servir à vous tous
Du tout, de mon petit povoir,
Contre François qui, sans propoux,
Possident ce qui est à nous,
Ainsi que chascun peut savoir. 43<jo
Sy fault bien y faire devoir.
F* Io8^^
Que Orléans est besoin d'avoir, Pour parvenir à nostre emprise, Que c'est la clef, à dire voir, A tout perdre ou à tout avoir.
Et la fin de nostre entreprise.
LE CONTE DE SUFFORT
Très noble et excellent baron, Autant que nul qui soit sur terre.
Mandé devers nous vous avons, Gomme l'excellent d'Angleterre; Si vous avons envoyé querre, Pour vostre bon secours avoir.
Sur tous, nous vous voulons re^^uerre Que chef de la guerre soyez.
LE SIRE D'ESCALLES.
Sire Tallebot, bien est vray, Nous est venu grant adventure, Et à nostre oust ung grant effroy, Par ung meschant coup de malleure ; Mais prandre en gré la forfaiture, La dolleur, le mal et l'annuy.
Si est de la sépulture De Sallebry, qui est finy.
MESSIRE JEHAN DE LA POLLË
JSallebry est mort voirement.
Par ung meschant cas de fortune .
Qui conduit avoit vaillamment Nostre oust de tout mal et rancune.
Grans et petiz, et la commune.
De luy chascun estoit contant;
UUh
ri36o
Mes en mille heures ne fault que une, P 108 V. Qui n'adviendra pas en mille ans. 4370
LANGELOT D£ LISLE.
De sa mort ne fault plus parler,
Seullement prier pour son ame.
Nous l'avons commis envoyer
En Angleterre, à sa femme.
Son corps, qui loyaulment, sans blasnie, 6375
A servy nostre roy Henry.
C'est bien raison qu'on le reclame,
Qu'i l'a bien et loyaulment servy.
F0UQDAMBER6E.
Dieu vueille avoir l'ame de luy,
Et de tout noz autres amis ! 638o
Pour le présent, de Sallebry
Parler n'en fault, princes gentilz,
Puisque la mort si l'a desmis.
Nous mesmes, nous fault tous morir.
Que noz doleurs et noz gémir ' û385
Ne le feroient pas revenir.
GLASmAS.
Vous dictes très bien, sans faillir; De luy ne fault avoir mémoire, Pour le* présent, ne souvenir F* 109 r*. Ne nous doit en nulle manière, 4390
Si non pour iuy faire prière, Sans faire le^eol de sa mort.
On n'en peut avtre chose faire ; Riens ne nous vault ie desconfort.
LE BAILLY D'ESVRKDX.
Tallebot, bien soyez venu, 4395
Baron, prince de grant valeur.
De nous tous vous estes esleu,
Pour estre sur nous gouverneur,
En vous priant tous, de bon cueur,
Que vueiUiez conduire 1 armée, /iftoo
Qui est en victoire et honneur,
£t, Dieu mercy, bien commancée.
TALLEBOT.
Messeigneurs, je vous remercye De i'onneur que vous me vouloir; Mais la charge naccepteray mie, uftob
Que j'aye sur vous nul povoir, Mais je vueil faire mon devoir, En ce qui me sera possible.
Contre François, à mon povoir; Leur vueil estre tousjours nuysible. 44 10
Vous avez eu, par ci devant, Le vaillant conte Sallebry, p 109 V-. Qui estoit grant entreprenant,
Corageux, prudent et hardy;
Lequel si vous a, jusques cy, a/ii5
Conduit vaillamment vostre armée.
Si suis bien desplaisant de luy.
Que sa vie est si toust finée ; Mais j'espoire certainement
Que la mort de luy vengeray Aûac
^ Contre François, cruellemenn Que jà nul n'en espargneray, Du tout à l'espée je mecteray.
Pour avoir de luy la vengeance, Tellement qu'il en sera parlé •
Dedans cent ans, comme je pense.
LE SIRE DE GRES
Nous avons parfaicte fiance Et en vostre grant hardyment; Si sommes tous sans différence Vous obbeyr totallement; Que nous voulons entièrement Vous bailler du tout la poursuite , Par lé vostre gouvernement, Et pour en faire la conduicte.
TALLEROT.
Mes chiers seigneurs, je vous emprye . Que la charge ne me baillez; F* iior*. Car à moy il n'appartient mie.
Et de ce vous vous travaillez.
Plusieurs sont, pour vous conseillier, Plus suffisant et plus apris.
Pour vous conduire et gouverner, Ef plus duisant que je ne suis.
LE CONTE DE SUPPORT
Ainsi le faire le voulons; Aultre que vous n'aura la charge, Gonclud est de tous les barons, A vous appartient cest ouvrage.
Vous y estes prudent et saige, Pour nostre oust très bien gouverner, Et tous volons, de bon coraige, Acomplir ce que ordonnerez.
Hs5
hhZo
hliho
Ufihb
iihbo
miMÊm,
, TALLEBOT.
Messeigneurs, dont, puisqu'ainsi est, Et que ce soit vostre plaisir, Lacompliray, puisqu'il vous plaist, A mon povoir, sans deffaillir;
Non pourtant, j'auroye désir ^iôs
IJng autre en eust la gouvernance.
Si m'en doint Dieu à joye venir, Acomplir vueil vostre ordonnance.
F^ 110 V. Si me semble qu'i seroit bon
De charger nostre artillerie, 6/i6o
Puis les assaillir de rendon,
Monstrant avoir chiere hardie ;
Que y savent, ne doubtez mie.
Comment Sallebry a pris fin,
Par quoy pensent que couardie • 4465
Y soit en nous, et soir et main.
Sy fault faire mieulx que devant,
Les assaillir de toutes parts.
Et sans repoux, ne tant ne quant,
Monstrant corageux et expers. . 4470
Hardiz soyez comme liepars.
Sans atendre ne pas ne heure ;
Puis devant vous, comme renars,
Les verrez fouyr sans demeurre.
LE SIRE DE MOLINS
Monseigneur, à vostre plaisir, ^^i^
Livré leur sera ung assault, Vous voulant de cueur obbeyr, A vous servir de tant qu'i £ault.
LE MISTERE bU SIEGE D'ORLEANS.
TALLEBOT.
Faictes tantost et sans deffault Que soit chargé l'artillerie, Pour batre leur ville et créneaux , Et demain faire une saillie.
LE SIRE DE PONS
Sire, ne vou§ en doubtez mie, Que tout sera prest au matin, Et bien en point, quel que nul die, A mectre Orléans en vostre main ; Et tous Yoz gens, soyez certain.
Tous prestz pour vous bien obeyr.
TALLEBOT.
Mon vouloir est à ceste fin De mectre Orléans à mon
ir.
hhf^it
Puis y a pause. — Et les Anglois s'armeront en grani point; puis dit LE SIRE DE SAINTE SUAIRE, mareschal de France.
Or çà , monseigneur de Brueil , Et vous, monseigneur seneschal.
Présentement partir je vueil.
Je le^ vous dy en gênerai; Que mon voloir especial Est de servir de ma puissance Le Roy, et luy estre loyal , Ainsi que j ay espérance.
F* 1 1 1 y\ LE SIRE DE BUEIL.
C'est bien mon voloir et plaisance
176 LE MISTETRE DU SIECft; D'ORLEANS. ♦
De servir le Roy loyaulment, asoo
De corps» d'armes et de chevance,
A moj povoir, entièrement.
Vpus voyez cy présentement
Moy et mes gens, qui sommes prestz
A faire son commandement, &So5
Où y luy piaisa, loing et près.
JAQUES DE CHAMBANNES.
Allons à luy assemblement, Nous en serons mieulx, ce me semble, Et aussi plus honnestement
A mener noz gens tous ensemble. 'laio
Puis qu'ainsi est que on s'assemble, • Présentement, devers le Roy,
Ainçois que on se dessanible, Allons ensemble en bel arroy.
Lors partiront. Puis dit # LE SIRË DE GHAUMONT.
Monseigneur, quant il vous plaise, &5i5
Partons vous et moy, je vous prie; p 119 r Que on nous atend de pieça
Devers le Roy, je vous aflSe.
Allons ensemble en compaignie.
Pour le roy Charles saluer, ioao
Que tout prest suis, ne doubtez mie, Moy et mes gens, pour y aller.
THEAULDE DE VALLEPRAI6NK.
Je VOUS en voloye prier,
Que je ne demande autre chose.
Vous voyez mes gens appoinctez , A5a5
Et bien en point, i)ien dire l'ose.
Allons, sans plus y faire pose,
A son mandement, cest raison;
Que mon plaisir se dispose
Le servir en toute saison. 453©
Puis partent. — Et dit
LA mRE.
Partir je vueil, sans plus atendre, Au Roy, qui m'a présent mandé, Que à son plaisir vueil entendre, Quant par luy je suis demandé.
A tous mes gens je commande ^535
Que ung chascun à moy se rende.
F" lia V'. Pourtant, se j'ay img peu tardé,
Luy merray une belle bende.